‹ Contribution à l'Étude de l'Occlusion Intestinale au cours de la Période Gravido-PuerpéraleChapitre 38 sur 42 · TRAITEMENT CHIRURGICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CHIRURGICAL

En l’absence de diagnostic étiologique précis, il ne faut recourir à Jl’anus contre nature qu'’in-extrémis,

quand on a laissé passer l’heure et que la situation est

par trop grave.

On a la chance d’un dénouement heureux quand l’iléus est la conséquence d’une obstruction ou d’une compression; mais en cas de strangulation, l’intervention n’empêche pas l’évolution fatale vers la gangrène.

Les dangers d’une laparotomie exploratrice au cours de la grossesse ne sont pas tellement grands pour qu’on hésite à en faire une inutile de temps à autre, au lieu d'intervenir trop tardivement et de perdre ainsi des malades qu’on aurait pu sauver.

Le premier temps de l’acte opératoire consiste en une laparotomie médiane sous-ombilicale, élargie au besoin, qui permet de dresser, intestin en main, le bilan pathogénique de l’iléus. La conduite opératoire reste identique à celle des occlusions chirurgicales pures. Il faut, dit Pinard, aller méthodiquement jusqu’au bout, quelles que soient les apparences.

S’il existe un obstacle, il doit être traité suivant les manœuvres qu’il comporte : détorsion des volvulus; section des brides; réduction de l’anse étranglée; ablation des tumeurs.

En général on réduit l’intervention à sa plus simple expression : détorsion simple d’un volvulus, en se réservant de procéder après la grossesse à la cure radicale. Si cette méthode n’exclut pas la possibilité des récidives (Obs. V, VI), elle présente par contre l’avantage d’être infiniment moins traumatisante.

Cependant, la réintégration de l'intestin distendu

PO O Er

semble avoir ajouté au choc opératoire et entraîné l’issue fatale dans l’obs. n° VIII de MM. Hamant et Vermelin. Ces auteurs se demandent s’il n’eût pas mieux valu suivre la conduite opératoire intestinale sans tenir compte de la gestation — extériorisation et secondairement colectomie — dont ils s'étaient écartés en raison de la proximité de laccouchement et de la possibilité d’un déclanchement prématuré du travail.

L’atteinte de la vitalité d’un segment intestinal eommande impérieusement la résection (Obs. XIX). La réintégration d’une anse suspecte dans le ventre est une chose des plus risquées. N'importe quelle opération est préférable à l’aléa du sphacèle intestinal.

La présence de l'utérus gravide ajoute à la technique opératoire des difficultés parfois très grandes;

Sans épouser entièrement la façon de penser par trop absolue de Noble, qui préconisait l’hystérectomie abdominale totale ou supravaginale comme premier temps de l'intervention, il faut cependant s’y résoudre de temps à autre ou procéder à l'évacuation de l'utérus dans certains cas.

La section césarienne au cours de la laparotomie présente certes des avantages pratiques, mais elle n’est pas à l’abri de tous reproches : « Quant à la cæsarienne, en connaissant l’extrême gravité en pareil cas, nous y avions renoncé d'emblée » (Hamant et Vermelin).

L’évacuation de l’utérus avant l'intervention ne semble pas donner non plus des résultats très favorables

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