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deux pinces de Goullioud, du rectum au thermo à 6 centimètres audessous de la tumeur. Toute l’anse recto-sigmoïde est relevée sur la partie supérieure de l’incision abdominale et fixée à son angle supérieur. Fermeture de la paroi, puis ligature et section au thermo de l’anse ainsi libérée el portant la tumeur.
Traitement du segment anal. — Avant la fermeture de la paroi, la pince de Goullioud est enlevée, un drain est passé dans la lumière du rectum restant et un Mikuliez est Die car toute péritonisation est impossible.
Suites opératoires. — Très simples : L’anus colique est ouvert au bout de trente-six heures. Pouls et température normaux. Sac de Mikuliez enlevé le treizième jour. Guérison complète et départ de l'hôpital le 2 janvier 1926.
‘Revu le 28 juillet 1927 : Excellent état; un peu de prolapsus de
l'anus artificiel.
OBsERvATION IT (Inédite).
(Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé CHARRIER.)
Cancer recto-sigmoïdien. Opération d'Hartmann-Mummery
en un temps. Guérison.
Femme grasse, de 48 ans. Se plaint de troubles entéritiques.
A l'examen : Ventre souple, normal; gargouillements fréquents depuis peu de temps. Toucher vaginal : permet de sentir très haut une induration très nette du côté du Douglas. Toucher rectal : négatif. :
Recloscopie : Très facilement uous arrivons, à 44 centimètres environ, sur une fumeur bourgeonnanle, rouge et saignante.
Biopsie : Le laboratoire répond : épithélioma typique du rectum Malade en excellent état par ailleurs.
Opération le 3 mars 1926. — Clinique Paul-Bert. Anesthésie générale à l’éther.:
Incision de Hartmann très longue. On voit une volumineuse tumeur (grosseur du poing) Siégeant au-dessous du Douglas, à -4 centimètres environ; l’épiploon est adhérent, le méso-sigmoïde paraît infiltré et le tout est peu mobile.
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Décollement du rectum après section du péritoine du Douglas à 4 centimètres au-dessous de la: tumeur: la libération est pénible en arrière ; cependant, ce bout inférieur peut être sectionné par écrasement et enfoui assez facilement avec une bonne périlonisalion.
Relèvement en masse de la tumeur et de J’anse recto-colique; sülure de la partie supérieure (à 15 centimètres environ au-dessus de Ja tumeur) de cette anse à l'angle supérieur de la plaie abdominale. Petit drain abdominal. Section par RGFARCIOnR de l’anse sigmoïdé à 12 centimètres au-dessus de la tumeur.
Suites opératoires. — Excellentes les premiers jours.
Congestion pulmonaire, au huitième jour, de gravité moyenne.
Guérison au bout de trente-deux jours. L’anus iliaque fonctionne parfaitement.
La malade à écrit le 7 octobre 1927 : Elle est très bien. A .engraissé de 8 kilos.
OBsERvATION III (Inédite).
(Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé CHARRIFR.)
Cancer recto-sigmoïdien. Opération en un temps
de Hartmann-Mummery. Guérison.
Homme de 58 ans, Blanquefort. Entéritique depuis longtemps, souffre du ventre et a des selles fréquemment sanglantes.
A l'examen du ventre, on sent nettement une masse mobile dans la région de l’anse sigmoide. Le toucher rectal est négatif. Une radiographie montre une superbe image lacunaire à la jonction rectosigmoïdienne.
Pas de rétention fécale. Etat général parfait.
Urée sanguine : 0 gr. 38.
Opération le 21 mars 1927. — Anesthésie à l’éther.
Incision de Hartmann arciforme dans la fosse iliaque gauche. On rencontre d’abord une grosse masse épiploïque (prise à l'examen elinique pour la tumeur) collée entièrement à une lumeur recto-sigmoïdienne qui a respecté le Douglas.
Libération du haut rectum et de l’anse sigmoïde par section du
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péritoine du méso-latéro-rectal et prérectal; évidement aussi complet que possible de la concavité sacrée.
Ecrasement du rectum avec le petit écraseur de de Martel à 7 centimètres au-dessous de la tumeur : ce bout rectal n’est pas fermé ni enfoui, mais, au contraire, sert pour le drainage, car nous avons l'impression que l’atmosphère péri-rectale est infectée. Gros ganglions, épaississement du tissu cellulo-graisseux, adhérences marquées.
Relèvement de l’anse recto-sigmoïde comme dans les deux observations précédentes. Mèches pelviennes et Mikuliez. Deux incisions
ischio-rectales pour drainage complémentaire.
Suites opératoires. — Température à 38°5 pendant six jours; pouls à 80. Mikuliez enlevé le onzième jour. Guérison très rapide. La pièce montre un gros chou-fleur épithélial inséré sur la paroi postérieure du rectum. Odeur très fétide, Nombreux ganglions. Tous n’ont pas le caractère de ganglions néoplasiques et sont probablement inflammatoires.
Malade bien portant actuellement.
OBsErRvaTION IV (Inédite).
(Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé LouBaT.)
Cancer sigmoïdien inférieur à forme sténosante. Opération en deux. temps. Résection segmentaire de l'intestin. Tamponnement du
bout rectal. Mort.
Femme très grasse, 58 ans. Occlusion intestinale progressive par cancer de la partie inférieure du côlon sigmoïde. La Lumeur n’est pas accessible au toucher réctal, mais la radioscopie permet de la déceler un peu en dessous de l’ampoule rectale.
Première opération le 10 novembre 1925. — En période d’occlusion à peu près complète. Rachianesthésie. Laparotomie médiane qui permet de reconnaître un cancer en virole de la partie inférieure de la sigmoïde, à 7 ou 8 centimètres du plancher pelvien. Intestin encore
- mobile. Fermeture de la paroi après création d’un anus iliaque gau-
che, avec éperon. Suites opératoires bonnes.
Deuxième opération, le 2 décembre 1928. — Le rectum et VS iliaque ont pu être désinfectés par des lavages de haut en bas. Laparotomie médiane. Résection de tout le côlon sigmoïdien avec ablation du méso, des ganglions et ligature de la mésentérique inférieure.
Le bout supérieur de l'intestin, sectionné au voisinage de l'anus artificiel, est fermé en bourse. Le bout inférieur ou rectal, coupé juste au-dessus du releveur, n’est pas suturé. Il est oblitéré par une mèche de gaze tamponnant les surfaces cruentées du bassin et sortant au dehors par l'anus. La péritonisation est effectuée par-dessus. Suture de la paroi.
Suites opératoires. — La malade meurt au bout de trente-six heures, avec des signes de septicémie suraiguë, par cellulite pelvienne probable, La communication du tissu cellulaire pelvien avec la muqueuse infectée du rectum doit en avoir été la cause
OnsEnva TION V.
(Gazette hebdomadaire des sciences médicales de Bordeaux, 18 janvier 1925, p. 34. (Observation V : CES USSR par M. le professeur agrégé LouBar).
Cancer de l’'S iliaque. Résection segmentaire avec anus définitif.
Guérison opératoire.
Homme de 49 ans, présentant un cancer de l’S iliaque, à évolulion rapide, ayant débuté sept mois auparavant et se manifestant par de la diarrhée et des hémorragies, sans symptômes d’obstruction. Amaigrissement accentué. La tumeur, à forme hypertrophique, était nettement perceptible à la palpation de la région sous-ombilicale. = Opération le 9 août 1923. — Laparotomie médiane. La tumeur, du volume du poing, est parfaitement mobile et se prête à l’exérèse: elle siège à la partie moyenne de PS iliaque. Mais l'examen du reste de l'abdomen montre qu'il existe :
‘4° De‘gros ganglions néoplasiques siégeant à la racine du mésosigmoïde et fixés à la paroi postérieure;
2° Des masses néoplasiques au niveau du péritoine du bonds
Dans un but surtout psychique, nous pratiquons la résection seg-
Robin 9
mentaire de l'intestin malade sans toucher aux ganglions, qui apparaissent inextirpables. L'artère mésentérique inférieure est respectée, Les deux extrémités de l'intestin, après résection, sont traitées suivant la technique de Hartmann. Le bout supérieur est fixé à la peau, en anus iliaque gauche définitif. Le bout inférieur, ou rectal, est fermé en cul-de-sac. Guérison opératoire.
La radiothérapie pénétrante est instituée au niveau des ganglions néoplasiques.
= Mort au boul de six mois avec d'énormes noyaux secondaires
du foie.
OBsERvATION VI.
(Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé LouBar.)
Cancer sigmoïdien inférieur. Opération de Hartmann. Sphacèle
du bout rectal. Guérison maintenue depuis cinq ans.
Homme de 61 ans. Présente depuis quatre ans des symptômes qui pérmeltent de penser à une tumeur sténosante de la. partie inférieure de l’S iliaque.. Les accidents d’occlusion, peu marqués au début, sont de plus en plus accentués, à tel point que le malade n’a pas eu de selle depuis huit jours au moment de lexamen. La tumeur n’est pas accessible par le toucher rectal, mais le doigt prévoit cependant la proximité d’une masse indurée. Amaigrissement accentué.
Première opération, le 2 octobre 1923. — Rachianesthésie. Laparotomie médiane exploratrice, qui montre le gros intestin distendu par les matières et l’existence d’une tumeur squirrheuse, de forme annulaire, siégeant à la partie terminale de l'S iliaque, à 7 ou 8 centimètres du plancher pelvien. Cette tumeur est assez mobile et paraît opérable. Dans ce premier temps, on se contente de faire un anus iliaque gauche avec éperon. Suites opératoires très simples. L'’intestin, exclu, peut être désinfecté facilement par des lavages introduits soit au niveau de l’anus artificiel, soit par l'anus normal. L'état général se relève très vite.
Deuxième opération, le 25 octobre 1923. — Anesthésie à l’éther, Laparotomie médiane. Le côlon sigmoïde est seetionné un peu au-dessous de l'anus artificiel, le‘ bout supérieur, étant ensuite fermé en
A. qe
bourse. Après ligalure de l'artère mésentérique inférieure à la hauteur de la section colique, l'intestin ‘et son méso sont isolés de haut en bas jusqu'au-dessous de la tumeur, qui n’adhère pas aux organes voisins. Le rectum est sectionné juste au-dessus du plancher pelvien,
à 5 ou 6 centimètres au-dessous de la limite inférieure de la tumeur. La résection intestinale pratiquée porte donc sur la totalité de L'S iliaque, son méso et ses ganglions.‘
Le bout inférieur de l'intestin restant, ou bout rectal, est alors suturé par un double plan dé sutures au fil de lin. Fermeture de la paroi. ,
Suites opératoires. — Assez simples pendant les deux premiers jours, puis l'état du malade s'aggrave. Les gaz, qui avaient commencé à être évacués par l'anus artificiel, ne sont plus expulsés que difficilement. Le ventre se ballonne. Le pouls augmente de fréquence; des nausées apparaissent. Le malade présente le tableau d’une occlusion presque complète, mais, comme l’état général se maintient assez bon, on n'intervient pas et on a enfin l’heureuse surprise de voir les phénomènes s’amender vers le cinquième jour. L’évacuation des gaz reprend, bien qu'incomplètement. Le pouls diminue-de fréquence, la température, qui s’élait élevée à 38°5, revient vers la normale.
Mais en même temps apparaissent des signes bizarres du côté de l’anus périnéal. Le malade souffre: il éprouve uné sensation de plénitude rectale d’abord; puis des élancements, des envies d’aller à la selle. s
Vers le qualrième jour, il évacue spontanément par cet anus du liquide noirâlre, épais, fétide mélangé à quelques gaz. Cette évacuation le soulage. Mais presque chaque jour, pendant une dizaine de jours, notre malade évacue soit spontanément, soit par une sonde rectale qu’on enfonce de quelques centimètres, une grande quantité
de liquide purulent, épais, noirâtre d’abord, puis grisâtre, d'odeur fétide, ayant l'aspect d’un liquide d'élimination gangréneuse.
A partir de ce moment, la guérison se poursuit rapidement. Le fonctionnement intestinal tend à devenir régülier. Mais tous les deux ou trois jours la sensation de plénitude rectale reparaît et le malade expulse plus ou moins facilement par l'anus périnéal une quantité appréciable dé liquide grisâtre, épais, mais de moins en moins fétide.