‹ Contribution a l'étude de l'ostéite des nacriesChapitre 8 sur 22 · LÉ SO NE · texte numérisé non relu

LÉ SO NE

La peau devient un peu plus chaude que normalement, le thermomètre pourrait y déceler une légère élévation de température locale. Souvent elle est rouge, d’autres fois elle n’offre aucune différence de coloration avec les parties qui l'entourent ; « elle ne se laisserait pas plisser facilement comme à l’état normal ; on ne peut pourtant pas dire qu’elle adhère aux plans profonds, seulement, elle ne glisse plus sur eux avec la même facilité ; elle parait comme épaissie, infiltrée. Elle a un aspect d’œdème et cependant, si le doigt essaye de provoquer le godet, il ne le produit pas... >» (BRocGA.) Quelque fois cette peau avec son aspect rougi fait penser à la peau lymphangitique d’un phlegmon. Un certainnombre d'auteurs, Encuisca entre autres, ont signalé l’abondance et le développement de lacis veineux superficiels qui n’ont pas été décrits dans d’autres observations. ; =

Les plans musculaires paraissent, à la palpation,par-

ticiper à la tuméfaction. Ils semblent œdématiés, augmentés de volume, et jouent un certain rôle dans la déformation des régions et dans la limitation de certains mouvements.

Du côté de la tumeur osseuse elle-même, on trouve des modifications de consistance. D'abord assez molle, elle devient rapidement rénitente, élastique ; si l’on y ajoute l’aspect ci-dessus décrit de la peau, il semble que l’on se trouve en face d’un phlegmon tout près de s’ouvrir. EnGLisox et GüsseNBAUER se virent en face de pareilles formations, et s’attendirent à plusieurs repri-

ses à voir la tuméfaction s’abcéder, à l'instar d’une sup-

LS ne

puration vulgaire, Et cependant ni à cette époque, ni à aucune autre, il n’y a de pus concrété ; les interventions de Broca font foi à ce sujet. Puis tandis que la douleur s’apaise, la tumeur prend une consistance presque fibreuse, bientôt une dureté d’ ReReStEse Le processus de guérison a commencé.

Nous avons dit que la tuméfaction présentait aussi des modifications de sensibilité. Au début, la pression sous le doigt réveille des douleurs violentes, puis peu à peu, à mesure que sa consistance devient fibreuse, la recherche au doigt n'offre plus qu’une sensibilité très atténuée. Quant aux douleurs spontanées, elles disparaissent progressivement.

Douleur et tuméfaction siègent toujours au niveau de la jonction diaphyso-épiphysaire ; jamais elles ne gagnent les articulations voisines comme dans l’ostéo-. myélite aiguë ou la tuberculose osseuse. L'examen des mouvements montre bien quelquefois une certaine limitation, une certaine gêne, mais rien ne se passe du côté de lacavité articulaire; seuls sont en cause les muscles que nous avons signalés comme participant à l’inflammation. La motilité reste donc intacte.

Certains auteurs ont mentionné pendant les deux premières périodes de douleur et de tuméfaction, un état fébrile qui n’a pas été relevé chez tous les malades. Encziscu signale une poussée de fièvre assez marquée, coïncidant avec l'apparition de la douleur. Broca dit que l’un de ses malades se plaignait d’avoir ressenti le soir un certain malaise fébrile ; mais c’est EnGziscx qui a le mieux montré les rapports qui peu-

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SA ETES vent exisier entre les écarts de température et l'apparition de foyers d’ostéite, surtout en cas de récidive. L'observation IV de Enariscn est typique à ce sujet ;

on y voit par exemple, la température qui était normale

le malin, monter le soir à 39°, accompagnée de violen-

tes douleurs et, le lendemain, le gonflement de la clavicule s’est étendu jusqu'à l'extrémité sternale. La température se maintient le jour même à 39°2 à midi, puis redescend le soir à 37°2. Les jours suivants, de nouvelles extensions à l’avant-bras sont précédées d’une élévation de température de 38°4; puis la tempé-, rature redescend. De nouveau enfin, une poussée sur l’omoplate est annoncée par une ascension thermique oscillant entre 38° et 39°0. IL y a donc, comme on le voit, une relation assez marquée entre l’apparition de la tuméfaction et celle de la température. Cependant elle n’est pas constante et, somme toute, il ne se produit jamais de fièvre marquée et durable.

Pendant ces mêmes périodes, comme troubles généraux, on ne relève guère que de l’anorexie, un certain aspect saburral de la langue, de l’insomnie, des urines colorées, etc.

Dans un cas (Encriscx, observation I), un malade a présenté une néphrite aiguë avec trois hématuries, de l’œdème, puis même un hydrops généralisé ; le malade se remit rapidement. Il n’est pas prouvé, du reste, que cette néphrite ait été en rapport direct avec l’inhalation de poussière de nacre. Néanmoins elle présente un certain intérêt, car elle permet d'envisager la possibilité

d’une action quelconque des poussières sur le filtre rénal.

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