OBSERVATION
D... Marie, vingt et un ans, sœur de la précédente. Observation publiée par Moreau, quand l’enfant avait neuf ans. Née à terme, élevée au sein ; à noter dans son enfance la variole et une angine grave.
Juillet 1890. — A cinq ans, première fracture de jambe droite, en tombant de sa hauteur. Guérison au bout d’un
Janvier 1891. — Deuxième /racfure jambe gauche, à la suite d’une chute dans la cour de l’école. Séjour à l’hôpital pendant six semaines.
Mai 1891. — Troisième fracture au niveau de l’épaule, à la suite d’une chute dans la rue. Un appareil est fait à l’hôpital Bichat. Guérison après vingt-cinq jours.
Juin 1891.'— Quatrième fracture, jambe gauche, au même niveau que la précédente, dans les mêmes conditions de chute. Séjour à l’hôpital Trousseau pendant cinq semaines.
Décembre 1891.— Cinquième fracture. Elle se casse le bras à l’école ; elle passe l’hiver à l’hôpital Trousseau.
Janvier i 892 . — Pendant son séjour à l’hôpital, elle se fait une sixième fracture. Celte fois, les deux jambes sont fracturées. Elle part à Berck-sur-Mer au mois de mars i 892 .
Juin 1892. — Septième fracture, à la jambe droite, survenant pendant qu’on baigne l’enfant, sans que le moindre choc ait été appréciable.
Mars 1893. — Huitième et neuvième /raclures des deux jambes. Jambe gauche : au niveau de la portion moyenne du tibia.
gonflement énorme dû pour une part à une hyperostoae de l’os, pour l’autre au gonflement des parties molles. Mobilité anormale et crépitation très .nette. Douleur à la pression tant au niveau du tibia qu’au niveau du péroné.
Jambe droite : à noter, au niveau de la portion moyenne du tibia, au dehors d’une incurvation à convexité antérieure qui existait précédemment, un gonflement des parties molles et une mobilité anormale peu marquée. Pas de crépitation. Douleur à ' la pression du tibia et du péroné.
A la suite, séjour de l’enfant à Forges, où son état était très satisfaisant.
C’est après ces dates qu’un de nous soigna cette fille à l’hôpital Trousseau {dixième et onzième fractures).
1° Du 21 décembre iSgb au 26 janvier 1896, pour une fracture de la jambe droite ;
2“ Le 28 janvier 1897, pour une fracture de cette même jambe.
Lors de ces deux accidents, nous avons noté que la pression localisée est douloureuse ; il n’existe aucun gonflement, aucune ecchymose, aucune mobilité anormale. Nous avons donc faille diagnostic de fracture sous-périostée du tibia, siégeant à la jonction du tiers supérieur et du tiers moyen. A la réunion du tiers moyen et du tiers inférieur du tibia droit, on trouvait que la crête tibiale était bosselée et qu’il y avait là une sorte d’encoche due vraisemblablement à une fracture ancienne mal réduite, avec saillie du fragment supérieur en avant. Application d’un appareil .qui est laissé en place jusqu’au 26 février. A ce moment, consolidation parfaite ; la malade quitte l’hôpital. Depuis cette époque aucune fracture.
La malade, revue en igob, est maintenant âgée de vingt et Poirrier 3
un ans : c'est une fille de belle apparence, un peu anémique, cependant, mais jouissant d’une excellente santé générale. Depuis sa dernière fracture ; qui date de janvier 1897, aucune maladie, aucune douleur osseuse, aucune déformation. Les menstruations sont normales ; quelques migraines de temps en temps.
Comme traitement pendant les quelques années qui ont suivi sa dernière fracture, la malade a pris du phosphate de chaux et de l’huile de foie de morue. L’examen actuel de son squelette ne décèle la présence d’aucune déformation, ni cal exubérant au niveau d’un ancien foyer de fracture, seule la présence d’une crête tibiale, bosselée au niveau delà jambe droite persiste : elle était déjà consignée dans l’observation anterieure faite par Moreau, et surtout rapportée dans le complément pris dàns le service du Broca, à l’occasion d’un séjour qu’elle fit à l’hôpital Trousseau.