‹ Contribution à l'étude de l'ostéite des nacriersChapitre 10 sur 22 · XI, XV, XVI, XIX · texte numérisé non relu

XI, XV, XVI, XIX

Métacarpiens et métatarsiens. — Les métacarpiens et les métatarsiens sont souvent atteints. Les métacarpiens présentent des phénomènes assez remarquables et dont la cause reste difficile à expliquer. Pourquoi la douleur et la tuméfaction qui la suit, débutent-elles toujours au niveau de la base de ces petits os pour se diriger ensuite vers la tête métacarpienne qui reste d’ailleurs presque toujours intacte? La question n’est pas encore élucidée ; on constate seulement la constance de ce processus. On peut se demander également pourquoi le premier métacarpien a été jusqu'ici rebelle à cette affection. D’autre part Le processus se localise

plus spécialement sur le deuxième, puis gagne de là le

troisième, le quatrième et le cinquième. Dans les cas où l'affection débute sur le troisième métacarpien, il arrive que le deuxième reste indemne, tandis que le processus s'étend au quatrième et au cinquième. Dans quelques autres cas, la localisation a commencé par le cinquième. Nous voyons cependant que dans l’observation XVII (Broca), le premier métacarpien aurait peut-être été aussi atteint. (Voir,pour les métacarpiens, les observations IT, IIL, IV, XVI, XVIL.)

Pour les métatarsiens le processus est absolument analogue à celui que l’on observe pour les métacarpiens. Le premier métatarsien s’est montré également rebelle à toute atteinte. L’affection débute plus particulièrement sur le deuxième, parfois sur le troisième, ou sur le cinquième, et toujours, dans un sens ou dans l’autre, se propage de là aux métatarsiens voisins. Dans un cas, le cinquième a été seul atteint (observation VIIT). (Pour les métatarsiens, voir les observations IV, VI, VIII, XI, XVII.)

Ajoutons, pour mémoire, que le début d'apparition des douleurs a toujours lieu du côté de la paume, dans le creux de la main ; du côté de la région plantaire, dans le creux du pied ; et que ces douleurs sont particulièrementintenses. La palpation permet généralement de constater l'indépendance nette de la tuméfaction et

des tendons extenseurs sus-jacents.

Maxillaire inférieur.— L’affection débute parfois à la suite d’une lésion dentaire. Le point de départ de l’in-

flammation commence à un pouce de la tête articulaire

et descend petit à petit en gagnant les rebords supérieur et inférieur, pour se diriger vers la symphyse mentonnière. Il arrive très fréquemment que le maxillaire du côté opposé s’enflamme, soit en même temps, soit ultérieurement, et que les deux tuméfactions, descendant symétriquement vers lasymphyse mentonnière, s'arrêtent à peu de distance de cette dernière, laissant entre elles un sillon. Le maxillaire présente un volume augmenté du double. (Nous avons vu dans notre observation personnelle la tuméfaction atteindre la grosseur d’un œuf). Des douleursspontanéesirradient vers l’oreille et, parfois, d’une façon très intensive, vers l’angle de la mâchoire. L'ouverture de la bouche est douloureuse, souvent extrêmement pénible, empêchant le malade de s’alimenter normalement, par suite de la participation du muscle masséter contracturé.

Dans un cas intéressant de GüSSENBAUER, on a constaté une périostile si considérable que l’incisive et la canine du côté malade étaient devenues branlantes, quoique la gencive présentât un aspect normal. Dix jours apres, les lésions du maxillaire ayant rétrocédé, les deux dents étaient de nouveau fixes dans leur alvéole.

La régression de la tuméfaction se fait relativement assez vite dans le maxillaire, (Pour le maxillaire inférieur, voir les observations I, IV, VII, XI, XIX.)

Tibia et péroné. — De même qu’à l’avant-bras, les deux os de la jambe peuvent être atteints en même

temps. Cependant cette double Foi est plus rare à leur extrémité supérieure.

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Sur le tibia, la tuméfaction apparaît le plus souvent au niveau des malléoles. Dans un cas, lapartie moyenne de l'os fut la première atteinte ; il est même particulièrement intéressant de remarquer que cette localisation fut extrêmement douloureuse. Dans l'observation VI d'Enariscr les lésions débutèrent à l'extrémité supérieure. Très souvent, la tuméfaction, quel que soit son point d’origine, envahit les deux tiers du tibia et rétrocède lentement.

Au péroné, la lésion primitive a débuté, dans les cas signalés, à l'extrémité malléolaire. (Pour le tibia et le péroné voir les observations IV, V, VI, IX, XI, XX.)

Fémur. — Dans les observations connues, et en particulier dans notre observation (XIX) le fémur a été atteint quatre fois, toujours sans s'accompagner d’hydarthrose du genou, et quoique occasionnant une véritable pesanteur dans les membres inférieurs, d’où résultait une gêne fonctionnelle, n’a jamais rendu tout à fait impossible la station debout. La douleur débute souvent dans les deux cuisses, avec irradiations tout le long de l’6s. Le plus souvent, les lésions ont leur point d’origine à l’extrémité inférieure du fémur; à la palpation on peut sentir en un point, correspondant à la région diaphyso-épiphysaire, une tuméfaction qui, de là, peu à peu, gagne le milieu de l'os. Le fémur atteint conserve longtemps un épaississement notable ; il arrive fréquemment que sept ou huit semaines après la sortie du malade de l'hôpital, on peut reconnaître encore un épaississement du double de l'os (GüsseNBAUER). (Pour le fémur, voir les observations V, VI, XII, XIX.)

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Humérus. — L'humérus a été signalé dans 2 observations, et le début aurait eu lieu à l’extrémité inférieure.

L'observation XI en présente un cas.

Clavicule. — La clavicule a été atteinte quatre fois sur 26 observations (Broca). Pour nous, dans toutes celles que nous avons consultées, nous n’en avons relevé qu’un cas (observation IV). La lésion débutait à l'extrémité externe, où l’on pouvait reconnaître une saillie se dirigeant dans sa marche |vers l'extrémité sternale.

Guboïide. — Atteint une fois (observation XI).

Astragale.— L’'astragale a été signalée une fois (observation XI). La lésion était localisée au col; l’articulation avec l'os naviculaire n’était pas douloureuse; la pression sur la région plantaire, et surtout au niveau du col de l’astragale, réveillait une douleur violente ; les parties molles étaient gonflées et les accidents rétrocédèrent rapidement. |

Récidives.

Un des caractères frappants de l’ostéite des nacriers, est la fréquence des récidives pendant toute la période durant laquelle la fonction diaphyso-épiphysaire n’est pas encore terminée, si toutefois l’ouvrier précédemment atteint, continue l’exercice de sa profession. Une des manifestations les plus curieuses et les plus cou-

rantes de ces récidives, a lieu dans le maxillaire infé-

rieur, et l’on a incriminé, à ce sujet, le mauvais état du système dentaire. Elles ont lieu tantôt sur le même os; tantôt à la même extrémité ; tantôt en un point symétrique ; tantôt enfin sur un os jusque-là indemne.

Dans l'observation de Broca (obs. XVII), le troisième métacarpien était de nouveau quelques jours après la reprise du travail ; le quatrième métacarpien était ultérieurement atteint un mois après l’intervention et le curettage du troisième; enfin, trois mois après, nouvelle manifestation d’ostéite sur la main droite et le pied gauche.

Dans la première observation de GüssENBAUER, le maxillaire droit fut d’abord pris; la résorption eut lieu, puis le malade revint, avec réapparition de la tumeur osseuse, des deux côtés, suivie bientôt de lésions sur l’avant-bras gauche.

La cinquième observation de GüssENBAUER et la quatrième de Exexiscx sont les plus beaux exemples de cette multiplicité de récidives. Dans la première de celles-ci, successivement furent pris les deuxième, troisième, quatrième, cinquième métacarpiens, le tibia, le cubitus, l'épaule gauche, le cuboïde gauche, l’humérus gauche, l’astragale. Chez le malade de Enaxzisen, on vit se succéder, de mars 1868 à juin 1869, des lésions portant sur le radius et ie cubitus gauches, le maxillaire inférieur droit, les deux avant-bras ; récidive sur le maxillaire inférieur, des deux côtés, sur les métacarpiens droits, à l’épaule, aux deux pieds, au tibia, au

métacarpe gauche, au métatarse, à la clavicule.…

Nous-même, dans notre observation personnelle(XIX) nous avons rapporté un cas de multiplicité récidivante, qui, sans atteindre le tableau typique des cliniciens viennois, n’en offre pas moins un exemple fort intéres-

sant. .

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