‹ Contribution à l'étude de l'origine végétale de certaines dermatitesChapitre 17 sur 20 · ES RE · texte numérisé non relu

ES RE

Quant à la Berce alpine, 1, alpinum, Jj'emprunte aux Annales de la Société Botanique de Lyon l'obser-

vation suivantie!, relatée par mon éminent collègue

M. le D' Gillot, d'Autun.

A la suite de l'herborisation faite par la Société botanique de Lyon à Hauteville, le 23 juin dernier, à laquelle j'ai pris part et dont le principal objectif était pour moi la récolte de l'Heracleum alpinum il m'est arrivé, de ce fait, une petite mésaventure susceptible d'intéresser mes collèvues.

Voici les faits : J'avais récolté une brassée de tiges entières d'Heracleum alpinum, me proposant de choisir les échantillons à conserver pendant la sieste qui devait avoir lieu à la Grange du Vely. J'ai donc porté pendant une demi-heure, entre 11 heures et midi, cette charge d'{/eracleum sur mon bras gauche et, pour me soulager, ] en ai soutenu l'extrémité avec la main droite. Tout s'est bien passé sur l'heure et, à la fin, j'ai eu la satisfaction de rapporter la quantité voulue de beaux exemplaires d'Æeracleum. Le lendemain, vingt-quatre heures après, j'ai senti une vive cuisson sur le dos de la main gauche, à la racine du pouce d'abord, puis sur toute la partie externe de la main et le poignet.

Des phlyctènes ont apparu isolées d'abord, puis confluentes; la main a enflé rapidement et le tout était transformé le soir même en un véritable vésicatoire. En même temps, quelques vésicules apparaissaient à la main droite, à la base du pouce et au poignet, prenant le même aspect qu'à la main gauche. J'ai cru d'abord avoir été piqué par un taon ou une mouche malpropre, ne pensant nullement à incriminer mon herborisation de la veille. Mais l'évolution du mal m'a bientôt ramené à la réalité Il a été évident pour moi que l'action vésicante du suc de l’Æeracleum alpinum était l'unique cause du phénomène; la vésication ne s'était produite que sur les parties des mains qui avaient été en contact prolongé avec la plante.

Je dois ajouter que j'en ai élé très incommodé, que les plaies ont été longues à guérir et qu'aujourd'hui, quinze jours après, l'épiderme est à peine reformé.

1 Annales Soc. Bot. Lyon, t. XXVI, 1901. Notes et Mémoires, P. 129.

« Cette action irritante de l'/leracleum alpinum, ne m'a pas beaucoup surpris, car c'est à la tribu des Daucées qu'appartiennent les Thapsia aux propriétés vésicantes bien connues et j'avais maintes fois remarqué le suc que laisse sourdre la section d'une tige ou d'une racine d’Aeracleum Sphondylium, sous forme de résine se coagulant et se colorant à l'air, et du reste l’odeur aromatique, presque fétide, de la plante le fait supposer, sans compter que le bétail l'évite dans les pâturages...

« Les plantes que j'ai récollées au Golet de la Rochelte, le 23 juin dernier étaient bien développées et de grande taille, très odorantes quand on les brisait. Elles croissaient sous bois, par conséquent dans un air humide, une station ombragée, malgré la température élevée.

« Il faut ajouter que la plante est couverte, comme toutes les grandes Berces, de poils raides dont j'ai parfaitement senti la piqüre ou le gratlage sur la main. Il est donc probable que les mains et les poignets à épiderme plus ou moins ramolli par la chaleur et excorié par les soies et les angles des tiges, ont offert une porte facile de pénétration à l'huile essentielle ou à la résine caustique de la plante. »

M. le D' Gillot a constaté sur lui, comme en Belgique la lenteur de l’action irritante, le développement tardif des phlyctènes et le gonflement érysipélateux qui s'est même prolongé au bras gauche, avec sensibilité des ganglions axillaires,

Dans la liste supplémentaire de son livre, White, en 1909, à signalé un cas de dermalite rapporté par

le D' Stowers dans les Transactions of the Dermatological Society of Great Britain and Ireland.

Fic. 30. — Angelica Archangelica.

I s’agit d’un jardinier « dont les bras et les mains furent enflammés par les jeunes pousses du Panais des

vaches /1. giganteum où I. villosum ».

C'est également dans cette réunion que l'Angélique fut mise en cause.

L'Angélique officinale (Angelica Archangelica L. ou Archangelica officinalis Hoff., (fig. 30), est une plante herbacée normalement bisannuelle qui croît sur les montagnes du Nordet du Midi de l'Europe et qui est cultivée en France surtout en vue de la confiserie en raison de ses propriétés aromatiques.

Dans la séance, citée plus haut, de la « Dermatological Society », le D' Walsh présenta un confiseur dont les bras et les mains étaient devenus « rouges, rudes, et couverts d'ampoules », le lendemain du jour où il avait cueilli de l’Angélique pour confire ; un ami qui l’assistait avait été atteint de la même façon.

Araliacées

Aralia spinosa L.

Ce bel arbrisseau, connu sous le nom d’Angélique en arbre, est originaire de l'Amérique du Nord.

Il se cultive chez nous, dans des endroits chauds et abrités, comme plante d'ornement. Aux Etats-Unis on l'emploie en médecine et White signale l'écorce fraiche de la racine ou des jeunes tiges comme amenant de l'irritation sur les mains des récolteurs.

GAMOPÉTALES

Rubincées.

Cephaelis Ipecacuanha Rich.

Cinchona (Weddell).

Il est inutile de décrire ici le port et l’habitat de ces végétaux puisque ce ne sont pas eux-mêmes qui sont en cause mais les drogues qu'ils fournissent à la matère médicale.

C. Ipecacuanha est la plante dont la racine est utilisée sous le nom de racine d'Ipéca, Ipéca annelé mineur comme vomitive et antidysentérique.

Sa pulvérisation provoque chez certains ouvriers des ophtalmies intenses et des accidents cutanés, aussi la poudre a-t-elle été employée en EU comme rubéfiant et même vésicant. Ce n’est pHVPemétine qu'elle contient qui est douée de cette action, les raphides dont ses parenchymes sont abondamment pourvus n’y sont sans doute pas étrangères.

Bazin a étudié expérimentalement son action à l’aide d’une pommade au tiers: les frictions aboutissent à l'apparition d'une dermite à grosses papules, avec une cuisson vive immédiate précédant et accompagnant l'érythème, puis un prurit intense, parfois intolérable pendant la nuit, quand l’éruption papuleuse est bien manifeste.

Il faut de un à deux septénaires pour que toute trace de lésion cutanée se soit complètement effacée.

Le genre Cinchona comprend les diverses espèces qui fournissent les écorces de Quinquinas vrais.

En Allemagne et en France, plus rarement en Angle-

terre, les ouvriers employés à la fabrication du sulfate de quinine sont sujets à des troubles cutanés assez graves pour les obliger parfois à changer d'occupation.

On n'est pas absolument fixé sur la cause de ces troubles, s'il s'agissait des fibres prurientes des écorces, les ouvriers qui les pulvérisent devraient surtout être atteints.

Or l'enquête faite par Chevallier et dont Bazin donne les conclusions a montré que ces accidents atteignent presque exclusivement : 1° les ouvriers qui font bouilhir les écorces; 2° ceux qui convertissent la quinine en sulfate; 3° ceux qui mettent le sulfate en flacons.

Ces accidents ont été parfois observés sur des personnes séjournant simplement dans les fabriques sans y travailler.

Ces éruptions cutanées consistent en rougeurs, vésicules, pustules, croûtes siégeant aux mains, aux avantbras, à la face, aux parties génitales et pouvant même se généraliser sur tout le corps, elles sont accompagnées d’un violent prurit.

On a signalé en outre, en Allemagne, une fièvre dite fièvre de quinquina frappant uniquement les ouvriers employés au moulin et très exposés à la poussière de quinquina. Cette fièvre se guérit très bien sans médicalion el crée pour l'avenir une véritable immunité.

La durée de l'éruption est en moyenue de quinze jours à un mois, mais peut être beaucoup plus longue.

L’enquêle conclut, comme cause, à l’action d'un principe émané du quinquina et non à une action mécanique de l’écorce.

Bazin a publié en outre deux observations se rappor-

tant à des ouvriers travaillant à la préparation du sulfate de quinine.

White a eu la confirmalion de ces accidents chez un grand industriel de Philadelphie.

Quelle qu'en soit la cause précise, l'existence de cette dermatite professionnelle des ouvriers travaillant le quinquina et préparant la quinine paraît incontestable.

Campanulacées.

Lobelia inflata L.

— syphilitica L.

— urens L.

Les deux premières sont américaines, mais peuvent être cultivées chez nous en pleine terre ou en serre, la Cardinale bleue (L. syphilitica) est cultivée ainsi depuis longtemps.

La Lobélie brülante {L. urens) croît dans les prairies herbeuses du Nord, du Centre et de l'Ouest de la France.

Elles possèdent un appareil sécréteur interne constitué par des lalicifères articulés ; le latex qui y est contenu rappelle par ses propriétés celui des Euphorbes, ilest toxique à l’intérieur et vésicant à l'extérieur.

« Ces plantes contiennent un sue laiteux narcotique et d’une âcreté telle qu'il corrode la peau, et que, pris à l'intérieur, dit Cauvet, il détermine une inflammation mortelle. Aussi faut-il les employer avec les plus grandes précautions. » Piffard signale également les

propriétés vésicantes de la Lobélie enflée (L. inflala).

Composées.

Lappa.

Cynara Scolymus L.

Erigeron canadensis L.

Arnica montana L.

Chrysanthemum Leucanthemum L.

Anthemis cotula |.

Anacyclus Pyrethrum Schad.

— officinarum Hayn.

Pyrethrum roseum lLindl.

Humea elegans Sm.

Xanthium strumarium L.

Ces Composées ont toutes, à des degrés ou des titres divers, été accusées de provoquer des dermatites et il faut reconnaître que pour plusieurs les preuves sont bien fragiles.

La Grande Bardane (Lappa major Gaertn), encore appelée Herbe aux teigneux ou Herbe aux pouilleux, est une plante bisannuelle, d'allure très polymorphe, qui croit au bord des chemins et dans les lieux incultes. Sa racine, qui a Joui autrefois d'une grande réputation contre la syphilis dont elle aurait guéri Henri IT, est est encore employée contre le rhumalisme et en décocüons anliprurigineuses, White signale l'action rubéfiante des feuilles, et Cazin dit en effet les avoir fréquemment employées pour remplacer les emplâtres de Poix de Bourgogne.

L. minor D. C., Peüte Bardane, et L. {omentosa Lam., sont des espèces très voisines, jouissant des mêmes propriétés.

L'Artichaut commun, Cynara Scolymus, n'existe nulle part à l'état spontané, d'après de Candolle, mais est cultivé depuis fort longtemps dans les potagers.

Actuellement, il est très cultivé dans certaines régions de la France, en particulier dans l'Ouest.

C'est là que M. le D" Labarrèret a étudié la dermaüte professionnelle des cultivateurs d'artichauts.

Il en signale également l'existence en Bretagne, à Roscoff où elle est moins fréquente, en revanche elle est à peu près inconnue à Niort et dans le Midi, peutêtre parce que les artichauts violets du Midi se récoltent pendant la saison froide, d'octobre à avril, tandis que les artichauts blancs du Médoc se récoltent pendant la saison chaude,

Or, le latex est beaucoup moins abondant et paraît moins caustique pendant l'hiver; ce qui montre l’atténuation de sa causticité, c'est ce fait que les lésions n'apparaissent plus après le mois de septembre.

Les lésions sont des papules acuminées, des vésicules, ou des vésico-pustules, quelquefois un aspect pemphigoïde. Elles siègent habituellement aux mains, sur les poignets et les avant-bras, à la face avec conjonctivite et enfin aux organes génitaux de l'homme, où on trouve de l'œdème de la verge et des bourses.

Ici encore, certains individus, les débilités plus spécialement, ont une susceplibilité particulière.

La Vergerette du Canada, Erigeron canadensis, est une plante annuelle, mauvaise herbe, qui nous est venue de l'Amérique du Nord, et a envahi tous les terrains vagues,

Dans son pays d’origine, elle est considérée comme

4 Labarrère, Des éruptions provoquées par le contact de l'Arlichaut (thèse de Bordeaux, 1902).

douée de propriétés irritantes et White indique une référence à ce sujet.

Arnica montana L. (fig. 31) est une herbe vivace

F1G. 31. —" Arnica montana.

des pâturages de montagnes, en terrains siliceux, dans les Alpes, les Pyrénées, les Vosges, les Cévennes et même dans les plaines sablonneuses des Landes et de la Sologne ; la plante a joui d'une réputation considérable maintenant bien oubliée; seule la teinture de fleurs est restée un médicament populaire fort employé, dans le cas de chute ou de contusion, à l’intérieur et au dehors.

White décrit, entre beaucoup d’autres dit-il, trois

Gt

cas d’éruptions papulo-vésiculeuses causées par l’application de compresses imbibées de teinture d’arnica.

Fox, dans ses remarques sur les éruptions médicamenteuses! dit : « L'arnica peut produire de l'érythème et de l’enflure de la partie sur laquelle il est appliqué, 1l peut même produire un véritable eczéma. »

Piffard, remarquant que tous les cas décrits se rapportent à l'action de la teinture de fleurs, s’est demandé si cette action ne serait pas due aux larves d’un insecte dont les fleurs sont fréquemment remplies, l’A fheris maculalus.

Mais Oesterlen et le National Dispensatory disent les racines douées de propriétés irritantes aussi bien que les fleurs.

Des faits plus surprenants sont ceux qui se rapportent à notre Grande Marguerite, Chrysanthemum Leucanthemum L., herbe vivace dont les capitules décorent nos prairies pendant (out l'été et qui s’est répandue, aussi abondamment qu'en Europe, en Amérique où elle aété accusée de provoquer des dermatites.

White cite le cas d’un médecin qui ayant cueilli quelques-uns de ces capitules eut une éruption papuleuse et vésiculeuse des doigts.

Le D'James S. Howe a publié? un certain nombre

d'observations à ce sujet, en voici le résumé :

Cas I. — Petite fille âgée de six ans. Deux de ses frères et une de ses sœurs étant allés à la campagne lui rapportérent des

brassées de Grande Marguerite. Elle joua avec ces fleurs pendant

{ Skin Diseases, London, 1873.

? Boston Medical and Surgical Journal, 10 mars 1887, traduit et analysé dans les Annales de Dermatologie et Syphiligraphie, 1887.

une demi-heure dans sa chambre : elle était sans bas et sans souliers. Le lendemain matin, ses pieds, ses bras, ses parties génitales, ses mains et sa figure étaient le siège d'une dermite intense.

Lorsque l'auteur la vit dans l'après-midi, il s'était produit de petites vésicules serrées les unes à côté des autres et disposées en groupes de formes variables sur les régions affectées.

Elles s'accompagnaient d'un prurit intense et au bout de vingtquatre heures presque toutes s'étaient rompues. Peu à peu tous les symptômes se calmèrent, et il se produisit une exfoliation très abondante de l'épiderme. En dix jours, environ, la peau avait repris son aspect normal. La petite malade avait déjà eu deux éruptions causées par le sumac.

Cas IT. — Petite fille âgée de cinq ans. Elle présentait une éruption à la face dorsale des mains, et entre les doigts, où elle était constituée par des vésicules presque confluentes. Ce qui attirait surtout l'attention chez elle, c'était une bande très nettement érythémateuse qui occupait le front et gagnait les oreilles: en l'examinant de très près on voyait qu'elle était constituée par de petites papules, qui ça et là étaient déjà devenues des vésicules, et avaient toutes de la tendance à la vésiculation. Sur le visage et le menton, il y avait aussi de petites plaques d'une éruption papuleuse, surtout marquée à la lèvre supérieure, au bout du nez, à la paupière supérieure droite, dont l'ædème était assez accentué pour fermer l'œil en partie. L'enfant avait cueilhi la veille de grandes marguerites: la mère les avait tressées en une couronne que l'enfant avait portée sur la tète pendant quelque temps.

Cas IT. — Jeune fille âgée de dix-huit ans et ayant eu, pendant sa jeunesse et à plusieurs reprises, des accidents causés par le sumac, avec cette particularité que les éruptions étaient de moins en moins fortes, de sorte qu'elle était convaincue que cette plante était devenue pour elle relativement inoffensive. Ayant cueilli, un jour, des grandes marguerites, elle ne put dormir de toute la nuit, à cause d'une vive sensation de prurit et de brûlures qu'elle éprouvait aux mains, aux avant-bras et au visage, Le lendemain matin, toutes ces parties étaient tuméfiées. Entre les doigts et sur les avant-bras se voyaient des vésicules nom-

breuses, presque confluentes; le dos des mains et le visage ne présentaient encore qu'une éruption de petites papules, avec gonflement et rougeur marqués. Les phénomènes douloureux étaient si intenses, que pendant trois nuits la malade fut obligée de prendre des opiacés. Le lendemain, la vésiculation s'était partout produite, et l'aspect des mains était tout à fait celui du cheïro-pompholyx. L'année suivante, la malade eut encore l’imprudence de cueillir des grandes marguerites et le résultat fut à peu près le même, quoique l'éruption ait présenté un peu moins d'intensité,

Cas IV. — L'auteur a été lui-même deux fois victime des grandes marguerites. Pendant son enfance, il a eu, à plusieurs reprises des accidents graves causés par le sumac et le cornouiller; ces éruptions devinrent de moins en moins fortes de sa huitième à sa seizième année; à partir de cette dernière époque ces deux plantes semblèrent ne plus avoir sur lui d'action nuisible. Il y a six ans, il eut l'imprudence de cueillir des grandes marguerites ; la nuit suivante il fut réveillé par une violente sensation de prurit ; au matin, il s'aperçut que ses mains et que ses bras jusqu'aux coudes étaient recouverts d’une petite éruption composée de papules disposées en groupes d'étendue variable sur un fond d'un rouge livide. Le visage avait le même aspect, les yeux étaient en partie fermés par l'œdème des paupières.

Le soir du même jour, les papules étaient devenues des vésicules; vingt-quatre heures plus tard, les vésicules apparurent sur la paume des mains et la face inférieure des doigts. Il ne se forma pas de vésicules sur la figure, sauf quelques-unes sur le menton. Les sensations douloureuses de brûlure et de prurit étaient tellement intenses qu'il fallut prendre de l'opium pour dormir jusqu'à ce que les symptômes aigus se fussent apaisés. Toutes les surfaces atteintes desquamèrent,

En juillet 1886, l'auteur eut de nouveau l'imprudence de cueillir une grande marguerite et d'en rouler la tige entre le médius et l'index; la nuit suivante, il fut réveillé par du prurit et le lendemain, il s'aperçut de la présence d’une éruption vésiculeuse sur les parties latérales des doigts que la plante avait touchés.

J'ai cru devoir citer ces observations parce que la Grande Marguerite est une plante communément cueillie sans inconvénients en France pour en faire des bouquets, tresser des couronnes avec les capitules ou jeter au vent les demi-fleurons en interrogeant l’oracle.

J'ai essayé, sans succès, de provoquer cette dermamatite avec la Grande Marguerite ; les inflorescences entières ou contusées, appliquées sur les avant-bras pendant deux, quatre et même douze heures n’ont rien produit.

On peut voir, par les observations citées plus haut, que plusieurs cas se rapportent à des personnes ayant une susceplbilité particulière vis-à-vis des 1rritants végélaux et ayant même été l'objet d'éruptions dues au Sumac, ce qui a pu augmenter encore celte susceptibilté de la peau.

La Grande Marguerite est d’ailleurs une plante qui, outre les canaux sécréteurs oléo-résineux des Composées -Radiées possède un appareil sécréteur externe.

Feuilles, pédoncules et bractées de l’involucre sont plus où moins couverts de poils formés par une file de quatre à huit cellules dont la dernière ou les deux dernières sont glanduleuses, c'est probablement là la cause des singuliers accidents signalés.

La Camomille puante où Maroute, Anthemis cotula, ou Maruta cotula est également une plante européenne, très répandue le long des routes, qui s’est naturalisée en Amérique où elle est signalée dans le Dis-

. pensalory comme capable de provoquer des ampoules sur la peau.

Le P yrèthre d'Afrique, Anacyclus Pyrethrum, fournit la racine de Pyrèthre, à propriétés irritantes bien connues, le Pyrèthre d'Allemagne, A. officinarum, a des propriétés analogues.

On cultive dans les jardins Pyrethrum roseum, dans un but décoratif, c’est une espèce qui concourt avec P. carneum Bieb., et P. cinerarifolium Trev., à la production de la poudre insecticide produite par la pulvérisation des capitules de ces plantes.

La poudre en question a parfois produit des érupions; les propriétés toxiques des capitules sont dues à une abondante oléo-résine contenue dans les canaux secréteurs et à une huile essentielle contenue dans les poils glanduleux.

Humea eleqans est une belle plante bisannuelle originaire d'Australie, cultivée pour ses grandes inflorescences à ramifications souples, pendantes et à reflets soyeux très élégants.

Le D' Hearnden a décrit! le cas d’une dame qui présentait une dermatite eczémateuse de la face, à la suite du frottement des fleurs de cette plante sur sa voilette.

Il a lui-même, par le frottement de ces fleurs sur son bras, pu amener à bref délai une fine éruption papuleuse.

“Enfin la Lampourde, Xanfhium strumartum, Herbe aux écrouelles, plante annuelle qui croît sur le bord des chemins, le long des haies, dans les fossés, etc..., employée comme amère, astringente et pour la teinture, est citée par White comme ayant provoqué

! London Lancet, 26 juillet 1902.

des démangeaisons, probablement par les poils dont

elle est couverte.

Ericacées

Andromeda arborea L.

Pirola umbellata L.

La première espèce, encore appelée Oxydendrum arboreum DC, est un arbre qui peut atteindre jusqu’à 12 mètres de hauteur et qui croît en Amérique, dans les Etats du Centre et du Sud, mais il se cultive en France.

La manipulation de l'écorce et des feuilles a provoqué en Amérique, au dire de White, des accidents cutanés.

De même, notre rare Pirole à ombelle {Pirola umbellata L., Chimaphila umbellata Pursh), plante vivace qu'on ne trouve guère en France que dans les forêts des Vosges, est très commune dans l’Amérique du Nord et au Canada. Elle y est employée comme diurétique (d’où son nom de pippisewa, herbe à pisser).

D'après le National Dispensatory, les feuilles fraiches écrasées et appliquées sur la peau amènent de la rougeur et même de la vésication.

Bigelow signale également son action vésicante.

Primulacées

Primula cortusoides L.

— obconica Hance.

— sinensis Sabine.

Les Primevères sont des plantes herbacées vivaces,

dont plusieurs espèces sont indigènes et fort commu-

A0 — nes en France et on n’a jamais signalé d'accidents

cutanés dus à leur manipulation.

Fire. 32. — Primula sinensis.

Il n’en est pas de même des trois espèces citées

plus haut et qui ont été introduites plus ou moins récemment dans les cultures florales.

La plus ancienne est P. sinensis, Primevère de Chine (fig. 32); introduite dans l'horticulture françase depuis 1820, elle a donné depuis un grand nombre de variétés très cultivées dans les jardins et comme plantes d'appartement car on peut les avoir en fleurs pendant tout l'hiver.

FiG. 33. — Primula cortusoides.

P. obconica est beaucoup plus récente, puisque Hance l’a décrite en 1880, d’après des échantillons recueillis en 1879 en Chine, province de Hou-Pé. Elle a eu rapidement une très grande vogue grâce à la facilité de sa culture et à sa floraison permanente, et elle se rencontre actuellement dans toutes les décorations florales de tables, d'appartements, ete.

P. cortusoides (fig. 33), originaire de Sibérie, est moins universellement répandue, elle n'a pas la longue floraison des précédentes, aussi a-t-on, avec elle, des contacts moins fréquents.

- Ces trois espèces ont causé des dermatites, mais le plus grand nombre est dû à P, obconica.

C'est T.-C. White qui a publié les premières observations relatives à des éruptions causées par celte dernière, dans Garden and Forest', 5 mai 1888 et 20 février 1889, et dans le Boston Medical and Surqical Journal, 1° mai 1800.

Entre temps, le Gardener's Chronicle etle British medical journal publiaient de nouvelles observations.

Elles se sont fort mulupliées depuis et des études d'ensemble ont été publiées à ce sujet par Nestler, en 1900, par M. le professeur Dubreuilh, de Bordeaux, en 1904, et par M. le D: Thooft, médecin de l’armée belge, en 1907.

On peut, dès lors, dégager de tous ces travaux les caractères principaux de ces éruptions.

Au point de vue de la susceptibilité, beaucoup de personnes peuvent manier impunément les primevères sans en éprouver d'inconvénient ; ceci résulte des observations et des expérimentations.

C’est ainsi que les expériences faites à Prague ont montré que l'application autour du poignet de feuilles, de tiges et de pétioles de P. ohbconica amenait très rapidement, chez l’un des sujets, l'effet cherché, tandis que chez un autre rien ne se produisait.

Nestler, en s'appliquant pendant deux heures des fragments de péliole sur la peau, a eu, le lendemain, du prurit, le surlendemain, de l’érythème, el les jours suivants, des vésicules.

{ Journal horticole anglais.

M. le professeur Dubreuilh a renouvelé ces expériences sur lui-même sans aucun succès, soit avec P. obconica, soit avec P. corlusoides.

Quant à la forme même des accidents, M. le professeur Dubreuilh distingue une forme aiguë et une forme chronique.

Les éruptions aiguës sont produites par un petit nombre de contacts, quelquefois mème par un seul.

Après quelques heures, ou le lendemain, le malade éprouve une vive Cuisson, puis la peau rougit, s'œdématie et se couvre de fines vésicules cohérentes ou même de bulles dont la rupture laisse des surfaces excoriées el suintantes.

L'éruplüion continue à s'étendre pendant quelques jours, puis s'atténue et guérit lentement.

Elle est accompagnée d’un prurit violent surtout la nuil. |

Quand l’éruption est intense et très étendue, elle s'accompagne de phénomènes généraux, céphalalgie, agitation, parfois fièvre intense. L'insomnie est due surtout aux vives démangeaisons éprouvées par le malade.

C'est aux mains que l'érupton siège le plus souvent, ce qui se conçoit facilement puisque, comme on le verra plus loin, c'est en touchant ces plantes que la substance irrilante se fixe sur la peau.

En même temps que les mains (face dorsale et parties latérales des doigts) la face est presque toujours atteinte : elle peut devenir rouge et gonflée au point de rappeler l'aspect de l'érysipèle, le malade parfois ne peut plus ouvrir les yeux.

Cette localisation à la face et aux mains n'est pas exclusive, toutes les parties du corps peuvent être atteintes, car il suffit parfois d’un très léger contact pour amener l'érupton.

Piza a constaté ainsi une érupüon sur la poitrine d'une dame qui avait porté, étant décolletée, un bouquet de P. obconica à son corsage.

Une autre personne a été atteinte d'eczéma du front parce qu elle heurtait les fleurs fréquemment en consultant un thermomètre pendu à la fenêtre.

Une dame, en regardant fréquerament dans son « espion » ce qui se passait dans la rue frôlait continuellement les primevères placées sur la tablette de la fenêtre et elle présenta bientôt une éruption eczémateuse du nez et des joues.

Barton a signalé un gonflement du pénis. Enfin, Kirk a observé une inflammation de la muqueuse buccale et des lèvres chez une dame qui avait l'habitude de mâcher des fleurs de primevères.

Entre les éruptions aiguës et les éruptions chroniques il y a des transitions; ces dernières sont dues à des contacts fréquemment renouvelés.

Elles se présentent avec l'aspect d'un eczéma à poussées aiguës et suintantes, localisées aux mains, au visage etau cou : « La peau est rouge, un peu gonflée, couverte d’une desquamation lamelleuse modérée avec un prurit violent: de temps en temps surviennent des recrudescences, des poussées aiguës avec gonflement, rougeur plus vive, la peau se couvre de petites vésicules qui se rompent au bout d'un où deux Jours, puis le

suintement se concrète en croûtelles jaunes ambrées ; le

gonflement diminue, la desquamation s'établit mais de nouvelles poussées aiguës empêchent la guérison de se faire » (Dubreuilh).

Pour distinguer cette affection de l’eczéma vrai, on remarquera la localisation exclusive aux mains et à la face (en général), le séjour au lit ou le déplacement amenant la guérison, le retour dans le milieu habituel provoquant au contraire la récidive.

Quant aux espèces incriminées, dans la plupart des cas, c’est P. obconica qui est en cause ; c’est elle qui à Lyon a occasionné les éruplions dont plusieurs jardiniers du Pare de la Tête-d'Or ont eu à souffrir.

La Primevère de Chine, P. sinensis, si répandue, a été considérée pendant fort longtemps comme inoffensive ; l'attention ayant été appelée sur elle par les méfaits de la P. obconica, on a signalé plusieurs cas d’éruptions provoquées par son contact {Petrus, 1900; Michaël cité par Wollers, 1900; Gassmann, 1902, ete.).

Retzdorff, en janvier 1904, a publié la eurieuse observation d'une dame qui, depuis sept ans, avait chaque année une poussée violente d’eczéma des mains et de la face. Cette éruplion se produisait régulièrement dans la seconde quinzaine d'octobre et, rebelle à tous traitements, ne disparaissail qu'au printemps.

Or tous les ans, le 15 octobre, jour de sa fête, elle recevait plusieurs pots de P. sinensis qu'elle soignait elle-même et gardait dans son apppartement jusqu'à ce que, le printemps venu, elle les mit au jardin.

La suppression des Primevères guérit radicalement l'éruption.

La P, corlusoides a été beaucoup plus rarement mise

en cause, cependant M. le professeur Dubreuilh a

publié à son sujet l'intéressante observation que voICl :

M. D..., âgé de soixante-cinq ans environ, vint me consulter le 1** Juin 1898 pour une poussée d’eczéma aigu couvrant la face et la main droite. Cette poussée date de quelques jours et elle est la troisième depuis deux mois.

Depuis trois ans, cet eczéma reparaît chaque printemps avec des symptômes identiques et dure chaque année quelques mois.

Après des traitements divers, cet eczéma guérit dans le courant de juillet.

2 avril 1899. — Nouvelle poussée d'eczéma aigu occupant les paupières, le front, les joues. La peau est rouge, gonflée, granitée de vésicules. Les Jours suivants, l'éruption envahit les poignets et les mains. Pendant les mois d'avril et de mai, l'eczéma persiste sur les mains et la face, avec des poussées aiguës de temps en temps.

2 avril 1900. — Poussée d'eczéma aigu localisé aux paupières; pendant les mois d'avril et de mai, il se fait une série de poussées subintrantes sur la face et les mains.

15 avril 1901. — Récidive d'eczéma de la face et des mains procédant, comme les autres années, par poussées aiguës subintrantes ; elle finit par guérir dans le courant de juin.

5 avril 1902. — L'eczéma reparaît comme tous les ans avec les mêmes symptômes.

Rien, dans la santé générale de mon malade, ne justifiait un eczéma si tenace et surtout si récidivant : sa santé est excellente et son hygiène parfaite. Comme il est grand jardinier et a un jardin rempli de fleurs les plus variées, j'explorai minutieusement son jardin, à la recherche de quelque plante toxique, telle que le /?hus Toæicodermdron, qui est, en Amérique, une cause très fréquente d'éruptions analogues, ou la Primula obconica, qui est connue pour provoquer chez certaines personnes des éruptions érythémateuses ou eczématiformes, Je ne trouvai pas la Primula obconica, mais je trouvai un grand massif d'une autre espèce de primevères, la P. cortusoides, sur laquelle j'attirai l'attention de M. D... Il me fit remarquer que ces primevères étaient fort peu velues, tandis que la Primula obconica,

mn ÉTE =

dont il connaissait bien les effets, a des poils glanduleux hérissés comme ceux de l'ortie. |

En avril 1903, l'éruption se fit à la date habituelle, mais dura moins longtemps : elle était guérie au bout de trois semaines. Il est à remarquer que le malade, frappé de mes remarques à l'endroit de ses primevères, s'était abstenu d'y toucher depuis mon observation.

En avril 1904, je n'ai pas revu mon malade. Il est venu me voir à la fin de mai pour m'informer que, pour la première fois depuis neuf ans, il n'a pas eu de poussée d'eczéma cette année et qu'il croit pouvoir attribuer cette immunité à ce qu'il s'est abstenu complètement de toucher à ses primevères; il n'a plus cueilli une fleur et n'en a pas laissé entrer dans sa maison.

La cause de l'éruption est le produit de sécrétion des poils glanduleux dont ces plantes sont plus ou moins couvertes {sépales, pédicelles, pédoncules, et feuilles).

Pour la P. obconica, la preuve expérimentale a été faite par Nestler.

Les poils glanduleux sont en effet constitués par une file de cellules, quatre au moins dans les plus courts, un plus grand nombre dans les autres, la dernière ou les deux dernières de la file sont sécrétrices.

Le produit sécrété, hquide jaunâtre el visqueux, traverse la paroi et se diffuse au dehors en formant vers l'extrémité du poil une masse irrégulière dans laquelle se fixent des poussières et se forment des cristaux Jaunes, en forme d'aiguñles ow de prismes plus ou moins allongés,

Insoluble dans l'eau, ce produit est soluble dans la plupart des dissolvants neutres (alcool, chloroforme, benzine, etc.) Ayant recueilh ce liquide sur une lame de verre appliquée contre les pétioles, Nestler s'ap-

pliqua lui-même sur la peau cette lame ainsi chargée etil vit se produire l’éruption caractéristique.

On trouve des poils analogues dans P. corlusoides et dans P. sinensis, cette dernière est de beaucoup la plus abondamment recouverte de ces poils.

Il faut bien admettre cependant que le produit qu'elle secrète est moins dangereux que celui de la P. obconica puisque malgré sa plus grande abondance, il produit moins d'accidents. ;

Peut-être aussi ces produits de sécrétion ont-ils pour une même plante une loxicité variable suivant des conditions encore inconnues, car on a vu des jardiniers qui avaient manipulé les Primevèresen question sans inconvénients présenter tout à coup les éruptions qui chez d'autres se développent au premier contact.

: En se rappelant d'une part la solubilité dans l'alcool du produit de sécrétion des poils, et d'autre part la période d’incubation presque constante, variant de quelques heures à plusieurs jours, qui s'écoule entre le moment du contact et l'apparition de l'éruplion, on comprendra aisément qu'un lavage à l'alcool, fait aussitôt après le contact irritant, soit le meilleur moyen pour

empêcher l'éruplion de se développer.

Plumbaginacées

Plumbago europaea L.

La Dentelaire d'Europe, Malherbe, Dentaire etc., est une plante herbacée vivace qui pousse dans les heux stériles du Midi de la France, mais se cultive facilement dans le Nord. Les noms de Dentaire et Dentelaire rap-

pellent les propriétés que lui attribuaient les anciens de guérir les douleurs de dents.

La racine, très âcre, provoque la salivation quand on la mâche ; de même que les feuilles, elle provoque rapidement des nausées, vomissements, etc... et devient toxique dès que la dose s’élève. Elle possède, à l’extérieur, des propriétés nettement rubéfiantes et vésicantes dues à la Plombagine ou Ophioxyline, substance cristalhisable.

Elle a même longtemps été utilisée en Provence pour la guérison de la teigne et de la gale, mais Garidel a vu résulter de graves accidents de ce traitement empirique et Sauvages parle d'une jeune fille qui fut. en quelque sorte écorchée vive pour avoir fait usage de ce traitement.

Les auteurs de la Flore médicale, auxquels j'ai emprunté ces détails, ajoutent que toutes les parties de la plante peuvent être employées comme vésicatoire et Cazin témoigne de la promptitude de l'effet.

Des auteurs récents (Cauvet, Trabut, Beille...) signalent également ces propriétés rubéfiantes et vésicantes, possédées aussi par d'autres espèces exotiques.

Toutes les plantes du genre Plumbago sont âcres et vésicantes, dit Cauvet,

Or, plusieurs espèces sont cultivées comme ornementales, P. Capensis Thunb., à fleurs bleues donton tapisse les murs des serres el P. Larpentae Lindl., Joe plante d'ornement pour plates-bandes, bordures, en raison de ses fleurs d'abord bleu-cobalt puis violettes,

De Candolle à signalé des espèces de l'Inde (P. zey-

D à ste

lanica L. el P. rosea L.) employées comme vésicatoiré dans ce pays.

Apocynacées.

. Apocynum androsoemifolium 1.

— cannabinum L.

MNerium oleander L.

Plumeria rubra L.

Les A pocynum sont des sous-arbrisseaux du Midi de l'Europe, de l'Afrique et de l'Amérique du Nord.

À. androsoemifolium, Apocyn à feuilles d'Androsème, (robe-mouches, Tue-chien, Ipécacuanha d'Amérique, originaire de l'Amérique du Nord, se cultive en France comme plante ornementale,

Toute la plante contient, dans des laticifères inarticulés, un latex amer, vénéneux et vésicant,

Ce latex placé au contact de la peau la rubéfie et l'enflamme, dit Cornevin.

À. cannabinum, apocyn à feuilles de chanvre, également cultivé, jouit des mêmes propriétés. Il croît dans l'Amérique du Nord, depuis la Caroline jusqu'à la baie d'Hudson et passe pour un bon succédané de la digitale.

Les Plumeria sont des arbres, à port élégant, à parfum souvent très agréable, originaires de l'Amérique tropicale et naturalisés dans les régions intertropicales de l'Ancien Monde, mais dont plusieurs espèces (P. longifolia Lam, P. alba L., etc...) sont cultivées en serre.

Tous ces latex sont suspects, celui de P. rubraL. serait tellement caustique qu'il attaquerait le hinge.

Nerium oleander L., Laurier rose ou Laurelle

(fig. 34)-est un arbre qui croît spontanément dans la

région méditerranéenne, dans les ravins et au bord

F1G. 34. — Nerium oleander.

des cours d’eau; ailleurs, on le cultive en caisse pour le rentrer pendant l'hiver.

C'est un poison violent, amenant la mort par arrêt du cœur, son emploi en thérapeutique a été tenté à

plusieurs reprises sans s'êlre jamais généralisé,

. White le considère comme cul d'après plusieurs auteurs (Bigelow, Loudon, Van Hasselt, Piffard, etc...).

Son emploi dans la médecine populaire contre certaines maladies de peau est de nature à justifier cette assertion.

Boraginnacées.

Borago officinalis L.

Notre Bourrache officinale est une herbe annuelle, originaire du Levant, mais répandue maintenant dans tous les lieux cultivés et surtout dans les jardins où elle se développe avec la plus grande facilité.

Elle est cultivée en Amérique et White la cite parmi les plantes dont le contact irrite la peau. Si le fait est exact, cela tient sans doute à l'abondance de poils unicellulaires, à paroi épaisse, assez courts, mais rigides et pointus, dont tiges, feuilles, pédoncules, pédicelles et sépales même sont couverts.

Dans ce cas, il doit en être de même pour beaucoup d'espèces voisines, car ce caractère est très habituel dans la famille qui lui avait dû son ancien nom d'Aspérifolices.

Solannaeées.

Capsicum annuum JL.

Capsicum frutescens L.

Datura Stramonium L.

Les Piments sont les fruits de plusieurs espèces du

genre Capsicum, originaires des régions chaudes des

déux mondes,en particulier de l'Amérique et dé l'Inde.

et cultivés actuellement dans toutes les régions du globe.

MAS le

AL

re 39:

Datura Stramonium,

Les fruits sont de grosses baies, peu charnues, vert foncé avant malurité, rouge corail ou orangé ensuite.

L'espèce la plus répandue est le Capsicum annuum, cultivé dans tous les jardins d'Europe, il donne le Piment, Poivron, ou Corail des jardins.

Beaucoup d’autres, cultivés sous des noms divers, n'en sont que des variétés,

: On donne quelquefois le nom de Piment bec d'oiseau

ou Piment enragé aux fruits des plus petites variétés

de C. annuum, dont la saveur est remarquablement brülante, à proprement parler ces noms doivent s'appliquer aux fruits du C. frutescens!.

Les Piments sont surtoutemployés comme condiments, mais on a bien souvent utilisé leurs propriétés rubéfiantes bien connues.

La Stramoine, Pomme épineuse, Herbe du diable... Datura Stramonium,, fig. 35, est une, Solanacée annuelle des plus toxiques. Originaire de l'Inde, elle s’est acclimatée en Europe, probablement à la suite des pérégrinations des Bohémiens.

D'après White, il se produit, pendant sa récolte, un effet fâcheux sur les yeux de ceux qui s'y livrent, et on a pu conslater de l’ædème des paupières.

Scrofulariacées.

Verbascum Thapsus L.

Le Bouillon blanc {V. Thapsus), Bonhomme, Herbe de Saint-Pierre, est la plus importante de nos espèces de Verbascum ou Molènes.

Cette plante herbacée bisannuelle habite les heux incultes et a tiges et feuilles abondamment couvertes de poils.

Ce sont ces poils qui sont incrinunés; ils sont constitués par une file de cellules portant au niveau de chaque cloison transversale une sorte de verticille et se terminant par un bouquet de poils unicelluiaires

allongés et effilés.

1 Vilmorin-Andrieux, les Plantes polagères, p. 475.

White signale l’action irritante des feuilles vis-à-vis de la peau comme étant due à ces poils, et dit qu'en Amérique on en ullise les propriétés rubéfiantes en appliquant les feuilles sur la gorge.

Bignoniacées.

Bignonia Catalpa L.

Le Catalpa, Bignonia Catalpa ou Catalpa bignonioides Walt, est un grand arbre très ornemental qui a élé importé de la Caroline en Europe en 1726, ets'y est fort bien acclimaté, en France en particulier.

D'après le National Dispensatory, les émanations de cet arbre doivent être considérées comme vénéneuses.

White rapporte également l'opinion d’un grand négociant en plantes médicinales d'Amérique qui lui a déclaré que les fleurs produisaient de l'érythème chez beaucoup de personnes.

Page 1