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L'IODO-RÉACTION ET LES MÉDICAMENTS

Des substances médicamenteuses peuvent-elles donner l’iodo-réaction ?

Nôus avons fait à cet égard de nombreux essais qui sont venus corroborer ou compléter les essais de

Petzétakis.

© Quelque matière ou liquide organique que lon prenne, quelque culture, sérum ou vaccin que l’on ajoute à l’urme, la réaction n’apparaît point.

Une des causes d'erreur ou de fausse interprétation qui eut pu être invoquée était, à n’en pas douter, celle des substances médicamenteuses, éliminées par le malade avec ses urines. Or, les différents antithermiques, les alcaloïdes de toutes sortes et diverses préparations (à l’exception toutefois des médicaments d’une même famille chimique sur laquelle nous aurons à revenir) ne donnent lieu à aucun phénomène susceptible d’être pris pour une iodo-réaction positive.

Nous avons administré à des sujets normaux et pour les besoins d’une affection hyperthermique légère, l’antipyrine, la quinine, l’aspirine, la phénacétine.

Petzétakis avait fait des essais analogues en faisant

ingérer à ses sujets la lactophénine, la salipyrine, le salycilate de soude. Ces divers médicaments éliminés par les urines n’ont point donné l’iodo-réaction. In vitro additionnés à très forte dose à 30 centimètres cubes d’urine, ils n’ont. point donné de résultats perceptibles.

De nombreux ile et des glucosides, la morphine et ses dérivés, la caféine, la cocaïne, la spartéine, la strychnine, l’ergotinine, la digitaline se sont comportés d’identique façon. La caféine donne un louche léger qui disparaît au bout de peu d’instants ; la spartéine, un précipité blanchâtre assez abondant qui diminue sensiblement sans disparaître au bout de quelques minutes. La strychnine qui précipite par l'iode en solution aqueuse ne donne rien en milieu urinaire, Zn vitro le chlorhydrate d’émétine à la dose de 0,02 par 30 centimètres cubes d’urine, provoque au contact de l’iode un nuage léger qui ne tarde pas à disparaître.

Toutefois, les malades soumis à des injections d’émétine, comme nous avons pu l’observer dans un cas de dysenterie amibienne ou dans les intoxications bénignes par les gaz, présentent une urine qui donne au contact de l’iodo-réactif un gros nuage brun qui se résout finalement en un louche de couleur sépia, persistant pendant une grosse heure au moins. Ce phénomène ne peut, croyons-nous, tromper l’expérimen— tateur. Nous avons su le distinguer des réactions habituelles et nous l’avons, de ce fait, systémati- . quement reproduit. Toutefois, là encore, ilne s’agissait pas de sujets normaux.

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L’émétine n’a jamais pu être retrouvée en nature

dans les urines de ceux auxquels elle était administrée. Comme nos sujets étaient ou des infectés ou des intoxiqués, il n’est pas invraisemblable de supposer que leur rein ne retenait plus l’alcaloïde ordinairement transformé.

- Parmi les antithermiques, le pyramidon pris par un sujet normal à la dose de O gr. 50 par jour, donne une teinte légèrement rosée, ainsi que l’a constaté Petzétakis. Un cas plus particulier est celui de la cryogénine qui donne, avec l’iode, une réaction voisine de liodo-réaction. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir tout à l’heure sur cette anomalie.

Les sels arsénicaux administrés aux malades ne produisent dans leurs urines aucune réaction susceptble d’être confondue avec les épreuves dont il est question. Toutefois, Petzétakis à observé, après les injections de salvarsan ou de néosalvarsan et au début de lélimination de ces composés organiques de l’arsenic, une 1odo-réaction positive. Nous verrons tout à l’heure comment il use du rapprochement de cette anomalie et de celle de la cryogénine pour donner un essai d'interprétation du mécanisme de la réaction.

Les sels de mercure donnent in vitro avec l’iode de l’iodure mercurique d’un beau rouge. Toutefois, cette combinaison ne se produit pas dans les urines des gens ayant absorbé du mercure soit par voie interne, soit par voie dermique ou hypodermique. D'ailleurs, si dans des urines additionnées de O gr. 25 d’oxy-

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cyanure de mercure pour 30 centimètres cubes, Pon verse jusqu'à X gouttes de teinture d’iode, 1l ne se produit point de réaction. Ce n’est que si lon ajoute environ un volume d’eau oxygénée ou si l’on porte à 1 centimètre cube la quantité de réactif iodé, que l’on voit apparaître un précipité rougeâtre abondant. Ce fait ne peut être passible d’une fausse interprétation et ne saurait Infirmer l’iodo-réaction. -

Nous avons fait de nombreux essais avec les corps de la série aromatique ou leurs dérivés. La plupart, et en particulier le phénol, la benzine, la térébenthine, la terpine, le benzonaphtol, le salol, le camphre, le menthol, administrés à l’homme sain et recherchés dans les urines donnent une réaction très faiblement positive. Pour être légère, cette réaction n’en existe pas moins et avec une ‘troublante régularité. Par contre, rares sont ceux de ces corps qui produisent in vitro le même phénomène.

Les dérivés des carbures formimiques éthyléniques, acétyléniques, les différents alcools et les sucres ne donnent lieu à aucune réaction. Des gens ayant été frictionnés au formol, ou ayant respiré du chloroforme, des hommes ayant dormi dans des abris où des'bidons de carbure de calcium mal fermés: dégageaient ‘une intolérable odeur d’acétylène, ne présentaient :point d’iodo-réaction.

Nous rapprocherions volontiers de ce fait l’äbsence de toute épreuve positive dans les urines des soldats ayant inhalé le chloroformiate de méthyle chloré des obus toxiques allemands.

Et dès lors, nous retiendrons de ces multiples essais

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