RAPPORTS AVEC L'AUTORITÉ MILITAIRE
Les rapports des dispensaires avec l’autorité militaire sont / ou plutôt devraient être constants, tellement leur importance . est considérable. On sait quelle gravité particulière revêtent les. diverses maladies contagieuses à la caserne : une entente entre: PO. P. H.S. et l'autorité militaire fut notifiée aux dispensaires dans une circulaire remontant au mois de mai 1923, les informant d’une part, que l’autorité militaire leur signalerait les conscrits ou soldats atteints ou supects de tuberculose et, d’autre part, que les dispensaires devraient signaler à l'autorité militaire les sujets reconnus tuberculeux et surtout les tuberculeux bacillifères — tous ces renseignements devant rester strictement confidentiels.
Que s'est-il passé ? Les dispensaires ont bien reçu des avis des conseils de révision ou de réforme, avis très peu nombreux d’ailleurs, mais si l’on envisage l’autre côté de la question, l’on arrive à des conclusions déplorables.
Le dispensaire a informé, toutes les fois qu’il y a eu lieu, l’autorité militaire de l’état de santé des conscrits ou des soldats appelés. Malgré les signes cliniques ou radiologiques, malgré
‘les analyses positives révélant la présence de bacilles de Koch dans les crachats, présence constatée à plusieurs reprises, quelques uns des malades du dispensaire, porteurs de certificats signés et timbrés, ont été jugés bons pour le service.
S1 la vérité nous fait un devoir de constater que ces malades s’en sont fort bien trouvés, il nous sera cependant permis de regretter qu’on n’ait pas voulu envisager le danger de contamination que ces sujets apportaient dans la chambrée.
Il importerait donc que cette question, de haute portée sociale, fut définitivement réglée et que la liaison entre les dispensaires d'hygiène sociale et les conseils de revision ou de réforme soit déclarée obligatoire.
Pour les malades contagieux, signalés par le dispensaire, il ne devrait pas y avoir de difficultés, car il s’agit de sujets suivis par lui et longuement étudiés.
Pour les cas signalés par les conseils de revision ou de réforme, la question peut apparaître parfois plus délicate. En effet, comme le dit excellement Georges Guinon, ni les conseils de revision, ni, en général, les médecins militaires «ne peuvent « faire le tri entre les conscrits de toutes les catégories suscep- « tibles ou non de devenir les clients des dispensaires. Ils les « indiquent en bloc, et c’est aux dispensaires à faire le choix : « question d’habileté et de tact professionnels dans le dépistage « des malades. Cette question est familière à nos médecins de
« dispensaires et à nos visiteuses et je ne sache pas qu’il soit «survenu de ce fait d'incident quelconque. Quant aux jeunes. «gens susceptibles de fréquenter les dispensaires, il n’est pas « plus difficile de les y faire venir que tous les autres malades. « dépistés de toute autre façon ».
Les médecins de dispensaire de l’O. P. H. $S. du département de la Seine ont encore d’autres relations avec l’autorité militaire.
On les a désignés, d'office et en bloc, comme surexperts pour les réformés pour tuberculose : les conditions imposées pour les examens cliniques, radiologiques, ‘bactériologiqhés
étaient telles que la presque unanimité des médecins a dù
décliner cette mission.
La loi attribue aux réformés à 100 % At tuberculose pulmonaire une indemnité annuelle de 5.000 fr. s'ils. peuvent établir qu'ils ont besoin de soins continus. |
L'administration de l’armée s’est naturellement adressée à l'O. P.H.S. en demandant, sans rémunération, aux médecins des dispensaires de lui fournir tous les renseignements utiles. pour les tuberculeux de leur secteur réformés ou à réformer avec prime.
Il y a là une violation flagrante du secret pions il y a plus : le malade, s’il ne reçoit pas sa surprime, n’a plus de- , vant lui une commission, mais une seule personne responsable, le médecin de dispensaire. C’est le dispensaire lui-même qui subira les conséquences plus ou moins graves dans le cas où le certificat porterait que le malade peut travailler ou qu’il n’a plus besoin de soins continus. La délivrance de ce certificat devient pour cette raison une simple question de paperasserie : les malades ne s’y sont pas trompés : un grand nombre ne se dérangent même pas et envoient simplement leur certificat à signer.
Il y a évidemment là une réforme qui s’impose. Soyons bien assuré qu’on ne prendra pas pour cela l’avis des médecins de dispensaire.