HAE) SD
M. Ferroud alla plus loin. Ayant remarqué que le mandrin, excellenten théorie, ne servaittrès souvent en pratique qu’à compliquer l’intubation, fondit en un seul introducteur et extracteur, supprimant ainsi les défauts de l’un et de l’autre. Il en fit une pince unique qui tourà tour servait à introduire et à extraire les tubes.
M. Ferroud, pour rendre plus facile l’introduction de ses tubes, les a fait tailler en biseau. Il a en outre remplacé l'ouvre-bouche par un doigtier métallique.
En faisant ces simplifications, l’auteur se proposait de diminuer le prix de revient des instruments, de les rendre plus accessibles aux petites bourses et de rendre l'opération plus facile et plus simple.
Ces modifications n'ont pas été bien vues par tout le monde; la suppression du mandrin a été surtout l’objet de critiques plus ou moins fondées.
On a aussi reproché au tube biseauté de M. Ferroud de produire trop facilement des éraillures et à sa pince rayée de détruire le poli de la lumière du tube et de favoriser les adhérences.
Les instruments dont on se sert à Paris ont élé construits par M. Collin etse composent d'autant de pièces que la boîte d'O’Dwyer.
Nous empruntons à M. Chaillou (1) la description de l’introducteur.
(1) Chaillou, Thèse de Paris, 1895.
CL'introducteur se.compose d'une poignée irré-
gulièrement ovalaire, à grosse extrémité postérieure ; l'extrémité antérieure est un peu effilée, et en haut présente une encoche destinée à recevoir le pouce de la main droite qui tient l'instrument ; à cette extrémité antérieure esl soudée une tige droite d'acier elliptique à la section et terminée par un pas de vis qui recevra le mandrin du tube ; le mandrin et cette tige forment un angle droit ouvert en bas. |
Introducteur armé du tube.
«Sur la tige est une autre branche mobile s’articulant avec elle à l’union de son tiers postérieur avec ses deux tiers antérieurs ; l'extrémité postérieure
de la branche mobile est aplalie et légèrement recourbée en: haut, elle recouvre l’ongle du pouce qui tient l'instrument, aussi un léger mouvement de ce doigt fera basculer en bas l'extrémité anlérieure dela branche mobile ; celte extrémité recourbée en demi-cerele entoure l'extrémité anté-” rieure de la tige fixe de l’introducteur et dans son mouvement de bascule, appuie sur la tête du tube
et le dégage du mandrin; le tube tombe ainsi directement dans le larynx. |
« Enfin, comme le pas de vis s’use assez rapidement, dans un dernier perfectionnement, on l’a supprimé, et le mandrin échancré à sa partie supérieure est maintenant fixé par un verrou, qui glisse sur la tige de l’introducteur ; de cette façon, les tubes se trouvent toujours parfaitement adaptés et fixés dans une bonne position. »
L’extracteur très simple a l'avantage sur celui d'O’'Dwyver d’avoir un bec dont les branches s’écartent presque parallèlement.
: Extracteur.
M, Chaillou se servait des tubes d'O’Dwyer, que M. Bayeux vient de modifier considérablement. . Ayant pensé que la partie sous-ventriculaire du tube était pour le moins inutile, il l’a fait supprimer, Ce qui a considérablement raccourci les tubes et fait diminuer leur poids qui, de 21 grammes, poids du numéro supérieur, est tombé à 13 grammes.
L'expérience a ratifié ce que la théorie avait fait
prévoir et les tubes, ainsi modifiés, ne s’en sont trouvés que mieux.
L’expulsion a d’abord été moins fréquente, l'alimentation plus facile et, avantage que M. Bayeux prône par dessus tout, avec les lubes courts, l'énucléalion digitale est possible. Et cette énucléation digitale que l’auteur a inventée, pourrait rendre de grands services en cas d’obstruclion.
Une seule remarque que nous voudrions faire à propos de ces lubes courts, c'est que le mandrin obturateur doit avoir une utilité bien problématique. En eïfet, nous nous imaginons difficilement qu'on puisse, vu le peu de longueur des tubes, faire que leur extrémité inférieure ait dépassé les cordes vocales inférieures avant que le déclenchement se soit produit.
C’est là non une critique‘des tubes courts, mais, nous le répétons, une simple hypothèse qui pourrait très bien être quelque peu fondée. Et nous verrions supprimer, sans grand inconvénient, le mandrin obturateur et se servir, pour intuber et désintuber, d’une pince en tout semblable à celle de M. Ferroud, mais à mors lisses.
Nous avons élé heureux de faire reproduire ces deux planches, dues à l’obligeance de M. le docteur H. Collin, que nous remercions vivement.
Nous regrettons, en même temps, de n'avoir pu nous procurer les clichés des tubes courts.