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L. lateritia est une des espèces les plus cultivées

L. vulcanica (L. Wallisi, des Horticulteurs) se rencontre fréquemment ainsi que quelques autres dans les jardins botaniques ; ils y sont très redoutés par les jardiniers qui comparent leur action à celle des orties, mais bien plus cuisante et à démangeaison des plus intenses.

On a signalé de même les Mentzelia, en particulier, au jardin botanique de Cambridge.

M. Lindleyi, connu en horticulture sous le nom de Barlonia aurea Lindl., Barlonie dorée, est cultivé

pour ses fleurs jaune d’or.

Ombhellifères

Thapsia garganica L.

— villosa L.

Pastinaca sativa L.

— sylvestris Mill.

— urens Req.

Heracleum alpinum I.

— Sphondylium L.

— villosum Fisch.

Angelica Archangelica L.

Les Thapsia sont des plantes herbacées vivaces du bassin méditerranéen. T. garganica croît surtout en Algérie, en Tunisie et au Maroc; T. villosa est une espèce des lieux stériles du Midi de la France.

L'action rubéfiante de ces plantes est connue depuis fort longtemps, puisque, au dire de Pline, Néron l’utilisait pour faire disparaître les traces des contusions reçues dans ses orgies nocturnes.

Actuellement encore, les Arabes emploient la racine de Thapsia en applications directes.

Une coupe transversale de la racine montre dans le

phelloderme et dans le liber un très grand nombre de canaux sécréleurs contenant, avec une huile essentielle, la résine vésicante que Reboulleau et Bertherand ont fait entrer dans la pratique thérapeutique en 1857. Elle à été utilisée depuis sous forme d’emplâtres, sparadraps, etc...

Appliquée sur la peau, la racine de T. garganica, aussi bien que les préparations qui en proviennent, provoque une rubéfaction intense, une forte éruption miliaire et une démangeaison très vive mais non douloureuse.

Une application trop prolongée amènerait une éruption confluente et même une large ulcération.

On trouve, à propos du Thapsia, une curieuse application publiée en 1891 dans les Archives de Médecine mililtairet.

MM. Bouchereau et Vigeneaud, médecins-majors, ayant remarqué une augmentation anormale de l'érysipèle dans l’armée ont fait à ce sujet une enquête qui leur a démontré que cette fréquence était due à la simulation (au moins pour le corps d’armée où ils ont fait leurs recherches).

Depuis que, leur attention ayant été attirée sur ce sujet, les cas de simulation ont été démasqués et punis, les érysipèles dont le nombre était de 14 par mois au début de leurs recherches ont vu ce nombre tomber à zéro au bout de six mois.

En même temps que l'érysipèle, on avait reçu à

1 Analysée dans le Journal de médecine el de chirurgie pratiques, 1891, p. 718 à 719.

l'hôpital un nombre élevé de rougeoles sans fièvre, sans calarrhe nasal, sans bronchite, avec une éruption localisée aux régions facilement accessibles aux mains.

L'enquête démontra que dans l'un et l'autre cas c'était au Thapsia qu'étaient dues les lésions consta- Lées.

Quand la friction produisait les désordres les plus considérables, la température axillaire ne dépassait pas 37°5 à 38 degrés, alors que les érysipèles à phlyctènes noirâtres eussent donné, s'ils avaient été spontanés, une température iniliale de 4o ou mème 41 degrés.

MM. Bouchereau et Vigenaud ont, comme contrôle, cherché, sans les rencontrer jamais, les microbes de l'érysipèle dans la sérosité de l'æœdème et des vésicules.

Un autre moyen de contrôle a consisté dans le nettoyage de la peau avec de l’ouate imbibée d'éther, les restes de résine de thapsia sont ainsi recueillis, et enlevés de l’ouate par un lavage à l'éther, la solution éthérée concentrée permet de faire laréaclion suivante ;

Dans un tube à essai contenant quelques gouttes d'acide sulfurique, on fait glisser la solution éthérée le long du tube. S'il existe de la résine de thapsia, il se produit à la surface de contact un anneau rouge brun caractéristique.

T. villosa possède, un peu affaiblies, les propriétés du T. garganica; le prurit, accompagnant l'éruption qu'il provoque, paraît moins intense.

Les Panais sont des plantes bisannuelles très répandues, dont une espèce a été améliorée pour l’alimentalion.

Les Panais français sont parfois réunis dans une

seule espèce Pastinaca sativa L., plusieurs auteurs y ont distingué trois ou qualre espèces, qui sont au moins affines, telles que Pastinaca sylvestris Mill, et P. urens Req.

Les Panais sont connus depuis longtemps pour leurs propriétés irritantes pour la peau.

Lamarck, citant Miller, dit dans son Dictionnaire encyclopédique botanique qu'il ne faut pas arracher les panais à la rosée du matin, car les mains pourraient se couvrir d'ampoules douloureuses et difficiles à guérir.

De Lanessan signale les parties herbacées du P. urens comme capables de produire une vive irritaton de la peau et d'amener la formation d’ampoules,

Mérat et de Lens parlent des pustules qui viennent aux mains des gens qui arrachent le panais sauvage dans les moissons.

Costantin et Gave! disent également : le Panais qui croît à l’état sauvage le long des chemins et dans les endroits frais porte le nom de Panais des prés. C'est lui qui, amélioré par la culture, nous a donné le Panais de nos jardins. Si l’on manie les feuilles du Panais des prés lorsque cette plante est mouillée ou couverte de rosée, on a bientôt les mains couvertes d’ulcères, ce mal est connu sous le nom de Mal du Panais.

White a signalé? ces éruplions papulo-vésiculeuses chez des hommes et des enfants qui avaient sarclé des

1 Flore populaire de la Savoie ou Dictionnaire des noms populaires de nos plantes.

2 Boston Medical and Surgical Journal, 28 janvier 1897.

Aie

panais, et chez une femme qui avait lavé cinq boisseaux de panais récemment arrachés et les avait essuyés avec un linge.

Enfin en 1906, M. Plissonneau' à Bordeaux et M. Ginestet*? à Montpellier consacrèrent l’un et l’autre une thèse à l'étude de la question.

Les deux mémoires s'accordent à localiser l’éruption sur la face dorsale des mains et sur les poignets ainsi que sur les jambes ; elle peut d'ailleurs apparaître par transport du principe nocif sur toute autre partie du corps (face, organes génitaux).

C'est au printempe et au commencement de l'été pour le P. sylvestris, c'est en juin, Juillet et août pour le P. urens que les accidents sont les plus fréquents.

M. Plissonneau insiste sur la différence entre l'éruption due au P. sylvestris et celles produites par d’autres végétaux, différence consistant surtout dans la desquamation en aires polycycliques et la longue durée de l'affection qui est ordinairement de deux mois.

L'épiderme inférieur de la feuille et celui de la tige sont dans les différentes espèces de Pas{inaca recouverts de nombreux poils tecteurs unicellulaires, à paroi très épaisse surlout vers la pointe qui paraît avoir été véritablement renforcée ; ces poils sont durs, rigides, allongés et ordinairement courbés. La paroi montre des ondulations cuticulaires, comme d'ailleurs l'épi-

! Plissonneau, De la dermile causée par le Pastinaca sylvestris (thèse de Médecine), Bordeaux, 1906.

? Ginestet, Etude botanique et toæicologique du Pastinaca urens Req., Montpellier, 1906 (thèse de Doctorat en Pharmacie),

derme tout entier. Il existe aussi des poils beaucoup plus courts mais de constitution analogue.

M. Plissonneau considère comme glabres les feuilles du Panais cultivé, j'ai examiné un grand nombre d'échantillons de variétés dites Panais long, Panais rond et Panais amélioré, et j'y ai trouvé de nombreux poils semblables aux précédents, mais moins longs et plus spécialement localisés sur les nervures saillantes de la face inférieure.

M. Plissonneau pense, ce qui est en effet fort vraisemblable, que les poils en question sont les agents mécaniques de l'introduction du suc qui amène l’éruption. M. Ginestet a montré qu'il suffisait d'appliquer sur la peau la section fraîche d’une tige de Panais, pendant quelques instants, pour voir apparaître d’abord une tache rouge puis quelques jours après la vésicule caractéristique.

Les recherches chimiques de M. Ginestet lui ont permis d'isoler une essence et deux extraits, ces trois corps ne sont pas irritants, mais 1l a décelé dans le suc un ferment du groupe des peroæydases etil pense que c'est par l'action de cet enzyme que le principe vésicant perd ses propriétés.

Les Berces (/leracleum) sont des plantes bisannuelles ou vivaces; 1. Sphondylium est une espèce très commune dans les prés, talus, prairies dans les bois-taillis, elle est connue sous les noms de Grande Berce, Panais des vaches, Branc-Ursine, etc.

H. alpinum est une espèce des Alpes et de la Provence, ZI. villosum (ou H. giganteum Fisch., est une

espèce du Caucase communément cultivée pour la décoration des jardins et des parcs.

Ces diverses plantes occasionnent des accidents du même genre que ceux produits par les Panais.

Costantin et Gave ! disent à propos du Mal du Panais que les feuilles de la Berce branc-ursine produisent également ce mal.

Dans les jardins botaniques, les Berces sont bien connues à ce point de vue: au Parc de la Tête-d'Or, chaque année en mettant des tuteurs aux plantes, en nettoyant la plate-bande aux HJeracleum, les jardiniers s’aperçoivent ensuite qu'ils ont de la démangeaison ainsi que des vésicules isolées sur les bras et sur les mains; ces vésicules disparaissent en laissant après elles une cicatrice ressemblant à une cicatrice de brûlure. J'ai recueilh plusieurs récits de ces accidents.

B..., jardinier au Parc, s'aperçut deux jours après avoir nettoyé la rangée des Heracleum, qu'il avait au bras une démangeaison persistante: il constata alors sur tout le bras et principalement dans la région du coude une éruption qu'il compare à des « boutons de chaleur », il s'ensuivit une cuisson intense, 1l lui semblait, dit-il, avoir le bras dans le feu.

L'éruption s'étendit également à une partie de la poitrine.

Le grattage inévitable amena de l'ulcération d'où infection et prise des ganglions axillaires.

Le médecin qu'il consulta au bout de quelques jours crut avoir affaire à de l'eczéma, avant de connaître la genèse exacte de l'affection.

La guérison survint au bout d'un mois environ, mais la démangeaison persisla quelque temps encore après.

Un autre jardinier, M..., a eu une semblable affection de même provenance, mais de forme moins grave,

! Flore populaire de la Savoie.

Plusieurs autres encore ont été victimes du contact des Jeracleum sans pouvoir préciser l'espèce, puisqu'il y en a un certain nombre côte à côte dans la même rangée.

Tous ces /leracleum sont munis de poils lecteurs rappelant ceux des Panais, mais généralement plus massifs, leur forme est assez variable et la cellule unique qui les constitue présente des aspects divers, conique, où plus où moins cylindrique, mais toujours à l'extrémité se trouve une pointe fortement épaissie el aiguë qui peut agir mécaniquement et aussi servir d'agent d'introduction au principe irritant contenu dans les tissus.

Voici maintenant diverses observations qui ont été publiées à propos de chacune des trois espèces signalées.

Cornevin rapporte les faits suivants, à propos de la Berce Branc-Ursine :

« La Berce Branc-Ursine ou Héraclée commune (Heracleum Sphondylium L.), dit-il, très abondante dans beaucoup de prairies et habituellement inoffensive, a été accusée d'avoir produit, dans des circonslances spéciales, des accidents sur les personnes ou les animaux. "Ces accidents ont élé observés en Belgique et on les a désignés sous le nom de Panaisie ou mal du Panais, parce que dans ce pays la Berce est vulgairement appelée Panais des vaches,

Un des cas les plus typiques fut observé sur une escouade d'ouvriers qui, au MOIS d'août 1856, par un temps très brumeux et très chaud, l'air étant chargé de rosée, fut employée à arracher des pieds de Berce dans un parc, à Hambraine.

Presque tous les ouvriers éprouvèrent dans la journée ou le

lendemain une sensation de cuisson intense surle bras gauche et, autour des poignets, une inflammation érysipélateuse se développa, avec complication de nombreuses phlyctènes qui s'ouvrirent pour faire place à des petites plaies. Il y eut ainsi une sorte de vésication, qui mit fort longtemps à se cicatriser et qui occasionna un arrêt de travail de dix et même vingt jours.

Quelques bêtes bovines, auxquelles on avait donné les plantes qu'on arrachait, ressentirent de l'irritation gastro-intestinale, une soif très vive et de la diarrhée ; il faut dire que les ouvriers occupés au sarclage avaient relevé leurs manches et qu'arrachant la plante de la main droite, ils la déposaient sur le bras gauche jusqu'à ce qu'ils en eussent une botte qu'ils allaient Jeter. On nota que les ouvriers arrivés les premiers et qui avaient commencé leur travail à la pointe du jour eurent des accidents beaucoup plus graves que les retardataires arrivés seulement alors que le soleil dissipait le brouillard et la rosée.

« On a multiplié les hypothèses pour expliquer les accidents d'Hambraine et ceux qui se reproduisirent à plusieurs reprises dans d'autres localités de la Belgique. H. Rodet, que ces faits avaient beaucoup intrigué, pensait que dans des conditions qui restent à déterminer, mais où l'humidité et l'absence du soleil tiennent la première place. la Berce devient pauvre en huile essentielle et qu'elle élabore un principe âcre et vénéneux, semblable à celui que produisent beaucoup d’Ombellifères. La Commission belge, chargée de l'étude de la Panaisie faisait jouer le rôle principal à l'huile volatile que la Berce renferme normalement. Pendant le jour, cette huile s’évapore au fur et à mesure de sa formation, mais, par une matinée brumeuse sans soleil, dans une prairie chargée de rosée, elle se condenserait au lieu de se volatiser, puis se dissoudrait dans la rosée qui couvre la plante ; de là les propriétés irritantes de celle-ci. »

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