‹ Contribution à l'étude de l'ostéopsathyrose idiopathique (maladie de Lobstein)Chapitre 10 sur 32 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

D... Jeanne, vingt-trois ans (histoire publiée par Moreau, quand elle avait douze ans). Est née à terme, a été élevée au sein. A noter dans son enfance la rougeole et la coqueluche.

Antécédents héréditaires. — Père mort à cinquante-neuf ans en 1891, veuf après un premier mariage, il a de son premier lit trois enfants bien portants, ne présentant aucune tare.

Dans ses antécédents aucune affection, aucun signe de syphilis.

En i886, il devient subitement triste et mélancolique, à la fin de l’année est Interné à Sainte-Anne, puis à Vaucluse, d’où il est transféré à l’asile d’aliénés de Tournai.

Il est atteint de démence avec paralysie ; il meurt dans le marasme en 1891.

Mère en excellente santé et aucune malade dans sa vie ; aucune fracture ; aucune maladie nerveuse.

D’un premier lit, elle eut deux enfants actuellement bien portants.

De son deuxième mariage avec M. D..., elle eut trois enfants.

Un garçon venu avant terme, à huit mois, est mort pendant l’accouchement (accouchement par le siège).

Les deux enfants suivants sont les deux filles, dont nous relatons l’histoire.

Fractures personnelles. — A cinq ans, le aS décembre 1886, première fracture delà jambe gauche.L’enfant était à l’école ; elle était montée sur un petit banc, quand, poussée par une petite camarade, elle tomba à terre. Elle fut soignée à 1 hôpital Trousseau où elle resta six semaines. La jambe gauche resta plus courte que l’autre.

A six ans, novembre 188'], deuxième fracture, de jambe» survenue dans les mêmes conditions, nouveau séjour à l’hôpital Trousseau.

A sept ans, juin i 883 , troisième fracture. Chute dans la rue, l’enfant tombant de sa hauteur, fracture de jambe gauche au même niveau que la première fracture ; guérison au bout de six mois.

A huit ans, en i 889 , quatrième fracture. L’enfant glisse sur le trottoir et fracture du bras gauche vers le tiers moyen. Traitée à l’hôpital Bichat, le bras est consolidé au bout de trois semaines, sans aucune déformation.

A huit ans, 21 octobre 1889, cinquième fracture. Elle se brise la jambe au niveau du genou. Traitée à l’hôpital des Enfants- Malades.

A neuf ans, 1890, sixième fracture. Elle se brise une jambe en tombant de sa hauteur et reste six semaines à l’hôpital. La jambe est déformée par un gonflement fusiforme delà diaphyse.

A onze ans. i 89 i, septième fracture. Siégeant à la jambe droite.

Cette fois, la consolidation est difficile. L’enfant reste à l’hôpital plus de cinq mois. Elle est envoyée à sa sortie à Berck-sur-Mer, où elle reste jusqu’en 1898, c’est-à-dire près d’un an. A ce moment, l’état de l’enfant est satisfaisant. Elle est réglée régulièrement depuis quelque temps. Sauf les difformités de la jambe, survenues après les fractures, rien à noter.

Actuellement (avril i 9 a 5 J^ la malade est â ITiôpîtal Lariboisière pour trae hydarthrose du genou, à la suite d’une cbufe résultant d’un faux pas.

Elle est, indépendamment de cet accident, en excellente santé : visage frais et rose, masses musculaires fermes, recouvertes d'un tissu adipeux notable. Elle ne se plaint aucunement de douleurs osseuses. L’appétit est excellent, les digestions parfaites, les menstrues sont régulières ; la dernière fracture signalée par Moreau date de i 89 l ; depuis cette époque une seule fracture certaine à seize ans. Dans une chute sur le bord du trottoir, elle se fait une fracture de la rotule. Conduite à l’hôpital Bichat, elle fut reçue dans le service ; et on fit la suture osseuse. Deux mois après elle sortait guérie.

11 y a trois ans, nouvelle chute dans l’escalier sur le genou antérieurement traité. Nouvelle fracture, dit-on, mais pas d’in tervention chirurgicale ; on mit la jambe dans une gouttière de fil de fer remplie d’ouate. Elle reste encore à l’hôpital environ deux mois.

A la suite, le genou est resté raide et parfois douloureux, légèrement augmenté de volume. Néanmoins marche très possible, mais fatigante. Elle alla consulter plusieurs fois pour ce genou ; on lui répondit qu’il y avait de l’arthrite sèche ; et on lui conseilla du massage et des enveloppements ouatés. G est ce genou qui est constamment le siège d'hydarthrose. Pas de nouvelle fracture.

En somme, il semble que sa dernière fracture eut lieu à l’âge de seize ans ; on doit laisser de côté ces petits accidents qu’elle présenta toujours au niveau du même genou, et qui peuvent être rapportés très bien à son ancienne fracture de la rotule.

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