MANUEL OPÉRATOIRE
SI
Introduction du tube.
Quels que soient les instruments donton se serve, le manuel opératoire que nous allons maintenant décrire avec quelques détails reste toujours le même. Sa connaissance parfaite a une importance capitale pour qui veut faire de l’intubation, aussi nous efforcerons-nous de mettre, dans la description de ses différents temps, toute la clarté possible.
Préparatifs. — Tout d'abord une asepsie sérieuse sera faite non seulement des instruments mais aussi des mains de l'opérateur.
Les instruments seront stérilisés, non à la
4 Se flamme qui serait ici illusoire, mais à l’éfuve, ou mieux, à l'eau bouillante qu’on peut se procurer partout.
Le tube sera soigneusement choisi, selon l’âge elle degré de développement de l'enfant. Un fil de soie n° 2ou n°5, long de 40 à 50 centimètres, sera passé dans l’œillet et les deux chefs noués en anse. Le tout sera déposé sur une compresse également stérilisée et à la portée de lopérateur.
L'enfant est alors roulé dans une alèze, ou une couverture qui doit l’envelopper des épaules aux pieds. Cette alèze ou celte couverture fixée, avec des épingles, limite les mouvements de lenfant.
Une personne assise le reçoit ainsi emmailloté et le tenant appuyé contre sa poitrine lui immobilise les jambes en les serrant entre ses genoux. Une seconde personne, placée derrière celle-ci, maintient solidement la tête et veille à ce qu’elle reste bien droite.
Cela fait, l'opérateur place lui-même louvrebouche et le confie, si nécessité est, à un lroisième aide.
Si au lieu de trois aides n’on en aque deux, celui qui tient la tête maintient en même temps l’ouvrebouche. ;
Les ouvre-bouches actuels tiennent en place sans l’aide de personne.
Introduction du tube. — Enfin l'opérateur entre définitivement en jeu et le succès ne dépend
— 20 — \ plus, pour ainsi dire, que de son habileté et de son sang-froid.
La condition nécessaire pour faire vite et bien est de savoir où et comment il faut faire pénétrer le tube. Deux points de repère indiquent la voie : ce sont les cartilages arylénoïides en arrière et l’épiglotie en avant : entre les deux se trouve l'ouverture du larynx.
Vous rappelant ces points de repère allez-y sans crainte mais avec une extrême douceur, car toute éraillure faite à la muqueuse buccale ou pharyngienne est une nouvelle porte grande ouverte à l'infection.
Plongez votre index gauche au fond de la bouche profondément ; d’abord, vous ne trouvez rien, l'épiglotte s’est abaissée; laissez-la se relever ou relevez-la vous-même d’un léger mouvement de haut en bas: vous sentez alors deux petites saillies plus ou moins pointues, mobiles sous le doigt : ce sont les cartilages aryténoïdes qu'il ne faut plus lâcher. Placez votre index en avant, en les repoussant, l'épiglotle est en avant de votre doigt, qui occupe l’espace sus-glottique. Pas n’est besoin d’enfoncer le doigt profondément dans cet espace et d’élouffer l'enfant ; mais, du bout de votre index, tenez délicatement les aryténoïdes renversées en arrière, où du moins redressées, faites parcourir au tube le chemin que vient de suivre votre doigt, en passant au devant de celui-ci qui sert de guide, enfoncez, déclenchez : le lube est dans le larynx.