‹ Contribution à l'Etude de l'Organisation de la Lutte Antituberculeuse. Un Dispensaire Parisien de l'Office Public d'Hygiène Sociale en action. Statistiques de six années de fonctionnementChapitre 37 sur 98 · AVEC LE CORPS MÉDICAL · texte numérisé non relu

AVEC LE CORPS MÉDICAL

Le médecin praticien est le collaborateur naturel et devrait être le collaborateur officiel de l’œuvre de prophylaxie antituberculeuse.

Toute création d’un nouvel organisme social, qui touche à la médecine, fait immédiatement naître, dans l'esprit des praticiens, cette idée, à notre avis simpliste, que c’est une emprise sur leur clientèle possible, une limitation de leur activité et, par ces temps de vie chère, une restriction de leurs ressources.

En ce qui concerne l'O. P. H.S., il n’en est rien, grâce à ses sages règlements. Mais il faut que tous nos confrères aient bien compris le rôle, la tâche, le but de l’œuvre qui ne peut en rien contrarier leurs légitimes aspirations; au contraire, l’accomplissement de leur profession est dans bien des cas facilité par le dispensaire.

Il est nécessaire que le médecin de dispensaire vive en bonne intelligence avec les médecins praticiens de son secteur, et cela :

1° Dans l'intérêt de la santé publique, dans celui des malades, du dispensaire et des médecins. Il est bien évident que c’est le médecin traitant qui dépistera le premier, dans la plupart des cas, la maladie du foyer qu’est la tuberculose.

2° Dans l'intérêt du médecin praticien. Nous savons toutes les discussions soulevées à ce sujet, tous les efforts faits par nos Maîtres les plus autorisés, les plus persuasifs, les plus acquis à la cause des praticiens et nous en savons aussi les résultats négatifs.

Il ne semble donc pas, en raison de l’état d'esprit qui anime une assemblée, en raison de l’influence exercée par toute une série de considérations, plus nuisibles qu’utiles à la profession médicale, qu’il soit profitable de réunir tous les médecins du secteur d’un dispensaire.

C’est à chacun d’entre eux qu’il faut s'adresser, en lui démontrant, à propos d’un malade commun, que le devoir social et l'intérêt personnel peuvent parfaitement s’accorder. Pareille occasion s'offre chaque jour : il faut savoir en profiter.

Nous estimons désirable et utile une liaison entre les syndicats locaux de médecins, le médecin traitant et le dispenaire, car celui-ci, suivant la très juste expression de Sir Philip, doit

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devenir « l’agent de confiance » des praticiens, qui poursuivent,

sous leur responsabilité, le traitement de leurs malades.

3° Nous vivons à une époque où la spécialisation s'impose : :

vouloir que dans une usine tous les ouvriers soient, à volonté, 4e ;

interchangeables, est une conception qui peut séduire les esprits ‘simplistes, mais qui ne résiste pas à un examen raisonné et que contredit le simple . bon sens.

Savoir ce qu’en présence d’un cas donné, même facile à. classer pour tout médecin, on doit faire et décider, nous affirmons que c’est impossible à qui ne s’est pas consacré depuis des années à la pratique phtisiologique.

La variété des formes de la tuberculose, la multiplicité des indications de traitement hygiénique, la connaissance des milieux où ces indications peuvent être réalisées, nécessitent l'expérience d’une très longue pratique. Co

Nous n’entendons pas donner des indications générales absolues, s’appliquant uniformément et systématiquement à tous les milieux, nous nous plaçons dans les conditions que nous avons précisées d’un milieu parisien et de la circonscription du dispensaire Marcadet en particulier.

Sur ce point, nous allons établir la règle de conduite a dN0tee par ce dispensaire, en pleine connaissance du milieu et de toutes les autres conditions locales ou particulières.

Le développement des recherches scientifiques rend aujourd’hui très difficile à un médecin, si bien doué qu’il soit, de s’incorporer tous les procédés d’investigation, toutes les acquisilions dans le domaine médical, même pratique, de la science contemporaine.

La spécialisation est une faiblesse, une infirmité de notre pouvoir trop limité d'acquisition. C’est regrettable, à certains points de vue, mais c’est l’absolue vérité.

Ne voit-on pas arriver au dispensaire, à chaque one des malades avec un mot de leur médecin qui a épuisé toute la longue liste des médications réputées efficaces, demandant, en dernier recours, un placement en sanatorium, comme ultime moyen, lorsque toute autre médication a échoué.

Un certain nombre de malades sont adressés par leur médecin : c’est au début d’un dispensaire le cas le plus rare, mais cela devient rapidement une éventualité fréquente. Voici la conduite adoptée au dispensaire Marcadet : après avoir étudié consciencieusement le cas aux points de vue clinique, bactério-

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