‹ Contribution à l'Etude de l'Organisation de la Lutte Antituberculeuse. Un Dispensaire Parisien de l'Office Public d'Hygiène Sociale en action. Statistiques de six années de fonctionnementChapitre 40 sur 98 · FIVE · texte numérisé non relu

FIVE

Malgré tous les efforts, malgré les conseils, il reste malheureusement un certain nombre de familles réfractaires.

Avant d'exposer les principales causes de refus de soins ou de placement, nous résumerons brièvement l’histoire d’une famille observée au dispensaire.

Famille Y... — Inscrite le 27/6/25, elle est composée du père 49 ans, salaire 30 francs par jour, bonne santé; de la mère, 39 ans, ménagère, et de 7 enfants de 19 à 2 ans. Les deux aînés gagnent 20 et 18 frs par jour.

Un fils est mort il y a deux ans, à Brévannes, de tuberculose pulmonaire. Il partageait la chambre et le lit du fils actuellement bacillifère (15 ans) et présentant à l’examen clinique et radioscopique des lésions bilatérales cavitaires.

Le malade sait la gravité de sa maladie, sait qu’il constitue un danger permanent pour ses petits frères et sœurs, promet de prendre toutes les précautions utiles et, en particulier, de ne plus coucher avec son frère aîné. Mais, il gagne 18 frs par jour.

Le père et la mère, auprès desquels a échoué l'infirmière visiteuse sont vus séparément par le médecin-chef. Ce sont deux êtres d’intelligence fruste, réticents, qui ne promettent rien. Un mauvais conseil est passé par là : la promesse de conserver la santé des enfants, qui se portent actuellement bien, grâce à l’action merveilleuse d’un sérum nouveau et on les perd de vue.

Le malade, lui, a continué à venir au dispensaire. Lui seul écoute les conseils et se décide à partir à la campagne chez un ami.

Après le chapitre des mauvais conseils, d’où qu'ils viennent, et plus ou moins intéressés, le second écueil qui se présente devant le médecin est la question sentimentale. Combien de fois, au dispensaire Marcadet, n’a-t-on pas vu des enfants, envoyés en placement familial, en préventorium, être rappelés d'urgence souvent parce que le malade, mourant de tuberculose,

ne veut pas s’en aller sans avoir revu ses enfants. Après sa mort, que peut-on pour eux, sans parler des risques de contagion des derniers jours. Plus fréquemment peut-être encore, le malade fait revenir ses enfants uniquement parce qu'il s’ennuie ou sous le prétexte que les médecins savent bien inexact, qu’ils s’ennuient loin de lui.

Le cas devient singulièrement plus délicat, lorsque c’est le salaire du malade qui fait vivre la famille. S'il écoute les conseils, il perdra sa place; cette objection est parfaitement raisonnable et légitime. Elle appelle une solution. Nous l’indiquerons brièvement dans un chapitre ultérieur (Le tuberculeux et le législateur).

Mais il y a des questions d'intérêt, moins propres, moins excusables. L'enfant a été confié à l’O.P.H.S. à la condition de l’envoyer gratuitement dans l’un de ses établissements, et dans ce cas, l’enfant en a souvent fréquenté plusieurs. Dès le jour où il a 13 ans révolus et à cette date précise, la famille qui a signé à l’avance le contrat de travail, fait revenir l’enfant, malgré l’avis du dispensaire et quel que soit son état de santé, parce qu’il va rapporter !:

. La clientèle du dispensaire Marcadet est loin de se recruter dans un même milieu : il nous faut donc envisager suivant les situations, le placement dans les établissements de PO P.H.S., de l'A. P. et ceux dans les établissements privés.

Voici la liste des établissements de l'O. P. H.S. (1). Pour chacun de ces placements, le médecin du dispensaire établit une

demande, donnant toutes les indications correspondant à chaque cas. 9

Les malades sont convoqués devant une commission spéciale avant d'être admis. Cette commission a pour mission de s'assurer si le malade, proposé pour un établissement déterminé, peut en retirer un effet utile et trop souvent aussi, si l’indication fournie par le dispensaire deux ôu trois mois au-

paravant, n’est pas, depuis lors, dépassée du fait de l’évolution de la maladie.

(1) Nous parlerons plus loin de ceux mis à la disposition de l'Office par VA. P:

Etablissements pour adultes (au-dessus de 15 ans)

a) Préventoriums. 1000 Minoret, à Champrosay (S.-et-0.), 30 jeunes filles de 15 à 30 ans.

Le Glandier (Corrèze), 105 femmes de 15 à 30 ans.

b) Sanatoriums.

1° Tuberculose pulmonaire :

Yerres (S.-et-0.), 74 hommes.

. Mardor (Saône-et-Loire), 65 hommes au-dessus de 20 ans. Abreschwiller (Moselle), 30 H.

. Larressore (B.-Pvr.), 10 H.

Gorbie (Alpes-Maritimes), 10 H.

Angeville (Ain), 25 F.

Bigny (S.-et-0.), 60 F..

Les Ombrages (Versailles) (S.-et-0.), 20 F.

Belle Alliance (S.-et-0.), 60 F. Rs La Tuvolle (S.-et-0.), 150 F. : "à

Villepinte (S.-et-O.), 15 F. | 1 Ste-Marthe (Marne), 15 jeunes filles de 15 à 30 ans. Ù ju

2° Tuberculose osseuse, articulaire, ganglionnaire, péritonéale.

Alice Fagniès (Var), jeunes filles de 15 à 30 ans (tubercul. gangl. et péritonéales). à

c) Cenire de rééducation post-sanatoriale.

Sillery (S.-et-0.), 80 H. au-dessus de 10 ans. A : Chamigny (S.-et-M.), 10 H. de 13 à 20 ans. Ji

Etablissements pour enfants a) Abris temporaires. RAS Maison maternelle : rue Manin, 25 G. de 3 à 8 ans 1/2; avenue de Montsouris, 25 F. de 3 à 13 ans.

Abri Chaponay, rue Jacquier, 30 F. de 4 à 14 ans. Abri de Gergovie, rue de Gergovie, 35 G. de 6 à 13 ans.

b) Centres de placement familial ov collectif pour enfants sains en contact de cohabitation avec des tuberculeux contagieux.

Mainville (S.-et-0.), 15 G. et F. jusqu’à 2 ans (placement familial.

Placement familial des Tout-Petits : Salbris (Loir-et-Cher), - St-Viâtre (Loir-et-Cher), Argent (Cher), Blancafort (Cher), La Ferté-St-Aubin (Loiret) : 230 G. et F. jusqu’à 3 ans (placement familial). |

Orthez (B.-Pvr.), 500 G. et F. de 3 à 13 ans (placement famimilial).

Nid des Bois, Authon-du-Perche (E.-et-L.), 40 G. de 6 à 81/2; Manon (E.-et-L.), 40 F. de 6 à 13 ans (placement collectif). Œuvre Grancher, 60 G.'et F. de 3 à 13 ans (placement fami-

lial).

c) Préventoriums,

1° Préventorium marin (tuberculoses externes ostéo-articulaires, ganglionnaires, etc, bénignes ne nécessitant aucune intervention chirurgicale et adénopathies trachéo-bronchiques inactives, non fébriles à l’exclusion de toute localisation pulmonaire). ;

Préventorium Lannelongue, Saint-Trojan, Ile d'Oléron (Charente-Infér.), 283 G. de 6 à 16 ans.

2 Préventoriums pour enfants au-dessus de 2 ans (tuberculoses occultes, ganglionnaires non ouvertes, adénopathies trachéo-bronchiques tuberculeuses).

Milly (S.-et-0.), 15 G. et F. de 2 à 4 ans.

Bon Accueil : Groslay (S.-et-0.), 39 G. et F. de 3 à. 7 ans.

La Tourelle : Balainvilliers (S-et-0.), 40 G. de 3 à 7 ans.

Lafayette : Chavaniac (Haute-Loire), 30 G. de 3 à 7 ans.

Glaye (Orne), 130 G. de 4 à 10 ans et F. de 4 à 13 ans.

Tumiac (Morbihan), 15 G. de 5 à 12 ans.

Valence-en-Brie (S.-et-M.), 10 G. de 2 à 7 ans et F. de 2 à 13 ans.

La Motte Verte : Dammartin-en-Goële (S.-et-M.), 20 G. de 8 à 12 ans.

St-Joseph (Paris), G. et F. de 5 à 11 ans des XIV: et XVe arrondissement.

Jean Nicolle : Chevrière (Oise), 20 F. de 5 à 13 ans.

Le Glandier : Beyssac (Corrèze), 130 F. de 6 à 15 ans.

Bry-sur-Marne (Seine), 65 G. de 6 à 13 ans.

Isches (Vosges), 53 G. de 6 à 13 ans.

Fontaine Bouillant (E.-et-L.), 25 hiver, 35 été, F. de 6 à 12 ans.

Plessis-Robinson (Seine), 120 G., F. de 8 à 12 ans.

d) Ecoles, externats en plein air (ouvertes d'avril à septembre inclus).

Fort d’Issy-les-Moulineaux, 30 G. et F. âge scolaire (XV: arrondissement).

Rue St-Fargeau, 80 G.,F. (XX: arrond.).

Bois de Vincennes, 80 G., F. (XIT).

Pantin, 80 g., f. de 2 à X... (Pantin écoles maternelles).

Suresnes, 80 G., F. âge scolaire (Suresnes).

e) Sanatoriums.

1° Tuberculose pulmonaire.

Villiers-sur-Marne, 125 G. de 3 à 15 ans.

Ormesson, 35 F. de 3 à 15 ans.

Villepinte (S.-et-0.), 20 F. de 6 à 15 ans.

2° Tuberculose osseuse, articulaire, ganglionnaire et perito-

néale.

Santa-Maria : Cannes (A.-Maritimes), 90 F. de 4 à 15 ans. St-Aubin (Calvados), 40 G. de 5 à 14 ans.

Malgré le nombre de lits dans ses établissements personnels, malgré ceux mis à sa disposition par l’A. P. il faut bien reconnaître qu'ils sont insuffisants pour recevoir à temps et surtout pour recevoir, dans l’établissement qui leur conviendrait, tous les malades du dispensaire.

Il y a en outre, et, à certain point de vue, cela a bien son importance, le fait fréquent qu’un assez grand nombre de familles demandent, pour des raisons que nous avons exposées précédemment, de leur indiquer des œuvres privées.

Accéder à leur désir, engage toujours la responsabilité du médecin du dispensaire et si celui-ci était un fonctionnaire convaincu, il se croiserait les bras en regrettant le manque de places. Le médecin de l’O.P.H.S. a heureusement une conception plus large de son rôle et de son devoir social et, malgré les récriminations, les reproches non seulement possibles, mais hélas trop souvent entendus, il ne se dérobera pas au devoir de donner un bon conseil et cela avec d'autant plus d'assurance qu'il se sera entouré de renseignements précis et qu'il aura devant lui les résultats antérieurement acquis.

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