CLASSIFICATION DES PLACEMENTS
A la liste déià longue de placements que nous venons d’énumérer, il convient d’ajouter celle presqu’aussi longue des placements réservés à l'Office par l’Assistance Publique.
Les conclusions que nous allons exposer maintenant, bien que visant surtout les placements de lO.P.H. S. du département de la Seine, s'appliquent aussi à tous les autres placements, y compris ceux de l’A.-P.
Il est regrettable de constater dans la gamme des placements, certains vides qu’il y aurait intérêt et grande importance à combler aussi rapidement que possible.
Qu’y-à-t-il de prévu pour les enfants de 2 à 6 ans, à part les quelques places mises à la disposition de l’Office par l’œuvre des Tout-Petits'et l’œuvre Grancher ?
Pourquoi n’existe-t-il pas à l’O.P.H.S$S. de préventoriums maritimes suffisants pour les filles ?
Qu'on ait refusé San Salvadour à l’O.P.H.S. ‘n’implique pas d’autre conséquence que celle de chercher ailleurs.
Il y a encore, dans l’île d'Oléron, suffisamment d’endroits
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pour construire un établissement-filles comme le préventoriumgarçons Lannelongue et dans des conditions financières tres raisonnables.
Dans la même famille ayant subi la contagion, il y a souvent frères et sœurs; les envoyer dans la même région, à proximité les uns des autres, serait la preuve que les mesures imposées par la prophylaxie sociale, n’exeluent pas le respect des affections familiales.
Pourquoi n’existe-t-il pas pour les garçons un établissement analogue à celui du Glandier (filles ou jeunes femmes) ?
Pourquoi l'Office qui a des sanatoriums multiples pour femmes n’en a-t-il pas en propre pour les hommes ?
Et, sans crainte de nous répéter, pourquoi ne pas réserver les établissements de l'Office aux seuls sujets pour lesquels a été constituée cette œuvre admirable de l'O. P.H.S. ?
L’O. P.H.S. n’est pas un organisme de traitement; cette tâche doit être réservée à l’A. P. Si les moyens sont différents, si le choix des sujets ne doit pas être régenté par les mêmes règles, si la durée de séjour ne peut être appréciée de façon identique. il ne s’ensuit pas moins que le but final étant le même, Îles deux organismes doivent rester en rapports constants et étroits.
L’utilité de sanatoriums pour bacillifères apparaît, sous cet angle, au moins douteuse pour l’O. P. H.S. Ce qui lui importe, c’est la possibilité d'envoyer en sanatorium les malades qu’il a à soigner, en ayant la certitude que ses propositions faites après examen minutieux du malade bacillifère, seront toujours accueillies et plus encore, favorisées, en raison de l’enquête approfondie sur la famille et le milieu, qui sera toujours transmise avec le dossier médical.
Si telle était la réalité, l'O. P.H.S. pourrait élargir singulièrement ses moyens d’action, c'ont l’essentiel est et restera le dispensaire; il lui suffirait alors de préventoriums, en nombre correspondant à celui des malades, établis à peu de distance
de Paris, et de quelques préventoriums marins ou de montagne.
Sur quelles bases doivent se fonder les conseils donnés au malade par les médecins du dispensaire, au sujet des placements ?
Presque journellement on recoit à Marcadet des lettres venant de personnes autorisées et très souvent de médecins, demandant l'entrée, d’urgence, dans un sanatorium, de sujets dont l’examen montre qu’il n’y a plus rien à attendre vour eux d’une cure sanatoriale.
Combien de fois n’entend-on pas les reproches véhéments des malades, de leurs protecteurs, de leur médecin, tous formulés dans le même sens. Ils s’indignent, se déclarant assez malades pour pouvoir entrer dans un sanatorium. Il faut être armé d’une triple cuirasse de patience, d’expérience et de bonté pour expliquer, dès leur colère calmée, qu’un sanato-
rium est un établissement très dispendieux où l’on ne doit recevoir que les sujets pouvant en obtenir un bénéfice pour leur
santé; qu'il est impossible d’y envoyer des malades condam-
nés à brève échéance, parce que cela ne leur serait à eux d’au-
cune utilité et qu’un décès en sanatorium influence toujours.
défavorablement les autres malades en traitement.
Le sanatorium est institué pour guérir ou améliorer ses malades, ce n’est pas le dernier asile où l’on meurt. Faire com-
prendre ces vérités, n’est pas le plus facile dans la mission du médecin de dispensaire.
Aussi, bien qu’il s’agisse d’une classification classique et maintes fois exposée, crovons-nous devoir, à notre tour, définir encore une fois, très succintement d’ailleurs, comment s’établissent les propositions de placements.
Bien que nous nous soyons toujours efforcé, au cours de ce
travail, de rester exclusivement sur le terrain de l'hygiène et.
de la prophylaxie sociales, il nous faudra dans ce court chapitre, empiéter un peu sur le côté anatomo-clinique de 2 question.
Nous prendrons donc les malades tels qu’ils se présentent au dispensaire S
En ce qui concerne les malades arrivés au terme extrême de la maladie ou atteints d'accidents aigus : hémoptysies, état hyperthermique; on ne peut que les diriger d’urgence vers l’hôpital: Les derniers, en état d’évolution aigué, qui peut n'être qu’un incident, doivent toujours, dès l'orage passé, revenir au dispensaire.
S’il s’agit de sujets de la classe moyenne ou aisée, c’est le repos à domicile et le recours immédiat à leur médecin habituel.
Lorsque le malade, dans un état grave, hémoptoique ou fébricitant, présente à l’auscultation et à l’examen radiologique des lésions unilatérales, il faut penser au pneumothorax artificiel. Le dispensaire n’étant pas organisé pour la compressothérapie, adresse immédiatement lé malade, soit au médecin spécialisé dans le traitement de la tuberculose à l’hôpital le plus voisin, soit au dispensaire Léon Bourgeois, à lhôpital Laënnec, ou M. le Professeur Léon Bernard ou bien M. le Docteur Rist, jugent s’il y a lieu ou non, de pratiquer le pheumothorax.