‹ Contribution à l'étude de l'intradermo-réaction à l'histamine: Résultats obtenus dans certaines affections artériellesChapitre 8 sur 52 · DEB · texte numérisé non relu

DEB

eine

des tiges et bien des racines où l’histidine est décelable ne contiennent jamais d’histamine. :

Les propriétés physiques et chimiques de l’histamine sont connues depuis les travaux d’ACKERMANN et ELDBACHER, et de PyMan qui en fit la synthèse. Étiquetée 6-Imidazol-éthylamine, sa formule brute est C5 H° N5. Base aisément dialysable, on obtient sa ‘cristallisation à partir de sa solution chloroformique, en cristaux incolores, solubles dans l’eau, lalcool étylique, le chloroforme et l’acétone ; insolubles dans l’éther, fondant à 839, bouillant à 2100 l’histamine n’est stable qu’en milieu acide. Sa rapide destruction en milieu alcalin explique les résultats discordants qui signaient au début les premiers essais de dosage dans le sang.

En tant que base, elle donne, avec les acides, des sels, dont les plus utilisés sont le bichlorhydrate soluble dans l’eau, le dipicrate (Best, Dupzey), le phosphotungstate soluble dans l’acétone et dans l’alcool, peu soluble dans l’eau, le phosphate et le diphosphate. ‘is

Parmi les dérivés découverts, la méthylhistamine 5 d'Ewins et le glycylhistamine ont des propriétés physico-chimiques principales semblables à l’histamine.

L'histamine en physiologie.

Nous n'insisterons pas davantage sur cette chimie pure de l’histamine. Il convient dé s'arrêter plus longuement sur son rôle en physiologie puisque, ainsi

PÉntrR

que nous l’avons noté, ce corps est décelable à l’état normal dans les organismes végétaux et animaux. En effet, la plupart des tissus végétaux et tous les tissus animaux contiennent de l’histidine dont la décarboxylation possible sous des influences variables, donne naissance à l’histamine. Chez les animaux supérieurs et chez l’homme, l’histamine se trouve .dans le sang et dans la plupart des organes, le poumon et le foie en particulier, à des taux essentiellement variables suivant les espèces considérées, mais fort peu élevés. C’est ainsi que dans le sang du lapin, il serait de 9,6 milligr. par litre, dans celui du chat de 10 à 13 milligr. (AnREP et TALAAT), l’histaminémie humaine n’atteint que des taux relativement inférieurs : 39 à 40 y par litre pour FIESSINGER et GayDos, 50 + pour Cope et Ivy. Pocoure l’établit entre 35 et 60 y, les chiffres les plus bas s’observant surtout chez les sujets jeunes, les plus élevés chez des sujets ayant atteint ou dépassé 50 ans.

Quant aux méthodes de dosage, elles sont nombreuses : les unes basées sur des procédés chimiques qui mettent en jeu les réactions diazoïques, les autres sur des méthodes électro-chimiques, les troisièmes enfin sur des procédés biologiques. Les premières, complexes, exigent toutes sortes de conditions, de temps, de pH, de concentration des réactifs, et leur lecture finale reposant sur une estimation colorimétrique n'offre pas la sensibilité et la précision nécessaires. La seconde est peu utilisée, et d’ailleurs. très critiquée quant à sa technique même. Les méthodes biologiques sont, certes, les plus employées

Han avec

du fait même de leur sensibilité extrême. Il faut signaler, parmi celles-ci, la méthode de Barsoum et Gappum basée sur le pouvoir de contraction de l’histamine, sur l’iléon de cobaye.

L'histamine dans pr

Le taux de dre est à peu près fixe dans le sang ; ainsi done, ce produit est présent d’une manière constante dans l’organisme ; produit de déchet pour les uns, hormone pour les autres, son origine est encore imprécisée ; tous les organes seraient capables d’en fabriquer. ANREP et BARSOUM, puis GADDUM l'ont mise en évidence dans le sang venant d’irriguer un muscle en travail ; ANREP, MARCOU et PARHON dans le sang du sinus coronaire (il est admis aujourd’hui que cette production d’histamine est le fait du travail fourni par le myocarde) : LOEPER a démontré l’histaminogénèse digestive ; glandes exocrines et endocrines semblent susceptibles de fournir de l’histamine ; de même dans certaines conditions, la peau serait le siège de cette production, soit à l’état normal, soit à l’état pathologique [plaies traumatiques, brûlures après irradiation (ELLINGER et GaDpum), contusions] ; lors des grandes manifestations anaphylactiques, il, y a libération d’histamine dans l'organisme et l’histaminémie est, augmentée : ceci est également le cas dans l’œdème aigu du poumon, dans l'asthme, etc... Le mécanisme de cette histaminogénêse ne parait pas, être. unique, comme, on Je croyait autrefois. LOEPER a particulièrement insisté

CRE) DM

sur l'origine exogène de l’histamine décelée dans le sang de la veine porte : formée aux dépens de l’histidine alimentaire contenue dans certains aliments, que la décarboxylation ait été opérée soit par la muqueuse intestinale, soit par des gérmes intestinaux, cette histamine n’est alors qu’un apport extérieur, mais dans les autres cas où l’origine endogène n’est pas discutable, est-ce toujours la décarboxylation de l’histidine qui préside à cette formation ? Actuellement, certains auteurs, s'appuyant sur des faits ne sont enclins à reconnaître à l’histamine des origines différentes à la base desquelles se trou vent les protéines et les acides aminés. = Nous avons vu que l’histamine est véhiculée dans l'organisme, qu’elle y est produite d’une façon constante, et cependant son taux dans le sang est relativement fixe. Où et comment est-elle détruite ? ACKERMANN a découvert dans le sang une histaminase qui présiderait à la destruction de l’histamine dans le sang même. Cette substance, encore imparfaitement connue chimiquement, se retrouve dans le parenchyme pulmonaire (Biner), le parenchyme rénal (BiGuriA et CANZANELLI), dans le placenta. Ainsi donc l’histaminolyse se produit à différents niveaux ; son rôle est considérable car, comme nous allons le voir, l’histamine est une substance toxique dont l’accumulation au delà du taux normal déclenche des accidents du type anaphylactique. L’histaminolyse n'est pas seule à agir dans cette régulation, d’autres facteurs interviennent qui ne semblent avoir qu'un rôle inhibiteur : l’histamine

PR

demeure, mais inactivée. Parmi ces facteurs, on a isolé les ions H'et OH, des ions minéraux (calciurn, magnésium), les substances antagonistes de l’histamine : l’adrénaline qui corrige l’action hypotensive de l’histamine et ses propriétés vaso-dilatatrices sur les capillaires (l’adrénaline est d’ailleurs l’antidote spécifique à employer dans le choc histaminique), l’acide ascorbique ou vitamine C qui, plutôt qu’inhibiteur, arrête l’histaminogénèse, l’arginine qui exercerait un pouvoir inactivant (INCKER, BAUER et EpEL- BACHER), etc...

L’excrétion de l’histamine n’est pas le mode courant dont se sert l’organisme pour éliminer cette substance toxique. À l’état normal, elle est infime ; exceptionnellement, on a retrouvé l’histamine dans les urines ; elle passe en quantité minime dans le suc pancréatique ; à l’état pathologique, elle est présente dans les crachats des asthmatiques, dans les bulles zostériennes.

Histaminogénèse, histaminolyse, ces phénomènes de production et de destruction qui règlent le métabolisme d’une substance dont il ne nous appartient pas de déterminer l'utilité, permettent d’en soupçonner la nocivité puisque l’organisme ne peut, sans inconvénient, en supporter un excès et que des procédés expérimentaux en ont déterminé les propriétés biologiques et toxiques à doses élevées. Chute de la pression artérielle, accélération du cœur, sensation de chaleur et rougeur surtout marquée à la face, céphalées, tendance aux vertiges, salivation, injection oculaire, larmoiement, sont les symptômes

Page 1