‹ Contribution à l'Etude de l'Organisation de la Lutte Antituberculeuse. Un Dispensaire Parisien de l'Office Public d'Hygiène Sociale en action. Statistiques de six années de fonctionnementChapitre 53 sur 98 · AVEC LES MÉDEGINS-INSPECTEURS DES ECOLES · texte numérisé non relu

AVEC LES MÉDEGINS-INSPECTEURS DES ECOLES

Depuis le mois d'octobre 1923, la liaison nécessaire a été ‘théoriquement instituée entre les médecins de dispensaire et les médecins des écoles.

Pour être précis, nous rappellerons ici textuellement les termes de la circulaire de l'O. P.H.S.

« Chaque fois qu’un Médecin-Inspecteur des écoles consta- «tera chez un enfant des signes de tuberculose ou un ensemble « de phénomènes permettant de soupçonner l'existence de cette « affection, ou quand il apprendra qu’un enfant est en contact «avec un tuberculeux contagieux, il dirigera cet enfant sur le « dispensaire de sa circonscription. A cet effet, il fera remettre « la fiche de signalement n° 1 à la famille, par l’intermédiaire « du directeur ou de la directrice de l’école.

« La fiche de signalement constitue pour la famille, non une «obligation de recourir aux soins du dispensaire, mais une «invitation à y présenter l’enfant.

. «L'influence du directeur ou de la directrice pourra être d’un < grand poids pour inspirer la décision désirable.

«De son côté, le dispensaire fera tout ce qui est possible < pour permettre aux familles de profiter de ses services.

« a) II devra réserver un jour spécial aux consultations d’en- « fants afin de répondre à l’objection qui a été faite en ce qui «concerne le mélange des enfants et des clients habituels ‘du « dispensaire.

«b) Il devra pour rendre la liaison effective, se tenir en «rapport avec l’inspection médicale des écoles. À cette fin, le «médecin du dispensaire, d'accord avec la visiteuse-chef, dési- «gnera, pour chaque groupe scolaire, une visiteuse chargée «< d'assurer la liaison. Une fois par mois au moins, aux jours «et heures fixés d'accord avec le médecin-inspecteur, la visi- «teuse se rendra au groupe scolaire qui lui a été attribué.

«La, elle prendra connaissance des signalements faits pen- «dant le mois, (talons du carnet de la souche) et s’informera, «auprès du directeur et de la directrice, des motifs pour les- «quels certaines familles n’auront pas tenu compte de l’avis «qui leur a été donné. Si son intervention parait devoir être «< favorablement accueillie et au besoin, en accord avec le mé- « decin de la famille, elle fera une visite à domicile.

«c) Le médecin du dispensaire signalera au médecin-ins- « pecteur de l’école, le résultat des examens qu’il aura prati- «ques concernant les enfants qui lui auront été signalés (exa-

«mens radiologique, laryngologique et bactériologique). Il Jui

«fera part des propositions de placement qui auront pu en « être la conséquence.

« Parmi les enfants signalés, certains, reconnus non tuber- «culenx après examen, seront simplement désignés « chétifs », «ayant besoin de surveillance particulière qui n’est plus du «ressort du dispensaire.

» . . . 5 SUIS «Le médecin de l'Office le signalera dans sa réponse en in- « diquant au besoin l’intérêt que pourraient présenter certains

« placements tels que : colonies scolaires, écoles de plein air, «internats des caisses des écoles, classes aérées, etc. dont le « reérutement est confié au médecin-inspecteur des écoles. -. CRéciproquement, le médecin de dispensaire devra, par

« l'envoi de fiches spéciales (fiches n° 2), signaler au médecin-

K inspecteur les enfants qui fréquentent l’école publique ei qui «sont suivis au dispensaire.

«Sur la suggestion de son confrère, le médecin- inspecteur « pourra, s’il y a lieu, proposer ces enfants pour l’un des pla- « cements indiqués au paragraphe précédent ».

Si le rôle des infirmières-visiteuses doit s’exercer dès qu’un cas leur est signalé, « ce sera le rôle surtout des infirmières sco- <laires, qui iront à domicile «relancer >» les familles et au «besoin conduiront elles-mêmes les enfants au dispensaire «avec l’autorisation de leur mère » (Vitry).

Résultats de l’année scolaire 1923-1924 pour tout le Département de la Seine (liaison entre les dispensaires de l'O. P.H.S$. et l’inspection médicale des écoles, G. Vitry)

1° Enfants signalés par les écoles aux dispensaires de PO. P.H.S. 2.385 dont 967 ont été placés.

2° Enfants signalés par les dispensaires de lO.P.H.S. à l'inspection médicale des Ecoles

Total : 665.

Il faut maintenant juger des résultats en nous basant sur les chiffres

Notons d’abord qu’un nombre assez élevé de médecins de l'O. P. H. $S. sont en même temps médecins-inspecteurs des écoles et que c’est eux qui ont naturellement répondu aux prescriptions légitimes de l’Office.

Le dispensaire Marcadet desservant plus de 200.00 habitants a dans son secteur un nombre considérable d’écoles. Il a reçu de la part des médecins-inspecteurs des écoles, ou des infirmières scolaires :

Soit en tout : 83 signalements d’enfants.

——, 148 — jé” + Il leur a été signalé par le Dispensaire :

Soit en tout : 108 enfants.

G. Vitry tout en insistant sur la nécessité d’attendre l’œu-

vre du temps, pour amener un fonctionnement régulier de la

liaison qui doit s'établir obligatoirement entre les deux organismes, donne les statistiques d’une première année d’expérience en espérant que les résultats en deviendront meilleurs, lorsque les deux administrations secondées par leurs médecins, seront arrivées à une liaison éminemment désirable, à une intimité et une cordialité réciproques.

Cette liaison, si désirable au point de vue prophylactique

(placement des enfants, surveillance de la famille), devient

indispensable lorsqu'il y a un bacillifère certain ou probable dans la famille de l’enfant et toutes les fois que les écoliers sont trouvés bacillifères.

Dans la statistique présentée par G: Vitry, 10 enfants sur 2.385 adressés aux dispensaires et fréquentant l’école étaient dans ce cas, « 10 qui auraient continué à disséminer les bacilles «parmi les jeunes camarades, si le médecin n’était pas inter- <venu» (Vitry). Guillaume a trouvé un pourcentage encore

plus élevé à Pantin (4 sur 152).

À Marcadet la proportion a été infiniment plus faible. Il faut reconnaitre que l’absence à peu près totale de liaison ne permet pas d’en tirer une conclusion quelconque. .

De 1920 à 1926, 10 adultes bacillifères ont été signalés au dispensaire Marcadet par les écoles.

RAPPORTS AVEC LES MÉDECINS DE L'ASSISTANCE MÉDICALE GRATUITE (Bureaux de Bienfaisance). LES MÉDECINS DES CRÈCHES DES POUPONNIÈRES, DES ÉCOLES DE PLEIN AIR, DES ADMINISTRATIONS D'ETAT ET DÉPARTEMENTALES, DES GRANDES ENTREPRISES INDUS- TRIELLES , ET COMMERCIALES.

Les rapports qui devraient être réguliers et constants, restent

encore à établir. Nous sommes assurés que ce n’est pas de la: part des médecins que l’on trouvera des difficultés. Pour une

œuvre de salubrité publique, le concours de tous est assuré d'avance parce que les médecins, quelques fonctions qu’ils remplissent, savent bien que pour lutter efficacement contre le fléau

tuberculeux, la première et l’essentielle nécessité est la coor-

dination de tous les organismes, la liaison confiante de toutes les œuvres et l’effort continu et poursuivi sans défaillance de tous ceux qui se sentent associés en fait pour limiter, d’abord, puis pour éteindre pratiquement les ravages de la tuberculose comme nos Ancêtres ont réussi, grâce à des moyens quelquefois un peu rudes, à vaincre la lèpre pour ne citer qu’un exemple, assez comparable d’ailleurs.

Ce que nous venons de dire s’applique naturellement à toutes les administrations d'Etat (postes en particulier), départementales ou communales (fonctionnaires, police, octroi, agents techniques, ouvriers, etc.) à toutes les grandes entreprises industrielles ou commerciales.

Dans les premiers cas, c’est à l’Administration qu’il appartient de formuler les règlements qui s’imposent. Dans les autres cas, c’est auprès des administrations privées qu’il y a d’abord lieu d'intervenir en leur démontrant, non seulement qu’ils doivent s’associer à une œuvre utile à la collectivité, mais surtout, en leur prouvant que ce sera pour eux un avantage précieux et une garantie certaine d’un meilleur rendement du travail de leurs employés.

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