‹ Contribution à l'étude de l'ostéomyélite du tibia et du péroné: au niveau de leur extrémité inférieureChapitre 6 sur 13 · partie inférieure, au niveau du bord postéro-interne une rou · texte numérisé non relu

partie inférieure, au niveau du bord postéro-interne une rou

A7 jrs geur légère de la peau, un lacis veineux superficiel et de la douleur locale. M. Audrieux fait une incision de 5 à 6 centimètres qui donne issue à un peu de pus sous-périostique : on trépane l'os qui contient un peu de pus. Le 24 mars la partie supérieure du tibia est prise, on l’opère. Le 26, nouveau foyer à l'extrémité supérieure du tibia gauche. Intervention de M. Mouchet. Le 28, on incise la partie postérieure du coude droit ainsi que les cinquième, huitième ct dixième côtes, le poignet gauche et l’articulation sterno-claviculaire. Ces incisions donnent toutes issues à du pus. Le 1°* avril, nouveau foyer à l’aine gauche. Le 4 avril, l’oreille droite se met à couler. Le 5 avril, on incise une poche fluctuante qui occupe toute la région antérieure de la cuisse. Le pus est bien lié, on ne trouve pas de point osseux. Le 6 avril une grosse collection derrière l’occipital est ouverte. On trouve deux points osseux au niveau du sacrum, Le 10 avril

l’enfant succomba à l'infection.

Observation XX (A. Broca, inédite).

Antoine H..., âgé de 6 ans, reçoit le 22 août en jouant à l’école un coup de pied sur la malléole interne. Quatre jours, après, le malade va consulter à Furtadoheine, On porte le diagnostic d’ostéomyélite aiguë de l'extrémité inférieure du tibia et l’on ouvre un abcès sous-cutané sans chercher plus profondément. Le 20 décembre dans le service de M. Broca. La peau luisante et violacée est adhérente à l’os en certains endroits. Quatre fistules laissent sourdre un liquide jaunâtre et fluide, Au niveau de la malléole externe une plaie ancienne est recouverte d’un bourgeon charnu exubérant, La malléole interne est aug-

mentée de volume el douloureuse. La crête tibiale présente de

dépréssios et la fluctuation est nette, Le24 décembré on dénude l'os stit une grande longueur. La listule de la malléole éxtétne mène aù tibia et noh au péroné qui ést normal, On fait au tibia trépanation et ablation osseuse. Quelques mois après l'os est

régénéré et la peau à peu près cicatrisée.

Observation XVI (A. Broca, inédite ),

Constant 0... est un enfant de 10 ans 1/2 qui entre à l'hôpital le 13 février. Ce jour même il revenait des cabinets quand il se plaignit d’une douleur qui venait de débuter brusquement à l'extrémité inférieure de la jambe droite un peu au-dessus de la malléole interne. Il marchait en boitant et affirma à sa mère qu'il n’avait reçu aucun coup ni fait de faux pas (on lui trouve de nombreuses excoriations aux pieds et aux jambes). Il fut obligé de se coucher et resta au lit dormant constamment sans pleurer, ne souffrant pas spontanément. La douleur est extrémement vive à la pression sur les deux tiers inférieurs de la face interne du tibia, Fluctuation sur toute cette étendue, température, 300, rougeur, grosses veines, langue très saburrale. état typhique.

Le 17 février. — L'incision etla trépanation donnent issue à du pus avec sérosité rougeâtre. Le soir, 40 ; l’enfant dort très abattu. Il se plaint du ventre,

Le 18. — Pouls imperceptible ; 39°7, mort à 8 heures.

A l'autopsie poumon apoplectique, foie jaune, décollement des trois quarts inférieurs de la diaphyse tibiale, Destruction de la face supérieure du cartilage de conjugaison. Pus rouge

dans le éanal médullaire.

mULG —

Observation XVII (A. Broca, inédite).

Eugène Br âgé de 8 ans 1/2 tombe il y a dix Jours en jouant à l’école. Le lendemain la fièvre se déclare, frissons très violents et l’enfant ressent une douleur très forte au coude-pied droit. L'enfant dort mal, délire, se sent très fatigué. Deux jours après on commence à apercevoir un léger gonflement qui envahit peu à peu la moitié inférieure de la jambe. En ce moment au dixième jour, l'enfantest pâle, amaigri. La douleur maximum se trouve à 2 centimètres au-dessus de la pointe de la malléole tibiale. Il y a de la fluctuation aux deux extrémités de la face interne du tibia. Le 2 février 1901, à 9 heures du soir, M. Broca, fait sur le tibia un peu en dedans de la crête une incisionde 20 centimètres, au-dessus et au-dessous du périoste, collection de pus brunâtre. On trépane les deux extrémités osseuses qui renferment du pus verdâtre. Jusqu'au 27 mars l'enfant va bien,la plaie, bourgeonne bienet suppure légèrement à ses deux extrémités ; mais ce jour la température monte à 40° et l’enfant se plaint du fémur, puis tout rentre dans l’ordre et le tibia élimine ses parties mortes. Le 12 avril on remarque sur le cinquième métacarpien gauche une tumeur dure, grosse comme un œuf de pigeon, qui n’est douloureuse qu’à la pression. Puis l’enfant se plaint du genou gauche,ces douleurs disparaissent comme avaient disparu celles du fémur. Le 20 juin M: Broca intervient de nouveau pour le tibia. [trouve de l'os ancien adhérent à l'os nouveau, pas encore nécrosé mais blanc et voué à la nécrose. Le 19 juillet la presque totalité

du bord externe de la plaie osseuse s’élimine. Le 21 novembre

ral

le tibia est complètement cicatrisé; plus de fistules,plus de dou-

leurs. On traite la tumeur du cinquième métacarpien restée

stationnaire. On ytrouve un petil séquestre dans des fongosités et / A :

du pus à staphylocoques. Le 19 janvier 1902, l’enfant quitte

l'hôpital dans un état excellent. Un mois après il revient passer

six mois à l'hôpital pour une petite localisation au fémur.

Observation XVII (A. Broca, inédite).

Gaston G.…, fait une chute, il y a six mois en courant, Il se relève sans se plaindre. Vers minuit, il se réveille avec une vive douleur à la cheville dont on remarque aussitôt le gonflement. On porte l’enfant chez une rebouteuse qui prétend avoir affaire à une luxation et tire énergiquement sur le pied, dans : tous les sens; après frictions à l'eau-de-vie camphrée, elle applique une bande très serrée sur le cou-de-pied. Au bout de huit jours, un abcès s’est formé au-dessous dela malléole interne ; pendant trois semaines, pansement aux feuilles de betterave et au beurre. Quand l’enfant va à l'hôpital de Veslay la jambe est pourrie (c’est l’expression de la mère) ; on fait des injections de sublimé dans les abcès. Un abcès se forme au genou et au bout de quatre mois et demi l’enfant quitte l’hôpital avec une fistule à la cheville et entre dans le service de M. Broca. L'extrémité inférieure de la jambe est grosse, le tissu périmalléolaire est induré. Cinq fistules dont deux externes et trois internes conduisent sur le tibia augmenté de volume uniformément dans son tiers inférieur. M. Broca pratique une fenêtre à la partie interne du tibia dans l’os nouveau ; il isole et extrait un séquestre de quatre centimètres ; il fait l’évidement de l’épi-

physe. Quatre mois après, On extirpe un nouveau séquestre à ce

cn À fiiveau. Quatre mois après cetteintervention, ôn extrait une bandé osseuse nétrosée incomplètementséparée du tissu osseux Voisins Après un än d'hôpitai l'enfant part pour La Roche avec une

cicatrice adhérenñte à l'os,

Observation XIX (Broca, inédite).

Gabriel F..., âgé de 13 ans 1/2, présenta à l’âge de 5 ans une écorchure produite par des chaussures défectueuses, à la suite de laquelle l’enfant dut subir deux incisions latérales dont on voitles cicatrices sur les malléoles internes. Quinze jours après, l'enfant entre à l'hôpital et, après un mois de traitement dont il ne peut préciser la nature, il contracte la diphtérie (2 avril 1888). En juin il a de la fièvre et à l'hôpital Beaujon on pratique un évidement partiel du tibia. L’enfant était bien guéri, quand, en février 1891 il se forme un abcès qui, d’après les parents, aurait siégé à la partie latérale et externe du-cou-de pied. Cet abcès aurait éliminé un séquestre. Actuellement à 10 centimètres du genou part une cicatrice bien nette qui se termine à 5 centimètres du cou-de-pied. A la partie antéro-externe, à trois travers de doigts de la malléole externe et en dehors de la ligne médiane, on voit une surface rouge, tuméfée, au centre de laquelle se trouve une élevure de la grosseur d’une noisette, située exactement à l'endroit d’une petite cicatrice occasionnée par un abcès susmentionné, Le 29 décembre 1895, on ouvre l’abcès externe ; on trouve une fistule sur la face postérieure du tibia, on met à nu le tiers inférieur du tibia dont la face interne et toute l’extrémité inférieure sont évidées. Au trépane de part en part et un drain est installé. Le 12 avril, il

reste à la partie inférieure et interne du tibia droit une plaie

j — À9 non ciCatrisée, allant profondément dans l'épaisseur de l'os.

Recouverte de bourgeons charnus, la plaie sécrète peu. Le

malade quitte l'hôpital.

Observation XX (A. Broca, inédite).

Marcel C..., âgé de 14 ans, eut à 7 ans une maladie que le médecin prit d'abord pour une fièvre typhoïde ; des douleurs survenues sur le tibia, au-dessus de l'articulation tibio-tarsienne, firent porter le diagnostic d'ostéomyélite. Un abcès se forma et M. Broca fit une première opération. La plaie était fermée au bout de quatre mois. Un an après, un nouvel abcès se forma un peu plus haut que le premier ; nouvelle intervention; la suppuration dura quatre mois. Un an après, troisième abcès, troisième opération, la plaie fut fermée au bout de trois mois. En ce moment, cinq ans après le dernier abcès, on constate un quatrième abcès ulcéré seulement depuis huit jours, M. Broca incise sur la cicatrice, abrase les bords de la fistule, il est impossible de découvrir un point osseux. Quinze jours après, l’enfant sort avec une plaie bourgeonnante, non complètement cicatrisée. Deuxans après cette intervention, l’enfant, dont l’état général est excellent, revient avec un fistule dont le trajet remonte au haut et en arrière. On dénude l'os à la rugine, on trouve une petite irrégularité et on enlève quelques copeaux au ciseau. L'os n’est pas malade. Le 5 juillet 1903, l'enfant sort avec une

plaie presque complètement cicatrisée.

Observation XXI (A. Bnoca, inédite).

Paul D... âgé de 12 ans, entre en décembre 1903 dans le ser: vice de M. Vetter, à l'hôpital Trousseau. On pense à la fièvre Tostivint 4

60 = typhoïde, puis ce diagnostic est abandonné et l’enfant sort de l'hôpital souffrant légèrement des jambes. Le 10 janvier, il souffre particulièrement de la jambe droite, surtout à la partie inférieure, il perd l'appétit et dort moins bien. Comme ila mal en même temps dans Îe dos, on pense à des rhumatismes. Quand il se présente à l'hôpital le 19 février on constate sur la partie antéro-interne de l'extrémité inférieure du tibia droit, une tuméfaction chaude, rouge, fluctuante, du volume d’une demi-pomme. L’incision donne issue à du pus verdâtre et conduit sur un os nouveau, friable, que l’on enlève à la curette, mais sans creuser une véritable cavité dans l'os. Le pus contient du bacille d’Eberth. L'enfant sort le 11 mars, presque

entièrement guéri, n'ayant aucune trouble de la marche.

Observation XXII (A. Broca, inédite).

Fernande B..., âgée de 3 ans, ne se plaignait de rien, quand sa mère en l'habillant, s’aperçut que la cheville était rouge et enflammée:; peu à peu la jambe grossit. Quinze jours après, on constate à l'hôpital l'existence d’une tumeur rouge, fluctuante, de la grosseur d’une pomme, située à la partie inférieure et interne de la jambe gauche, La peau est lisse, brillante, chaude, très douloureuse. L'enfant n’a que 37°... L'incision donne issue à une grande quantité de pus épais, bien lié, contenu dans une poche superficielle, dont le fond correspond à la face interne du tibia. Le périoste n’est pas décollé, mais, à trois centimètres au-dessus de la malléole interne, le doigt sent, sur la face interne du tibia, une dépression par laquelle le stylet pénètre

dans le tissu spongieux. On agrandit à la curette qui ramène du

ÉCRIRE pus. On évide la partie la plus inférieure de l’épiphyse. La lame compacte superficielle qui recouvre cet évidement est enlevée et on fait un pansement à plat. Trois semaines après, la plaie va très bien et se cicatrise. Dans la quatrième semaine, il se fait une petite compliéation pulmonaire. Dans la cinquième semaine, au niveau de la crête du tibia, se forme une petite collection que l’on ouvre. Au bout de quatre mois de soins, l'enfant est complètement guérie, une simple cicatrice rappelle

le point où a été faite l’opération.

Observation XXII (A Broca, inédite).

Marcel G.., 13 ans 1/9, est pris, le 2? décembre, d’une douleur interne à la jambe, avec fièvre. A la face interne du tibia, on trouve une zone fluctuante, très étendue, descendant ea bas jusqu’à la malléole interne et remontant en haut à une dizaine de centimètres au-dessous de la tubérosité interne du tibia. La peau est rouge et tendue en plusieurs points. On fait une incision de six centimètres environ un peu au-dessus de la malléole interne. Le périoste est décollé, on l’incise et on trépane le tibia sur une longueur de deux ou trois centimètres ; il s'écoule une petite quantité de pus du canal médullaire.

On fait ensuite des pansements tous les quatre Jours. Pen= dant le mois de mars, la plaie se comble sans élimination de séquestres. Le 6 avril, la cicatrice presente une dépression profonde,la peau est rouge et soulevée dans la partie supérieure de la cicatrice. Aussi, le 8 avril, on gratte la cicatrice et, au niveau de l’épiphyse tibiale, on enlève des fongosités et des parcelles osseuses nécrosées. Le 30 mai, l'enfant aperçoit sur sa

cuisse une surface rouge, large comme une pièee de 1 franc. Le

lendemain la plaque a triplé de surface. Chaleur, bourrelet dur, température, 38°2, font penser à l’érysipèle. Le 1 mai la surface rouge est large comme la main et l’enfant part pour Aubervilliers. Il revient huit jours après complètement guéri de son érysipèle et sa cicatrice tibiale est en bonne voie de guérison. Le 29 juin, la guérison est complète et on fait le redressement du pied, on met un plâtre. Au bout de quinze jours on redresse de nouveau le pied qui est complètement à angle droit. Un plàtre est appliqué et l'enfant sort le 30 juillet, guéri complète-

ment,marchant très bien et dans un excellent état général.

Observation. XXIV (A. Broca, inédite).

Renée M..., âgée de 12 ans 1/2, fait il y a trois mois, une éruption de furoncles au bras. Un mois apres, l'enfant se prend le pied dans un banc d'école, tombe et souffre aussitôt à la partie inférieure du tibia gauche. Elle .continue à marcher pendant trois Jours. Alors se déclare une fièvre intense et dessymptômes généraux graves. Douze jours après s'établit une fistule qui coule abondamment. A l'entrée à l’hôpital, le tibia est considérablement épaissi. A deux centimètres au-dessu: de la malléole s'ouvre un trajet fistuleux. La peau qui l'entoure est dure et rouge. L'intervention consiste, à gratter les fongosités du trajet, } extirper des détritus osseux et cinq ou six gros séquestres, On fit un tamponnement à la gaze iodoformée, Trois semaines après, l’enfaut sortit sur la demande des parents. La plaie était très profonde et loin d’être guérie.

Observation XXV (A. Broca, inédite).

Émile R... âgé de 18 ans, remarqua il y a dix-huit mois que

son cou-de-pied droit était un peu rouge el un peu plus gros

que le gauche. Quinze jours après, se forma une croûte, et par une ouverture, se fit jour une grande quantité de pus. Le coude-pied grossit petit à petitet du pus, mêlé de débris d'os, s'évacua par des fistules. Huit mois après le tibia, ce fut le coude qui peu à peu, sémbla vouloir s'ankyloser., Actuellement la jambe, dans son tiers inférieur, est tuméfiée ; la malléole interne est très volumineuse, ainsi que le tiers inférieur du tibia, A ce niveau, sur une peau rouge et lisse, se trouvent trois petites fistules. Au coude on voit... Trois jours après son entrée à l’hôpital on fait une incision de vingt centimètres sur la face interne du tibia ; on tombe sur une surface osseuse, éburnée, irrégulière, criblée de petits trous. L'un, plus grand, semble conduire dans le canal médullaire. On trépane la face interne de los qui est très dur, difficile à entamer. Au milieu de cette zone hyperostosée on tombe sur de petits séquestres lamellaires, effilés aux extrémités. L'un d’eux a six centimètres de long sur un centimètre et demi dans sa plus grande largeur. On gratte toute la cavité médullaire et le tissu spongieux de l’épiphyse, transformé en un tissu fongueux. On lave au chlorure de zinc et on fait un tamponnement iodoformé. Tout allait à souhait du côté du tibia quand le jeune homme, atteint de rougeole, dut être évacué sur l'hôpital d’Aubervilliers (on n’a pas de renseignement),

Observation XXVI (\. Broca, enédile).

Paul H.., âgé de 14 ans 1/2, eut il y a dix mois, p:ndant quelques jours, des symptômes généraux assez sérieux : il se . forma, au bout de peu de temps, un abcès à la face dorsale du pied droit. La jambe est tuméfiée et doulourouse. Il se forme

successivement une douzaine d’abcès que l’on incise et qui éli-

minent quelques séquestres. Le 30 juillet on fait de haut en bas l’évidement de la face interne du tibia ; on tamponne à la gaze iodoformée. Le 14 novembre, la gouttière creusée lors de la première opération est atteinte d’ostéite diffuse ; on enlève la lèvre externe de cette gouttière sur une longueur de quinze centimètres environ. L'enfant quitte le service, le 26 novembre, avec deux fistules, l’une à la partie supérieure et l’autre à la partie

inférieure du tibia. La santé générale est excellente.

Observation XXVII (A. Broca, inédite).

Eugène B..., âgé de 13 ans, se portait bien jusqu’au mois d'avril 1896. À cette époque il tombe et se fait une entorse. Depuis lors, le malade boite, et voit se développer à la face interne du tibia un abcès qui nécessite son entrée à l'hôpital de Mortagne ; il y reste jusqu'au mois de novembre et sort complètement guéri, ne boitant pas du tout. Actuellement, à la partie interne du tibia (au tiers inférieur) deux fistules laissent encore couler un peu .de sérosité ; une autre fistule siège au tiers supérieur du tibia. Le tibia est considérablement augmenté de volume, du pertuis inférieur au pertuis supérieur. (On essaie le traitement antisyphilitique pendant quinze jours). On opère le 18 juillet et l'on trouve un os éburné difficile à entamer au ciseau ; on extrait deux séquestres dont un long de 6 à 7 centimètres. On fait le curage complet de la cavité médul-

laire, du reste très réduite, Le 7 octobre, l'enfant quitte l'hôpi-

tal en bon état.

Observation XXVIII (A. Broca, inédite).

Madeleine D..., âgée de 6 ans, fit de l’ostéomyélite aiguë du

temporal gauche, de l’extrémité supérieure du fémur droit, puis

de l’extrémité inférieure du tibia gauche ; ensuite ce fut le tour de l’humérus et du radius. M. Auvray l'opéra de ces diverses localisations en novembre 1899. Actuellement, 20 novembre 1900, toutes les cicatrices sont bien fermées. L’extrémité inférieure du tibia en particulier est légèrement hyperostosée et le mollet atrophié. L'enfant sort au bout de six jours, M. Broca ne jugeant pas qu’il y ait indication d’intervenir pour l’épaule

dont elle souffre depuis peu.

Observation XXIX (A. Broca, inédite).

Marie-Louise F.…., âgée de 10 ans et demi, présentait une ulcération au niveau de la tête du premier métacarpien gauche. Cette ulcération indolore ne gênait pas la marche et fut traitée comme une engelure. Quinze jours après, avec des symptômes généraux graves, on constatait un genou gros, demi-fléchi ; c'était une ostéomyélite de l’extrémité inférieure du fémur, qui fut suivie d’un nouveau foyer à la face interne de l’extrémité inférieure du tibia gauche. On les trépana. L'enfant présenta ensuite des localisations multiples au coude, au genou droit, au radius et mourut au bout de quatre jours de séjour à l’hô-

pital.

Observation XXX (A. Broca, mnédile).

Û Martial R..., âgé de 8 ans, entra à l'hôpital pour une fièvre typhoïde, le 29 septembre. M. Variot constata, deux jours après, un genou droit gros et rouge avec un point douloureux au niveau du plateau tibial. Le lendemain, c’était la région mal-

léolaire externe du cou de pied qui était œdématiée et la

région interne légèrement tuméfiée, Les deux malléoles sont douloureuses à la pression et on porte le diagnostic d’ostéomyélite de l’extrémité inférieure du tibia et du péroné. À l’opération, en effet, le tibia présente une petite cavité osseuse correspondant au point douloureux et renfermant environ une cuillerée à café de pus brunâtre, fluide, sans odeur. Curettage, drainage. Au péroné, vers la pointe, on trouve tout à fait le même petit abcès osseux, du volume d’un dé à coudre contenant le même genre de pus. Le coude gauche et la main droite sont envahis par linfection à laquelle l'enfant succombe au bout d’une dizaine de jours d’hôpital. (Foie infectieux, rate

diffluente énorme, noyaux de broncho-pneumonie).

Observation XXXI(A.Broca, inédite).

Louis C.., âgé de 10 ans, entre dans l’affection actuelle par une fièvre intense. La douleur, à ce moment, est très faible mais va en s’accentuant dans la Journée. On appelle un médecin qui pense au rhumatisme articulaire aigu. La malléole interne devient de plus en plus volumineuse et légèrement fluctuante.

A son entrée à l'hôpital, le 2 août, douze jours après les premiers accidents l'enfant n'a plus de fièvre. La cheville est grosse, rouge, fluctuante ; sur le tibia au niveau de son tiers inférieur, la douleur est très vive. Le jour même, à 2 heures de laprèsmidi: première incisionssur la malléole interne ; la trépanation fait sortir du pus de la cavité médullaire. Deuxième incision, trois centimètres en arrière, afin de vider un diverticule de l’abces. Troisième incision au tiers moyen pour ouvrir une vaste collection.

Au premier pansement, le 5 août, la suppuration est abon-

dante, puis les incisions se cicatrisent progressivement et, le 22 décembre, l'enfant sort guéri, sans fistules et avec une mar-

che excellente,

Observation XXXII (A. Broca, inédite),

Alexandre C..., entre le 29 septembre 1891, dans le service de M. Broca avec une ostéomyélite de l’extrémité inférieure du tibia et du calcanéum,os dont on fait latrépanation. L'état général est alarmant, Puis de nouveaux foyers à l'extrémité inférieure du radius gauche, du fémur droit, à la tête du péroné, au deuxième métatarsien, donnent lieu à de nouvelles trépanations qui toutes donnent issue à du pus (à staphyloccoque doré pur). Cicatrisation très rapide, aucune lésion articulaire. Le seul point osseux où l’ostéite se soit prolongée est l’extrémité inférieure du tibia qui a aussi été le point de départ de l'infection. La cicatrice est assez souple, mais il persiste une petite fistule qui nécessite, de la part de M. Jalaguier, l’évidement de l’extrémité inférieure du tibia. Trois semaines après l’enfant part pour

La Roche avec une fistulette, mais un état général parfait.

Observation XXXIII (A. Broca, inédite).

Henri de L..., âgé de 3 ans, tombe du premier étage le jour du 14 juillet. Relevé aussitôt on ne constate que de légères contusions ; mais l'enfant, depuis ce temps est plus vite fatigué et se fait porter au bout d’une demi-heure de marche. Le 3 septembre, il reçoit d'un camarade un coup de pied sur la face antérieure de la jambe droite, on remarque alors qu’il n’a plus

d’appétit et que son sommeil est agité. Le 4 septembre il refuse

| — 58 — de se lever et se plaint dela jambe droite douloureuse à Îa malléole interne au niveau de laquelle les parents ne remarquent rien. Le 5 on vient à la consultation. La jambe est enflée, la fièvre est vive, on remarque des furoncles aux fesses. Tout le segment inférieur est tuméfé. Rougeur et chaleur sur la malléole où l’on trouve un point fluctuant. On intervient le jour même. Le périoste est décollé sur toute Ia longueur de los par une grande quantité de pus. On trépane les deux extrémités, et on tunnellise la diaphyse, on enlève pour ainsi dire tout le tibia qui ne tient plus au périoste et on fait un pansement iodoformé,. L'enfant quitte l'hôpital sur la demande formelle des parents, dans un état général relativement mauvais. Un mois après, il revient à l’hôpital avec une fistule qui guérit en quatre

mois, Observation XXXIV (A. Broca, inédite).

Henri G.., 8 ans 1/2; il ressent depuis Peu une douleur sourde au niveau du tibia, sans symptômes généraux d'aucune sorte. On lui applique un vésicatoire qui occasionne de la lymphangite et une température de 392. On fait à l'hôpital des pansements humides de la plaie, la température tombe et l’en- fant recouvre tout son appétit ; mais la douleur provoquée persiste. Au bout de cinq jours, une incision sur la malléole interne donne issue à du pus que l’on examine (streptocoque). On intervient encore plus largement trois semaines après et l'enfant rentre dans sa famille au mois d’août avec une fistule, On le revoit quatre mois après, Cicatrice étroite, nette, adhérente sur le tiers inférieur du tibia, ne suppurant nullement : autre cicatrice à la partie supéro-interne du mollet: tous les mouvements

de la tibio-tarsienne sont conservés.

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