ÉTRANGLEMENT HERNIAIRE
Alors qu’en dehors de la grossesse l’incarcération herniaire est la cause la plus fréquente d’ocelusion, elle est au contraire exceptionnelle pendant la gestation.
Les statistiques de Ludwig et de Von Mickulicz n’en réunissent que 8 cas; ce sont deux hernies épigastriques, une hernie ombilicale et 5 étranglements internes. Nous y ajoutons deux nouveaux cas. Dans le premier (Obs. XX VI) l’étranglement s’est fait à travers un orifice congénital circulaire à bords rigides de l’épiploon; dans le second, à travers une brèche post-opératoire du ligament large sous le ligament rond gauche
(Obs. XX VIT).
Nous n’avons trouvé nulle part de hernie inguinale
ni crurale.
Souvent, au contraire, on observe une régression de ces variétés de hernies à la faveur de l’élévation de l’utérus qui, refoulant l’intestin, les vide de leur contenu, et par son volume protège les orifices de la pression intra-abdominale.
VOLVULUS.
Il est classique d’admettre à l’origine d’un volvulus la préexistence de deux malformations : l’une, congé-
nitale, anse oméga longue à méso long; l’autre acquise, la méso-sigmoïde rétractile de Virechow.
Effectivement, la première est parfois signalée : mégacolon pelvien et sigmoïde dans les observations I et VII de MM. Hamant et Vermelin, et de Ioffé; persistance du type infantile de l’anse sigmoïde dans un
cas de Daveo et Coste et dolicholon (Obs. XI).
D'autre part, on retrouve souvent la constipation dans les antécédents de la malade. Habituelle, plus ou moins opiniâtre, exagérée par la grossesse, elle peut agir en dilatant l’anse terminale au point de simuler la maladie de Hirschprung.
&« Quant au deuxième facteur, considéré classiquement comme indispensable à la formation du volvulus, la méso-sigmoïdite, nous ne l’avons trouvée mentionnée dans aucun compte rendu opératoire, et comme c’est une lésion grossière, évidente, il faut bien admetire qu’elle n’existait pas (Maroger). »
Pour cet auteur, il y aurait un autre mécanisme capable de suppléer à la rétraction inflammatoire absente qui serait la tension du ligament infundibulocolique, favorisée par la dextrotorsion exagérée de l'utérus entraînant la coudure du côlon pelvien, premier temps du volvulus, surtout si son méso est court et s’il y a adhérence entre le côlon pelvien et le pédicule utéro-ovarien gauche.
Le volvulus éclate brusquement le plus souvent, sans prodromes et en dehors de toute cause apparente. Quel-