‹ Contribution à l'étude de l'opération de BaldwinChapitre 24 sur 46 · OBSERVATION DE M. SÉNÉCHAL · texte numérisé non relu

OBSERVATION DE M. SÉNÉCHAL

Gazelte des Hôpilaux, n° 82. 1914, p. 1347

Le ro septembre 1913, entrait à la maison de Nanterre, dans le service de M. le Docteur Emiie Reymard, que je remplaçais pendant les vacances, Mlle L... Juliette, âgée de 1S ans. Cette jeune fille nous est adressée par notre excellent ami, le Docteur Perrin (de Bezons). La mère de cette jeune fille, inquiète de n'avoir jamais vu apparaître de règles chez son enfant, alors que les douleurs pelvi-abdominales ‘se manifestaient chaque mois depuis l’âge de douze ans, avait été le consulter à ce sujet.

Après examen, mon ami Perrin constate une absence congénitable du vagin et me l'adresse en vue d’une tentative de création artific'elle de cet organe, Je vois la jeune L... le 11, ét je constate que les organes génitaux externes sont parfaitement constitués. Le développement pileux du pénil est normal à cet âge. Ce qui me frappe cependant, c'est que l'orifice urétral est très reporté en arrière, 1 centimètre plus loin environ que son abouchement vaginal normal et paraît correspondre à l'endroit où se trouverait normalement l'orifice vaginal.

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Cette siluation avait induit en erreur un de res internes da service, très habitué cependant aux exaniens gynécologiques. Celui-ci avait cathetérisé l'urètre, croyant explorer une simple atrésie très serrée du vagin. En explorant plus avant, je constate qu'au conduit vaginal correspond seulement une dépression de 15 millimètres de longueur environ, complètement close, et qui ne peut admettre pour l'éxamen visuel qu’un « spéculum nasi ».

Le toucher rectal ne permet de percevoir aucune trace de matrice. Tout au plus sent-on sur les parois latéro-antérieures de petites masses qui paraissent correspondre aux annexes dont on soupçonne la présence du fait des douleurs périodiques accusées par la malade. Celle-ci raconte également que depuis l’âge de 12 ans ces douleurs abdominales se renouvellent exactement tous les mois et durant huit jours. D'abord sourdes, elles augmentent d'intensité puis cessent de même.

Depuis un an, ces douleurs sont de plus en plus vives et s'accompagnent d’étouffements, la nuit. ”

L... présente dans son habitus extérieur un aspect normal, plutôt vigoureux. Aucun signe de dégénérescence, sauf peutêtre un très léger degré de prognatisme de la mâchoire inférieure. Les facultés intellectuelles paraissent également normales. L'examen des différents viscères des autres appareils ne révèle rien de particulier, Mon embarras était grand sur la décision à prendre, quant à la méthode d'’autoplastie que fe suivrai pour répondre au désir de la jeune fille. Les lectures que j'avais faites sur de pareils sujets m'avaient laissé le souvenir de beaucoup d'’insuccès ou de résultats très difficiles à maintenir, lorsqu'il me fut rappelé par l'interne, M. Lecocq, l'excellente revue générale publiée par MM. Quenu cr Anselme Schwarts, dans la Revue de Chirurgie du ro juin

Je relus attentivement ce travail très documenté et je décidai d'intervenir selon la technique qu'ils préconisaient, Disons dès à présent que, au cours de cette opération qui ne me parut pas très difficile à exécuter pour un chirurgien exercé à la technique de la chirurgie gastro-intestinale, je n'ai rencontré aucune difficulté particulière. L'opération ne me parut pénible que par sa durée (1 h. 55). Le risque opé-

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raloire- subi par la patiente ne m'a pas paru considérable, pourvu que l'on observe scrupuleusement les règles de techtuque classiques dans les opérations sur le tractus intestinal.

Conme particularités, je signalerai simplement que la laparatomie médiane a été pratiquée selon la téchnique suspubienne, transversale, de Pfannenstiel, qui m'est particulièrement chère, et il m'a paru qu'elle était dans ce cas spécialement indiquée Ià où l'esthétique est inséparable du but utilitaire que l’on se propose. L'appendice volumineux, enflammé, à été reséqué. Je décrirai plus loin l'aspect des organes génitaux internes qui ont été également enlevés au cours de l'opération. Après avoir prévenu les parents de la jeune L... que l'opération comportait un certain risque, j'ai pratiqué celle-ci le 30 septembre, assisté de M. Lecocq, anesthésie à l’éther (Ombredanne), par M. Casalis, interne du service de M. Emile Reymard.

Opération. — Les mains gantées, on pratique, dans le sens transversal ét au fond de la dépression correspondant à l’orifice, une incision de 5 centimètres de longueur environ, On décolle facilement l’espace vésico-rectal sans déterminer aucune hémorragie et on arrive au contact du cul-de-sac péritonéal de Douglas. On place un grand clamp courbe dans le tunnel ainsi formé et on bourre de compresses.

La malade qui élait en position gynécologique, est mise à plat sur la table d'opération qui est inclinée en Trendelenburg peu accentué. Déganté, je pratique l’incision transversale sus-pubienne de Pfannenstiel. L'’abdomen ouvert, l’appendice se présente gros, enflammé. Il est réséqué. Le moignon est enfoui sous un point en bourse. On explore alors la cavité pelvienne et l’on constate la disposition suivante des organes génitaux internes. En arrière de la vessie s'étend une fosse iliaque, à l’autre un voile péritonéal double disposé en demi cercle bien distinct de la vessie, correspondant aux deux feuillets des ligaments larges et limitant très nettement > culs-de-sac. Le cul-de-sac antérieur correspond au cul-de-sac vésico-utérin, l’autre est le cul-de-sac de Douglas. Les 2 parties latérales du voile sont respectivement occupées par :

1° Un petit utérus du volume d’une amande décortiquée, accompagné de deux artères latérales.

2° Une trompe de volume normal, perméable.

3° Un ovaire scléro-kystique, plus gros qu'un ovaire nor- RSS mal. era J

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