‹ Contribution à l'Etude de l'Organisation de la Lutte Antituberculeuse. Un Dispensaire Parisien de l'Office Public d'Hygiène Sociale en action. Statistiques de six années de fonctionnementChapitre 43 sur 98 · PLACEMENTS DE VACANCES · texte numérisé non relu

PLACEMENTS DE VACANCES

C’est à propos de ces placements que se posent les plus graves questions de responsabilité.

Le problème se résume en une phrase : les petits de Paris

ont besoin, chaque année, à l’époque des vacances, non pas de rester dans la rue, mais d’aller respirer l'air plus pur de la campagne, de la mer où de la montagne. |

Il ne faut pas oublier en effet, .

1° que la guérison totale de la tuberculose est à l'heure actuelle niée par la plupart des auteurs;

2 que la première infection crée un état relatif d’immunité:

3° que cette première infection précoce est la règle dans les milieux urbains et parisiens en particulier; | ;

4 que s’il est très important d'éviter toutes les causes de réinfection, il n’en est pas moins indispensable de maintenir « léquilibre » de résistance du terrain, équilibre dont la rupture est une des causes favorisantes les plus fréquentes de la rechute (Sergent).

La cure de vacances annuelles passées à la campagne, est celle qui répond le mieux aux indications qui découlent des principes que nous venons de résumer.

Les difficultés sont multiples : où les envoyer ? Là-dessus, le médecin décide suivant les cas, et les possibilités de la famille. Toutes les fois que les parents le peuvent, la chose est facile. Mais les parents ne le peuvent pas ou ne veulent contribuer au placement que pour une partie de la somme demandée, trop souvent même ils se refusent à verser même une somme infime, bien inférieuré aux frais que leur coûterait l'enfant gardé à Paris auprès d’eux.

Le médecin doit bien savoir alors que quoiqu'il arrive de fâcheux, impossible à prévoir, il sera rendu responsable par la famille.

Combien n’a-t-on pas vu d'enfants, surtout dans les œuvres

où ils sont réunis en certain nombre, ayant été atteints au cours d’épidémies, de rougeole, de coqueluche, de varicelle, de diphtérie, de furonculose, de teigne, etc.

Ces contagions impossibles à prévoir, indépendantes de la volonté des médecins et de celle des personnes auxquelles le dispensaire confie des enfants, et dont la fréquence est même loin d’atteindre celle des dangers auxquels auraient été exposés les enfants restés à Paris, sont déjà journellement reprochées pour les placements de lO. P. H. S. On se représente combien encore les reproches sont plus vifs pour les autres placements.

En ce qui concerne les maladies épidémiques, on ne peut que peu ou rien, mais en ce qui concerne les accidents dus à

l’imprudence des enfants ou à des causes indépendantes d’eux (accidents, du fait d'animaux, de voitures, etc...), il y aurait intérêt pour la collectivité à ce que le Conseil Général de la

Seine contractat une assurance globale.

Cette grosse question mériterait une solution d’urgence. et peu coûteuse.

Le médecin de dispensaire, même en engageant sa responsabilité, ne doit pas hésiter à assurer à tous les enfants dont il a la charge, le bénéfice des vacances. Ils en seront les bénéficiaires et plus qu'eux, la collectivité.

Mais comment organiser ces vacances ? Il faut s’y prendre de bonne heure, dès Mars ou Avril, sous peine d’arriver trop tard.

A qui faut-il s'adresser ? Pour la plupart des enfants fréquentant le dispensaire, en raison de l’existence d’un membre de la famille suivi par le dispensaire et reconnu tuberculeux non bacillifère, la question du placement de l’Office ne saurait se poser et le nombre des places disponibles ne saurait permettre leur admission. C’est donc en pareil cas que doit s’exercer l’action personnelle de chaque dispensaire.

Toutes les fois que cela sera possible pour la famille, ‘or

conseillera un séjour de 4 à 8 semaines à la mer, à la mon-

tagne ou à la campagne, suivant les indications recueillies au cours des examens médicaux régulièrement répétés. Le père, la mère ou un membre de la famille accompagneront l’enfant.

Si l’on s’y prend suffisamment à l’avance, on obtiendra un résultat favorable bien plus souvent qu’on pourrait le croire à priori.

Ni le père, ni ia mère ne peuvent accompagner l’enfant. II faudra alors penser d’abord à la possibilité de le confier à des

parents ou à une famille amie dans le pays d’origine des pa-

rents, de préférence.

Ces deux premiers cas éxaminés, il ne resteguère, d’après l'expérience de Marcadet, que 20 à 30 % d’enfants qui devront partir seuls. Il faudra s’adresser alors aux nombreux -— si nombreux qu’ils soient, ils sont encore bien insuffisants — placements de vacances organisés par les œuvres privées, quelquefois semi-officielles

Placements de vacances ou allocations pour placements de vacances des Comités des Pupilles de la Nation.

Colonies scolaires, remarquablement organisées et dirigées dans le quartier des Grandes Carrières grâce surtout au dévouement de M. Jean Varenne; les inscriptions sont demandées à l’école fréquentée par l'enfant, qui est envoyé (dispensaire Marcadet) dans une famille de paysans de l'Allier.

C’est aussi en plein milieu te que la De Fraternelle des Enfants de France envoie ses pupilles (inscriptions dès CE mois d'Avril) (1).

Les enfants sont réunis par groupes à l'Œuvre des maisons Claires (2), qui dispose d’un préventorium et de placements à Fe campagne, aux Colonies de M. Arcoux, à l'Œuvre de la Cure

d'air (3), et aux Petits Lits Blancs (journal l’Intransigeant), ete... Nous n’avons certes pas l’intention d’énumérer tous les pla-

cements, nous indiquons seulement ceux qui ont donné les meilleurs résultats au dispensaire Marcadet.

En outre de ces placements gratuits, il en est toute une

gamme où l’on demande aux parents une somme modeste :

RS Pa

Ile de Ré, La Rochelle, Arcachon (le Moulleau), Montfort

lAmaury, Château La Valière, etc. Lee C’est le rôle du médecin et de l'infirmière-chef, bien péné-

trés de leur devoir, de juger des dispositions d'esprit et de la. situation des familles, pour qu'aucun des enfants qui viennent au dispensaire ne soit frustré d'un séjour à la campagne, toujours avantageux pois lui.

(1) 50, rue St-André-des-Arts.

(2) 5, rue Labruyère (3) 16, rue de la Bucherie.

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