PRONOSTIC — TRAITEMENT — HYGIÈNE PROPHYLACTIQUE
Le pronostic n’est pas grave, ni quoad vitam ni mème au point de vue fonctionnel, puisque toutes les observations se terminent par la résolution spontanée, sans laisser de gène dansles mouvements, sans reliquats pouvant empècher l’ouvrier de travailler ultérieurement et de gagner sa vie. Il ne constituera donc pas un cas de réforme pour le service militaire ; ToUssAINT appuie intentionnellement sur ce point de vue. Cette affection est donc utile à connaître aux médecins de l’armée qui en face d’une jeune recrue à examiner, présentant encore des épaississements osseux, pourraient être amenés à la refuser, méconnaissant l’origine de ces hyperostoses (tuberculose).
Au point de vue de l’ouvrier lui-même, il faut se rappeler que l’on doit avertir le malade de la possibilité des récidives, avant l’âge de 25 ans, s’il continue son métier. Passé cet âge, le retour des accidents est exCeptionnel.
Rte ls
Le traitement de l’ostéite des nacriers est très simple : immobilisation.
ENGLiIsCu faisait des fomentations chaudes, des onctions à l’onguent gris deux fois par jour, de plus il ordonnait à l’intérieur 1 gramme d’iodure de K par jour pendant plusieurs semaines, jusqu’à faire absorber environ 30 grammes.
GüssENBAUER préconisailun traitement analogue, mais remplacait les fomentations chaudes par des sachets de glace. l
Le D° GRaIzLoN,de Méru, après avoir essayé diverses applications (pansements humides, baumetranquille, etc. emploie couramment, el avec succès, le traitement suivant qui semble donner les meilleurs résultats: frictions loco dolenti d’onguent gris et administration de potion iodo-iodurée ; immobilisation.
A coté du traitement local qui, comme l’on voit, n’est pas compliqué, on devra faire appel aux différentes ressources de l’art pour remonter le malade selon que l’on aura affaire à un syphilitique, un alcoolique, un chloro. tique, etc... L'amélioration de l’état général aura une influence heureuse sur l’évolution de l’ostéite elle-même. IL nous semble que, dans ce cas, vu la composition chimique de la matière osseuse, l’administration de glycérophosphates est tout indiquée.
Au point de vue prophylactique,il sera bon d’abord, de conseiller à l’ouvrier de cesser son travail lorsqu'il aura déjà été une fois atteint, et surtout s’il est dans sa période de croissance. Mais il semble qu'il serait plutôt logique de n’employer dans les ateliers, remplis
UE, 3 re
de poussières de nacre, que des individus ayant dépassé l’âge des localisations. De toutes les observations publiées, il ressort avec évidence que l'individu adulte n’est que très rarement atteint. Dans ces conditions, on n’admettrait à la manipulation de la nacre que des hommes faits ; Les adolescents seraient réservés aux opérations accessoires de l’industrie qui ne nécessitent pas le séjour prolongé dans l’atmosphère poussiéreuse. D'autre part,on devrait prendre plus deprécautions pour évacuer, aussi complètement que possible, les poussières qui proviennent du travail sur les tours. Si les aspirateurs remplissaient bien leur office, il ne devraitsubsister qu'une quantité minime de ces poussières. Les cheminées de dégagement devraient être plus élevées, de façon que l'appel d’air fût plus considérable, malgré l’hélice qui fonctionne. Les poussières pourraient être, même, avantageusement recueillies, par un dispositif spécial, dans des réservoirs remplis d’eau au lieu d’être projetées dans l’atmosphère. Enfin, on pourrait recommander aux ouvriers certains soins et habitudes hygiéniques, comme le brossage de la bouche et des dents ; lavage des mains et de la figure; port d’un bonnet sur la tête; changement de vêtements ; usage du masque. |
Le masque est en effet utilisé dans de nombreuses autres industries. Étant donné qu'il paraît assez difficile de supprimer totalement la poussière de nacre, il serait désirable que pour ce genre de travail, on employät également ce moyen de préservation. Seulement il faut trouver un masque qui présente toutes les qualités que
05 Æ l’on peut demander à un dispositif de ce genre: absence de fragilité, légèreté, facilité de nettoyage, un masque enfin qui ne chauffe pas le visage et d’un prix peu élevé.
Beaucoup de modèles ont été successivement proposés par Gosse, Paris, O’Connor, Wozrr, HENRoT, APpPEerT, Porrez. Mais ceux qui, surtout, méritent d’attirer l’attention sont ceux de Layer (1878), Lœp (1882). Enfin Dérourse (1895) a proposé un type de masque qui porte son nom, qui a été adopté par nombre d’industries, et qui est le modèle du genre. L'usage du masque, en effet, nous paraît être une nécessité dans tous les milieux qui peuvent provoquer des pneumokonioses. Alors même que les poussières ne sont pas toxiques, elles créent rapidement des lésions graves dans les poumons, appellent les complications infectieuses et les favorisent. Les pneumokonioses sont néfastes pour l’ouvrier et pour son hérédité : elles amènent rapidement la déchéance de l'espèce.
Les considérations qui précèdent nous amènent à conclure comme il suit : on ne peut considérer l'industrie de la nacre comme une industrie véritablement insalubre ; mais il est nécessaire d'envisager les points suivants : 4° on n’emploira que des adultes; 2° l’industrie à domicile ne sera plus tolérée, ou bien on pratiquera mieux la ventilation des ateliers, et l’on fera usage d’un masque protecteur ; 3° on enseignera cer-
tains points d'hygiène courante aux ouvriers.
Deturck 5