‹ Contribution à l'étude de l'opération de Delorme-Juvara: Pour prolapsus rectauxChapitre 5 sur 19 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le prolapsus complet du rectum, tel qu'on l’observe chez l'adulle, est une affection incurable spontanément, c'est, de plus, une infirmité qui finit par rendre insupportable le ou les malades qui en souffrent; par ses complications, elle est aussi une menace permanente d'incidents qui peuvent devenir mortels. Aussi, médecins et chirurgiens ont depuis longtemps cherché à guérir cette lamentable infirmité, et le nombre des procédés créés en vue de lutter contre cette affection est considérable. Cruvelhier, les passant en revue, a pu dire qu'il paraît difficile d'imaginer une méthode qui n'ait été tentée.

Et pourtant, l'opération que Delorme et Juvara proposèrent à peu près à la même époque, est basée sur un principe très nouveau. Elle consiste à pratiquer d’abord l’excision simple et large de la muqueuse rectale, puis à faire, par des points de suture, un plissement transversal de la tunique musculaire de la portion prolabée. Aussi, on ne peut la rattacher ni aux méthodes qui maintiennent en place le rectum réduit (traitement conservateur), ni aux méthodes qui suppriment la partie prolabée (procédés d'exérèse).

Pi Les premières publications qui sy rapportent méritent d’être relatées en détail : elles nous offrent un exemple des polémiques si fréquentes entre savants sur la question de priorité en matière de découverte, et des moyens que l’on a de résoudre ces difficullés.

Elles sont intéressantes aussi parce quelles nous montrent comment « deux chirurgiens évoluant lom de l’autre, à l'insu l’un de l’autre, arrivent, en partant de la même idée, aux mêmes résultats, grâce à la grande rigueur logique qui préside à « « leurs tentatives ».

« Le 19 octobre 1898, M. Delorme opérait un prolapsus rectal : il comptait faire, par la voie périnéale, une ablahion sous-péritonéale de toute la partie du rectum, dans le but d'éviter loute chance de récidive. Mais, surpris de l'excessive laxité des liens qui unissaient la muqueuse à la musculeuse et de l'épaisseur anormale des fibres sphinctériennes de l'intestin, il voulut conserver cette étoffe musculaire si développée, et se décida à extirper seulement la muqueuse dont il fixa à la peau de l’anus la tranche supérieure.

Il fut enchanté de ces résultats et présenta ce premier malade le 8 février 1899 à la Société de chirurgie, puis à l'Académie de médecine. Peu de temps après, il eut l'occasion d'appliquer cette méthode nouvelle à deux autres malades. Le 9 mai 1900, il exposait à la Société de chirurgie la technique très détaillée de cette opération. Le 30 octobre 1900, il y ajoutait un temps supplémentaire : il conseillait de placer quatre points de suture de soutien musculo-musculaire, pour unir les fibres circulaires du rectum aux fibres les plus internes du sphincter, et il opéra trois malades suivant son procédé modifié.

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