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TROISIÈME PÉRIODE. — ARégression. — Les deux périodes précédentes présentent une durée de temps variable suivant la localisation de la tumeur et de la douleur, qu'il s’agisse de grands os ou de petits os. La tuméfaction osseuse qui succède à la tumeur rénitente subsiste seule, tandis que les parties molles, peau et plans musculaires, sont rentrées dans l’ordre normal. L’hyperostose va continuer peu à peu à diminuer ; mais l’examen du malade, pendant une période assez longue encore, nous permettra de constater un épaississement facile à retrouver, souvent plusieurs années après, et dont il ne ressent aucune gène notable si ce n’est une légère sensibilité dans les premiers temps. Car en effet, les mouvements se font avec facilité, et l’ouvrier peut soit recommencer son travail, qui l’expose pendant un certain temps à des récidives presque constantes sur le même 0s,ou sur d'autres segments de membre, jusqu’à l’époque de croissance définitive ; soit s’adonner à d’au-
tres occupations, ce qu’il est préférable de lui conseiller.
Localisations. — Les différentes localisations de la conchyolin-ostitis ont été décrites sur la série suivante, qui est par ordre de fréquence, le radius et le cubitus, l’omoplate, le maxillaire inférieur, les métacarpiens et les métatarsiens, le tibia, le fémur, la clavicule, l’humérus, le péroné, le calcaneum et le cuboïde, Nous repren-
drons successivement quelques-unes de ces localisa-
ETS 0i— l
tions pour examiner ce que chacune présente de parti-
culier.
Radius et cubitus. — Leradius et le cubitus sont très fréquemment atteints, et souvent simultanément. Le cubitus est cité douze fois, le radius onze fois, et dans cinq observations, on a purelater l'association des lésions des deux os de l’avant-bras. La tumeur débute indifféremment aux extrémités supérieure ou inférieure de ces deux os, pour ensuite monter ou redescendre vers leur centre. Quand, dans le cubitus, l’'envahissement se fait par l’extrémité supérieure, l’olécrane n'est jamais touchée; d’autre part il semble que lorsque les deux os sont pris en même temps, les accidents débutent à la fois au niveau des extrémités en regard, et le plus souvent au niveau des inférieures (Voir pour le radius les observations II, IV, VII, VIII et notre schéma radiographique) (cubitus, observations IL, IIE, IV, V, VIL, VIIL, X, XI, etc., et schéma).
Omoplate.— D'après Broca,l’omoplate est un des os les plus souvent touchés, neuf fois sur 26 observations. Pour nous, dans les 19 observations que nous avons pu réunir, nous l'avons relevée cinq fois, ce qui la met immédiatement, par ordre de fréquence, après les os de l'avant-bras. Le processus débute presque toujours au niveau de l’angle inférieur de l’os ou au niveau de son bord spinal ; rarement au niveau de la partie moyenne de l’épine. De là, il progresse en haut et en dehors sans
jamais gagner l’acromion qui se comporte comme un
2 AE point épiphysaire. Le malade se présente en se plaignant de douleurs dans l'épaule. Lorsqu'il se déshabille, on peut remarquer la difficulté avec laquelle il mobilise sa région atteinte. Le premier sujet de BrocA laissait pendre son bras autant que possible parallèlement au corps, et évitait de le mettre en abduction et même de relever le moignon de l’épaule. A l’inspection, la région scapulaire est augmentée de volume, comme tuméfiée; les régions sus et sous-claviculaires sont généralement normales, la région deltoïdienne offre un certain gonflement; c’est que le plus souvent les lésions sont localisées à la partie postérieure de l’épaule. Tantôt c’est la région sous-épineuse qui est tuméfiée, voussurée, au lieu de présenter la dépression normale, et très douloureuse dans sa partie moyenne; tantôt,ce sont les deux tiers de l’omoplate, « cette masse, dit Broca, se délimite mal avec les régions voisines, et elle ne semble pas suivre nettement les contours de l'os, mais à une certaine distance, en dehors d’eux, et ense fondant peu à peu à sa périphérie avec les régions voisines saines...» Les caractères des parties molles n’offrent rien de particulier si ce n’est que les plans musculaires sont augmentés de volume, œdématiés, et leur atteinte explique la difficulté des mouvements du bras. En effet, le tissu de ces muscles résiste à l’élongation et ces derniers se contractent sitôt que l’on essaie de les porter en abduction et en élévation. Si l'on fait cette élévation au-dessus de 45°, on provoque même de vives douleurs (O0. Weiss). L’humérus et l’omoplate ne for-
ment ainsi qu'un tout se mobilisant d’une pièce. L'exa-
men de l'articulation la montre tout à fait indemne.
Dans certains cas, le gonflementenvahittouie la fosse sous-épineuse, l’épine, et cesse sur l’acromion par une arête douloureuse qui répond à la zone cartilagineuse interposée entre l’épine et la partie de l’acromion qui se développant par un point accessoire, joue, par rapport à l’épine, le rôle d’une épiphyse (GUSSENBAUER).
Chez un malade de Broca, fait plus rare, le bord axillaire de l’omoplate était atteint.
Pendant la période de régression, l’omoplate est fente à reprendre son état normal, elle reste épaissie très longtemps et peut, quelques années après, présenter encore un reliquat assez considérable pouvant atteindre quatre fois le volume normal de l'os (Excziscu). (Pour l’omoplate, voir les observations III, IV, VI,