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Pour plus de sûreté, quelques auteurs conseillent d'introduire le tube dans la bouche, en suivant la face palmaire de l'index guide. C’est compliquer inutilement ce temps de l'opération et le rendre très difficile, surtout si l'enfant a la voûte palatine un peu basse ou vous le doigt un peu gros.
Vous faites pénétrer le tube dans la bouche parallèlement au bord droit de votre index; contournez la base de la langue, glissez à ce moment, par un léger mouvement de droite à gauche, l'extrémité du tube sous votre index qui tient l’épiglotte en avant et les aryténoïdes en arrière ; faites descendre l'extrémité de votre doigt, en relevant peu à peu le manche de votre introducteur qui, d’abord, était parallèle à l’axe du corps.
Le tube pénètre dans le larynx pour ainsi dire tout seul; ne forcez pas, mais veillez à ce que vous soyez bien sur la ligne médiane de la bouche et relevez le manche de votre introducteur jusqu’à toucher l’arcade dentaire supérieure.
Quand vous jugez que l'extrémité du tube a dépassé les cordes vocales inférieures (déclencher plus tôt, c’est perdre le bénéfice du mandrin obturateur), vous déclenchez et votre index, par une légère pression, fait pénétrer la tête du tube dans l’espace sus-glottique pendant que, délicatement, vous dégagez l’obturateur.
Ce dégagement très facile, grâce à l'articulation du mandrin, est souvent mal fait. Le débutant,
Lg émotionné tant soit peu, oublie que, pour extraire l’obturateur, il faut lui faire suivre, mais en sens inverse, le chemin que le tube vient de parcourir, c'est-à-dire un mouvement d’élévation sur place, puis l’extraction en abaiïissant le manche de l'introducteur et en restant bien sur la ligne médiane.
Si on omet de suivre ces principes, on fausse le mandrin obturateur, ce que nous avons observé quelquefois, et on s'expose, ce qui est plus grave, à le briser au niveau de son articulation et à laisser la partie inférieure dans le larynx.
L'intubation proprement dite est alors terminée, et cette opération qu’on s’imagine si ardue, et les auteurs sont bien pour quelque chose dans cette fausse opinion, s’est faite avec une rapidité que rien n'égale.
Il faut savoir pourtant qu’on rencontre parfois de légères difficultés.
L’ouvre-bouche n’est pas loujours facile à mettre en place chez certains enfants récalcitrants ; mais, avec un peu de patience, on triomphe toujours.
Chez les tout jeunes enfants, les points de repère sont un peu moins marqués, mais néanmoins sensibles. L’œdème des replisaryténo-épiglottiques peut aussi gêner l'introduelion du tube, mais le rend rarement impossible. Mentionnons aussi les amygdales hypertrophiées, les tumeurs adénoïdes du fond de la bouche, qui sont parfois des obstacles sérieux à l’intubalion.
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Enfin, il ne faut pas oublier que le pharynx n'est pas loin et qu’on peut y glisser ; cela nous est arrivé, comme à tous ceux qui ont fait de l'intubation, et la raison en est bien simple.
Au début, encore novice, on ne sait pas tenir assez longtemps ses points de repère. A peine le bout du tube a-l-1l touché la pulpe de lindex qu'on làche tout ; les aryténoïdes prennent aussitôt leur position naturelle, qui est inclinée de haut en bas et d'avant en arrière, et, quand on veut faire descendre le tube, celui-ci glisse sur leur face postérieure un peu convexe et tombe dans le pharynx.
Le mal n’est pas grand, car il suffit de recommencer; mais nous sommes persuadé qu’on éviterait cet inconvénient léger, mais réel, en maintenant les aryténoïdes redressées jusqu’à ce que l'extrémité du tube ait dépassé les replis aryténoépiglo tiques. À ce moment on peut lâcher tout, une seule ouverture se présente, le larynx et le tube s’y engage forcément. |
Retrait du fil de sûreté.
Et d’abord, faut-il retirer le fil ?
Non, répond dans sa communication du 7 décembre 1894, M. Moizard, à qui nous laissons volontiers la parole :
« Le maintien du fil, ainsi qu’on le pratique « dans les hôpitaux de Prague, de Zurich et à
« Buda-Pesth, dans le service de Bokai, qui est « certainement le médecin d'Europe ayant la plus « grande pratique de lintubation, nous semble « indispensable. C’est une sécurité précieuse. On « l’accuse de gêner la déglutition et d’agacer les « enfants : ces inconvénients ne nous ont pas « frappé. Quant à pouvoir être incriminé comme « favorisant l'infection des voies respiratoires et la « broncho-pneumonie, nous. y croyons d'autant « moins que le seul de nos enfants qui ne l'avait « pas conservé a eu une broncho-pneumonie. »
M. Lebreton, dans sa communication du 1* févriér 4895, et M. Sevestre, dans celle du 1% mars, se montrent d’un avis tout différent.
M. Lebreton a conservé le fil neuf fois, et, sur ces neuf fois, il a été six fois nuisible ou dangereux. De plus, il l’accuse de provoquer de la toux constante, de la difficulté de la déglutition et de la salivation. Aussi conclut-il à l’ablation.
M. Sevestre, qui au début conservait le fil, n'hésite pas à qualifier cette pratique de mauvaise. « Dès qu'on est sûr, dit-il, que le tube est bien dans le larynx, le fil doit étre retiré. »
Hâtons-nous de dire que MM. Jacques, Ferroud, Bonain et tous les médecins américains partagent cette manière de faire.
Pour nous, nous avons toujours retiré le fil et, chaque fois que nous l'avons laissé quelques instants en place, nous avons constaté qu'il causait une grande gêne à l'enfant.