CRUE
Les forces reviennent assez vite, et au bout de quatre semaines le malade peut quitter la maison de santé.
L'examen radiologique de l’abdomen pratiqué à ce moment montre la cause probable des accidents d’occlusion postopératoire. Le gros inteslin présente une coudure très accentuée au niveau du côlon transverse, dont la partie moyenne en forme de V est fixée vers la cavité pelvienne, sans doute par l’épiploon qui doit être adhérent, au fond ‘du bassin, au niveau de la suture rectale. L’angle gauche du côlon est de ce fait extrêmement fermé, si bien que Ja lumière intestinale se trouve très diminuée en deux endroits, au niveau de la pointe du V et au niveau de l’angle splénique.
Les accidents pelvi-péritonéaux du malade peuvent sans aucun. doute être rapportés au sphacèle du rectum qui, privé de la circulation sanguine de l’hémorroïdale supérieure, est devenu la proie des microbes intra-intestinaux et s’est mortifié. L’élmination des tissus sphacélés s’est heureusement produite par les voies naturelles.
Nous avons eu régulièrement des nouvelles de ce malade. Il reste guéri cinq ans après l'intervention et mène une vie active, pouvant même se livrer normalement aux plaisirs de la chasse. L’anus artificiel fonctionne parfaitement. |
Un examen récent a montré que l'abdomen est toujours souple dans son ensemble. L’anus périnéal a son aspect normal. Le malade raconte que, de temps en temps, tons les mois environ, il rejette du liquide séreux et malodorant. Le toucher montre, au-dessus du canal anal, l'existence d’une petite cavité à paroïs irrégulières, an- fractueuses, sans souplesse, mais sans induration, et qui saignerait assez facilement au contact. L'examen rectoscopique montre cette , cavité de couleur blanc rosée, à parois mi-lisses, mi-rugueuses, ayant l’aspect d’un tissu granulomateux coupé de quelques uleérations.
La brèche creusée dans l’épaisseur du périnée postérieur par le sphacèle reclal ne s’est pas complètement comblée encore; la petite cavité restante a des parois bourgeonnantes:; il ne s’agit pas de bourgeons néoplasiques, mais probablement de bourgeons charnus de faible vitalité.