EXAMEN RADIOGRAPHIQUE
« L'examen radiographique, dit Moulonguet, n’a pas pris encore, dans le diagnostic de l’occlusion intestinale aiguë, la place qui lui revient. On peut espérer que, mise en œuvre dans tous les cas où l’occlusion intestinale est soupçonnée, elle permettra la reconnaissance très précoce de cette grave lésion et qu’elle donnera au chirurgien des renseignements précieux sur
la localisation de l’obstacle et quelquefois même sur sa nature. »
Il ne saurait être question de faire absorber les solutions opaques habituelles à des malades mises à une diète rigoureuse au cours des syndromes abdominaux aigus, en l’absence de diagnostic certain. D’autre part, l’absorption n’en serait guère possible en raison des vomissements. Enfin, on n’a pas le droit de perdre les quelques heures nécessaires au cheminement de la bouillie opaque jusqu’au niveau de l’obstacle.
On enregistre donc les images abdominales extemporanément et sans aucune préparation. Les renseignements fournis par la radioscopie manquent souvent de netteté et sont d’une interprétation délicate. On lui préfère la radiographie, qui doit être prise la malade étant debout si sont état le permet, sinon assise devant l'écran. Le cliché doit être très grand, de façon à ne laisser dans l’ombre aucune partie de l’abdomen.
Le diagnostic repose sur l’interprétation des clichés qui montrent des images gazeuses et des niveaux liquides dus à la présence des gaz et des liquides retenus en amont de l’occlusion. Cette interprétation nécessite la connaissance parfaite des images normales de la cavité abdominale. |
La grossesse s’ajoute ici comme facteur de difficulté par l’ombre du corps utérin et surtout par les déplacements infligés à l’intestin. C’est alors qu’on peut faire appel, avec les précautions d’usage au lavement opaque
RER ere
qui permettra de préciser la nature d’une anse distendue et le niveau exact du cadre colique où se trouve
l’obstacle.
« Le diagnostic tiré de la lecture d’une radiographie abdominale sans préparation comporte un premier stade : on peut, sur certaines radiographies, nier l’existence d’une occlusion intestinale. C’est là à mon avis un premier renseignement qui présente une valeur considérable. Il y a en effet de nombreuses crises douloureuses abdominales qui s’accompagnent d’un arrêt momentané des matières et des gaz et qui évoquent le diagnostic d’occlusion. Les coliques hépatique et néphrétique, les torsions d’annexes, de kyste de l’ovaire, certains épisodes douloureux de l’ulcère gastrique, la pancréatite aiguë, etc., suscitent bien souvent la crainte d’une occelusion intestinale : la radiographie sans préparation, recherche infiniment simple et absolument anodine, permettra en quelques instants d’écarter ce diagnostic. Combien sera-t-elle rassurante, spécialement chez les sujets, maintenant nombreux, qui portent une cicatrice sur la paroi abdominale, et chez lesquels il faut toujours, à la moindre alerte douloureuse, songer à l’étranglement par bride, à l’iléus par adhérences, complications tragiques et dont l’évolution avec un minimum de symptômes peut être véritablement foudroyante (Moulonguet). »
Certaines occlusions par volvulus, iléus biliaire, invagination, se traduiraient sur les clichés par des ima-