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L'INTUBATION DANS LA CLIENTÈLE

Nous terminerons ce modeste travail en exa-.

minant rapidement ce qu'est l'intubation dans la clientèle et ce qu'on doit en attendre.

A l'hôpital la chose est jugée, l’intubation triomphe et la trachéotomie reléguée dans un coin ne fonctionne plus que par hasard.

Mais à l'hôpital tout est réuni pour faire réussir la nouvelle méthode, personnel habitué et intelligent, internes dévoués qui sont tous des intubateurs habiles. Un accident est à peine arrivé que remède y est apporté aussitôt.

Tout autre est l’état de l’intubé dans la clientèle. Loin de tout secours médical, livré seul avec son tube à tous les accidents et complications, l'enfant semble en effet bien exposé, et parler

DE Re d'intubation dans de telles circonstances, passe pour une hardiesse bien grande sinon coupable.

Aussi quand M. Lebreton, à la Société médicale des hôpitaux, 1 février 1895, parlant de l’intubation vint dire : «€ qu’elle doit rester un procédé d'hôpital et ne peut être utilisée en ville qu'avec la présence permanente d’un médecin habitué à l'opération, c'est-à-dire dans des circonstances qui se rencontrent assez rarement », nul ne songea à protester.

C'était admis et la chose semblait si simple que toute discussion eût élé hors de propos.

« Fort heureusement, dit M. Bonain de Brest (1\ € lintubation du larynx n’est pas née d'hier el « son expérience dans la pratique privée a déjà « résolu cette question de l'intubation dans la « clientèle ; réfutant, de plus à l'avance cette autre « assertion, bien faite pour étonner :

« Sans l’aclion du sérum, le tubage pourrait « donner lieu à de graves mécomptes. Tubage « el sérumlhérapie nous paraissent impossibles € séparer. » |

« O’Dwyer, n’a jamais été, que nous sachions, « médecin des hôpitaux de New-York, et c’est « dans la pratique privée que ses collaborateurs « et ses élèves, Dillon-Brown, Northrup, Waxham,

(4) Loc. cit.

DSL TSI « F. Huber, Naughton et tant d’autres médecins « américains, ont employé l’intubation du larynx « avec un tel succès qu'en Europe nous avons € fini par nous émouvoir et expérimenter à notre « tour, cette nouvelle méthode de traitement. »

Et s’il faut en croire les statistiques, les résultats que donne l’intubation dans la clientèle ne sont pas à dédaigner.

Ainsi sur 443 intubalions faites chez des personnes privées, M. Naughlon avait seulement une proportion de 29,4 0/0 de guérisons ! À Xew-York, pendant que le professeur Jacobi sur 650 croups, trachéotomisés, obtenait 19 0/0 de guérisons, O’Dwyer et Dillon-Brown avaient dans 300, l’autre 573 cioups inlubés, 30 et 32,4 0/0 de guérisons. Et pourtant les conditions dans lesquelles s’exerçait l'intubation n'élaient guère favorables.

« Il ne faut pas oublier, écrit, Geo. M. Naughlon, « que pendant ces cinq dernières années, l'inlu- « bation a généralement été pratiquée à titre d’ex- « périence, et qu'on n’a pas loujours choisi, pour « appliquer la nouvelle méthode, les cas les plus « favorables. S'il y a eu quelques choix de fait, je « peux assurer que mes cas ont été choisis fort « mauvais el dans les milieux les plus défavo- « rables. J'ai opéré dans des caves et dans des « greniers, dans les conditions d'hygiène les plus « défectueuses qu'on puisse trouver dans celte « ville.

« Je n'ai eu qu'un petit nombre de cas réunis-

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