OBSERVATIONS INTÉRESSANT LÉ PÉRONÉ
Observation A (A. Broca, inédite).
Germain V..., âgé de 10 ans, a grandi très vite ; peu solidé sur ses jambes, il tombait fréquemment. Depuis quatre mois, l'enfant portait sur le dos du pied droit une écorchure attribuée
Testivint > 5
+ "2e à une mauvaise ehaussure. Elle se guérissait puis s’enflammait tour à tour. Au début de la maladie actuelle, la plaie paraissait guérie. Samedi soir en quittant l’école l'enfant ressentit des douleurs dans le mollet et le cou-de-pied droit; douleurs pas très vives, n’empêchant pas l’enfant de marcher. En même temps, quelques nausées. Dans la nuit l'enfant souffrit beaucoup plus de la cheville droite, il lui semblait qu’on lui tordait le pied. Fièvre, frissons; ses cris de douleur réveillèrent les parents qui lui mirent un vésicatoire au point le plus douloureux. Le 16 juin, un médecin fit venir le malade à l’hôpital Trousseau On y constate la rougeur et l’æœdème de la partie inférieure de la jambe et du cou-de-pied droit. A la place du vésicatoire, fluctuation nette, La température est à 40. On incise sur le tibia, le périoste se décolle difficilement, mais le tibia trépané superficiellement semble sain. L'incision sur le péroné donne issue à un pus abondant collecté dans les parties molles. Le périoste du péroné est décollé sur une grande étendue ; il est épaissi et rompu. Au voisinage de l’épiphyse inférieure, le péroné est dénudé et rugueux au toucher. Trépanation, évacuation du pus, pansement iodoformé. Le 29 juin, l'enfant sort avec une plaie bourgeonnante sur l’extrémité inférieure du péroné. On sent l'os dénudé à la partie interne de la cicatrice un peu rougeûtre. Le 3 octobre, trois mois après, l'enfant revient dans le service ; une petite fistule persiste et donne un peu de pus. On incise le long du péroné et on trouve un séquestre invaginé de la moitié inférieure du péroné, on l'extrait en creusant une gouttière dans l'os nouveau. Le 26 novembre, l'enfant sort guéri. On le revoit huit mois, puis un anet trois ans après. L'enfant ne souffre pas quand il marche, rien d’appréciable à la
palpation, si ce n’est une légère hyperostose du péroné.
Obsérvation B (Broca, inédite).
Eugène R..., âgé de 12 ans, aurait eu il y a huit jours un refroidissement. Le lendemain, une douleur assez vive se fit sentir au talon qui était rouge. Actuellement, la région latérale externe du cou-de-pied, région calcanéenne externe et cuboïde en avant présente une couleur rouge violacée. La peau semble prête à se rompre sur la malléole péronière et sur la face externe du calcanéum. C’est en ces points rouges que se localise la dou. leur la plus vive. L’empâtement gagne la face dorsale du pied, jusqu'aux métartasiens. Les articulations tibio et médiotarsienne ont leurs mouvements conservés. Le 24 avril, on fait une incision courbe allant de l’extrémité antérieure du calcanéum, à trois doigts au-dessus de la malléole péronière. On fait l’évidement de cette malléole dont le périoste est décollé par un pus séreux, On fait aussi l’évidement du calcanéum qui, après l'opération, pourrait contenir un gros œuf de pigeon. On bourre les cavités de gaze iodoformée. Le 3 juillet 1897, l’enfant sort avec une plaie à la partie postérieure de la malléole externe. On revoit l'enfant le 25 avril 1897, la guérison est complète et les
mouvements tibio-tarsiens sont normaux.
Observation G (Broca,inédile).
Marie N.., âgée de 12 ans, fut atteinte, il y a environ un ant d’une pleurésie avec congestion pulmonaire ; elle soulfrit en même temps de l’extrémité inférieure du péroné droit qui subit
une notable augmentation de volume. Les phénomènes gèné-
raux assez graves, ceux d’une ostéomyélite probable, furent masqués par ceux de la pleurésie concomittante, Au bout de quinze jours l'enfant était guérie de son affection pulmonaire, mais son péroné resta très douloureux et très augmenté de volume durant trois mois. Au bout de ce temps elle recommença à marcher, quoique souffrant légèrement.Il y a quinze jours, un sabcès se forma et s’ouvrit spontanément,sans symptômes généraux. Actuellement trois fistules au-dessus de la malléole externe très douloureuse et très grosse. Le 19 novembre 1896, jour d’entrée,/on ouvre à la gouge le péroné dans sa moitié inférieure ; on trouve un os nouveau, dur, très épais ; on arrive sur une cavité centrale contenant des séquestres en aiguille et des fongosités. Trois mois et demi après, la plaie est remplacée par une cicatrice encore rosée (28 février). Le 20 mars, l’enfant revient avec un point légèrement douloureux au même niveau, On fait un évidement superficiel du péroné. Le 22 mai, l'enfant repart avec cicatrisation complète ne souffrant plus du tout. Le 19 juin, l'enfant souffre au niveau de l'extrémité supérieure de son péroné qu’on est obligé d’évider sur toute sa hauteur. Au bout de trois mois l'enfant sort guérie, On ne l’a pas
revue, é
Observation D (A. Broca, inédite).
Félicie T..., âgée de 13 ans, est prise le 24 novembre 1898 en rentrant de l’école d’une douleur brusque au niveau du cartilage diaphyso-épiphysaire du péroné gauche. L'enfant ne peut plus marcher, Actuellement, la peau est rouge, chaude, non œdématiée, très douloureuse sur la malléole externe.
L'incision sur le péroné ne laisse rien voir, ni sur les tégu-
ments, ni sur l’os qui paraît sain. L’exploration du tibia à la sonde et au doigt ne donne aucun résultat positif et, moins d’un mois après l’intervention, l'enfant quitte l'hôpital, guérie en apparence (25 décembre). Un mois après, le 21 janvier, l'enfant présente de l’œdème du cou-de-pied, avec douleur sur le bord postérieur de la malléole externe qui est augmentée de volume. Au bout de dix jours de repos, l’œdème a presque disparu. Le 6 février, on trépane l'extrémite inférieure de la diaphyse péromère. Sur la face interne du volet périostique enlevé on trouve un petit amas de pus épais, grisâtre. Curettage et tamponnement à-la gaze 1odoformée. Le 2 avril, la cicatrisation est complète,
la marche parfaite ; pas de douleur à la pression.
Gbservation E (À. Broca, inédite).
Albert P.., âgé de 5 ans, présenta il y a sept mois, après une chute sur son sabot, une légère tuméfaction du cou-de-pied gauche. Il y a trois mois, la tuméfaction disparue, l’enfant boitait encore. Enfin il y a huit jours l’enfant tombe à l’école. L’incision fait voir un décollement superficiel allant jusqu’à la malléole interne. On fait la trépanation au niveau d’un point dénudé qui se trouve à la base dela malléole externe ; on lave au chlo-
rure de zinc.
Observation F (A. Broca, inédite).
Louis D.., était entré dans un service de, médecine pour une pneumonie (qu’il avait en réalité). M. Jacob fit une incision sur
le bord externe du péroné, en avril 1892, On intervint une
seconde fois (l'observation ne précise pas quel genre d’intervention) le 9 juillet 1892. Au mois de novembre de la même année, il reste une fistule au tiers moyen du péroné et une seconde au-dessus de la malléole ; le stylet y sent un séquestre mobile, mobilité encore plus sensible, un stylet passant par chaque fistule. On fait une incision sur la fistule supérieure. Le décollement du périoste conduit sur de l'os nouveau. On agrandit à la-gouge et un séquestre apparaît, séquestre cylindrique, long de trois centimètres. Au-dessous de lui, il y en a un autre occupant le tiers inférieur de la diaphyse. On réunit les deux incisions. On met un drain à la partie inférieure. Le 23 janvier 1892, l’enfant quitte le service avec une petite fistule : neuf ans après on doit lui évider le tiers inférieur du tibia, On ne l’a pas
revu depuis (juillet 1901),
Observation G (A. Broca, inédite).
Eugène R..., âgé de 23 mois, entre dans le service le 13 octobre 1895. La mère a remarqué la maladie actuelle à ce que l'enfant boitait et avait de la difficulté à marcher. Durant deux nuits l'enfant n’a pas dormi. On trouve au palper un point douloureux très net à l’extrémité inférieure du péroné. A l’opéra-
tion, on n’a pas trouvé de pus.
Observation H (A. Broca, inédite),
Marthe K..., âgée de 6 semaines, arrive à l'hôpital le 11 février 1897, ayant la main gauche tuméfiée. Trois jours après, l'extrémité inférieure du fémur droit est prise. Le 25 février
c’est le tour de l'extrémité inférieure du péroné droit dont on
° — 71 — fait l’évidement. Le 19 mars la troisième côte gauche est atteinte, elle sort de l’hôpital ce jour même en très mauvais
état. L'examen bactériologique a donné du streptocoque pur.
Observation I (A. Broca, inédite).
Blanche R..., âgée de 6 ans, a fait une marche longue, le 31 mai 1897. Le 1°' juin, douleur dans l’aine; symptômes généraux accentués. Le 6 juin, la malléole externe gauche est tuméfiée : rougeur, œdème superficiel, chaleur, fluctuation profonde. La température est à 40°,le pouls à 140 ; l’enfant est très abattue. Le 7 Juin au soir, on trépane le foyer péronier. On
ouvre aussi un abcès fémoral mais sans foyer osseux. L'état
général est très mauvais, l’enfant meurt le 11 Juin.
Observation X (A. Broca, inédite).
Alphonse F.
che, se plaignit il y a trois semaines de douleurs au pied gau-
… àgé de 4 ans 1/2, après une longue marche, La face dorsale du pied et le côté externe du cou-de-pied étaient tuméfiés et douloureux. Le surlendemain apparut une forte fièvre et du délire. On diagnostiqua un rhumatisme articulaire aigu, puis un phlegmon, mais on n’intervint pas. A l'hôpital, on constate au niveau de la malléole externe, empiétant sur la partie inférieure de la diaphyse, une tuméfaction ovalaire, La peau est amincie, violacée, perforée ; par l'orifice sort un pus blanchâtre épais. Le lendemain de son entrée, 27 février 1907, M. Broca incise un trajet fistuleux traversant la face antérieure du cou-de-pied, puis un second diverticule susjacent s’éten-
dant jusque vers le bord interne du tibia. La pointe de la mal-
ro
léole externe est séparée de la diaphyse; l’articulation est ouverte; on fait alors une contre-incision en dedans pour installer un drain transversal dans la tibiotarsienne. Les suites de l’intervention furent excellentes et le21 mai,trois mois et demi après l'apparition des premières douleurs, la plaie était complètement cicatrisée, les mouvements articulaires de la tibiotarsienne sont à peine un
eu limités,on sent quelques craquements articulaires, mais les P ) quelq ;
mouvements sont absolument mdalores.
Observation L (A. Broca, inédite).
Charles L.., 14 ans, entre à l’hôpital Trousseau, le 19 mars 1893, pour une ostéomyélite de l’extrémité inférieure du péroné, Dix jours avant, il avait un faux pas. Le lendemain de ce petit accident, il essaya en vain de travailler et dut rentrer chez lui en omnibus et se mettre au lit aussitôt. Un médecin le vit à ce moment et ne put poser un diagnostic ferme. Un rebouteux appelé le lendemaih pratiqua pendant cinq minutes des manœuvres très douloureuses. L'enfant par ses gémissements et ses cris empêcha ses parents de dormir pendant les deux nuits suivantes. La douleur d’abord localisée à l'extrémité inférieure du péroné se fait sentir huit jours après à l’épiphyse supérieure du tibia. À sou entrée à l'hôpital, on constate une fluctuation très nette le long du bord externe de la jambe qui est douloureuse, ainsi que l’épiphyse supérieure du tibia. Le 19 mars, on trépane l'extrémité inférieure du péroné. Le 21 mars, on trépane l’épiphyse inférieure du tibia et on n’y trouve qu’une sérosité louche. Le 23 mars,on trépane la cinquième côte. Le 20 décembre, on trépane la partie moyenne de la clavicule gauche.{L’ob-
servation ne suit pas plus loin le malade.)