DESCRIPTION DE LA TECHNIQUE OPÉRATOIRE
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Il nous reste maintenant à décrire l'opération telle qu'elle a été pratiquée, dans un cas, par M. le Professeur agrégé Costantini.
C’est essentiellement la technique de Baldwin mais avec une modification importante : la section du mésentère, qui, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, est dangereuse et inutile, est supprimée. La continuité intestinale est rétablie par une anastomose latéro-latérale en canon de fusil sans s'inquiéter du péristaltisme.
L'opération comporte trois temps principaux : le premier temps périnéal a pour but de créer l’espace dans lequel viendra se loger l’anse iléale abaissée.
Le deuxième temps abdominal comporte l'isolement du segment d’iléon, le rétablissement de la continuité intestinale et la mise en place de l’anse exclue dans l’espace inter-vésico-rectal. Enfin dans un troisième temps périnéal, l’anse est suturée à la vulve.
Certains auteurs (Mori, Juvara, Rosenthal, Obs. xxx), ont préféré commencer l'opération par le temps abdominal. Mais comme l'ont fait remarquer Quenu et A. Schwartz (Rev. de Chirurgie, 1913), il vaut mieux débuter par le décollement de l’espace inter vésico-rectal. C'est la pratique « la plus rationnelle et la plus sûre » car Île
clivage est plus facile à effectuer de haut en bas que de bas en haut. D'autre part, on peut contrôler la descente et la mise en place de l’anse exclue ; d’ailleurs la plupart des chirurgiens ont suivi cette méthode.
La malade est soumise quelques jours avant l'opération à un régime de désinfection intestinale. Elle est purgée l'avant-veille puis constipée à l’aide d'extrait thébaïque, par exemple. Il faut également raser la malade, désin-
fecter l'abdomen et la région vulvaire. Un pansement
aseptique protège ces régions jusqu'au moment de l'opé-
ration.
Premier temps périnéal
La malade est placée comme pour une périnéorraphie. On pratique une incision vulvaire transversale. Cette incision entame d'emblée toute la peau. Ses lèvres sont écartées par des pinces à griffes. On trouve alors facilement un plan de clivage entre l'urètre ct la vessie, d’une part, et le rectum, d'autre part. Le décollement de cet espace est généralement facile. Amorcé avec une paire de ciseaux mousses, il peut être continué avec le doigt et cela sans hémorragies notables. Le clivage est poussé le plus haut possible, jusqu'au péritoine. On bourre alors de compresses après avoir placé une pince-clamp courbe. IL faut introduire cette pince avant de commencer le deuxième temps de l'opération. Car, lorsque la malade est dans la position déclive, il est toujours « un peu déli-
cat de soulever, à ce moment, les champs opératoires
pour faire pénétrer dans le néo-vagin la pince courbe » (Quenu et À, Schwartz). Et on s'expose de plus à la souiller avant de la mettre en place. Le premier temps périnéal est alors terminé, Il est prudent à ce moment de
changer de gants et d'instruments.