RIDE
logique et radioscopique, le médecin-chef rédige une lettre à son confrère traitant, le mettant au courant de toutes les constatations faites, lui communiquant les conclusions qu’il en tire pour la marche à suivre et le laissant libre de conseiller le malade.
Inutile d’ajouter que le médecin-chef ne manque pas de déclarer qu’il serait heureux de recevoir son confrère, de le voir accompagner son malade à sa prochaine visite, afin de s’entretenir avec lui du cas particulier et d’en profiter pour lui montrer le fonctionnement du dispensaire.
Une fois vu au dispensaire, initié à ses méthodes, comprenant que dans aucun cas, il ne lui est porté préjudice, le médecin devient un ami, un collaborateur d'utilité essentielle. IL est convaincu et ne tarde pas à convaincre un certain nombre de ses confrères qui verront désormais dans le médecin du dispensaire, non pas un ennemi, mais un ami, un aide qui pourra souvent leur être utile et rendre plus aisée, plus efficace et souvent plus fructueuse leur tâche auprès de leurs malades.
Autant il est difficile dans une réunion médicale, autant il est facile dans une conversation privée, d'expliquer de médecin à médecin, égaux devant la loi, pourquoi tel enfant a besoin d’un séjour à la mer, à la montagne ou à la campagne; pour quelles raisons tel malade a besoin d’être séparé de son milieu; pourquoi un tuberculeux fébrile avec hémoptysies ou évoluton caséeuse rapide et à foyer unilatéral, peut profiter utilement de la collapso-thérapie; pourquoi tel autre n’a rien à attendre d’une cure sanatoriale, etc...
L'éducation collective du corps médical appartient à la Faculté. Le meilleur moyen donné au phtisiologue est la conversation individuelle, le respect des intérêts légitimes du médecin traitant et le dévouement absolu à l’œuvre à laquelle il s’est attaché.
Dans ces conditions, il nous paraît que la liaison légitime et nécessaire, qui doit exister entre le médecin de dispensaire et ses confrères traitants, demande beaucoup de bonne volonté, beaucoup de patience, toujours beaucoup de tact et de sentiment de l'opportunité. Elle est d’une réalisation facile, lorsque l’on conçoit l’harmonie qui doit nécessairement exister entre les devoirs de la confraternité médicale et ceux qu’imposent au médecin du dispensaire la préservation de la santé publique et, en particulier, la lutte contre le fléau tuberculeux, envisagée, non plus sur le terrain du traitement, mais sur celui de la prophylaxie et de l’hygiène sociale.