‹ Contribution à l'étude de l'ostéopsathyrose idiopathique (maladie de Lobstein)Chapitre 28 sur 32 · EVOLUTION. COMPLICATIONS. PRONOSTIC · texte numérisé non relu

EVOLUTION. COMPLICATIONS. PRONOSTIC

Un caractère presque constant de l’ostéopsathyrose est sa tendance spontanée à la guérison. Alors que le sujet commence à approcher de l’âge adulte, les fractures s’espacent, puis -disparaissent complètement (obs. IX, X, XI). Il peut arriver cependant qu’elles persistent après cette époque, mais les observations en sont rares. Nous répétons, à ce propos, qu’en même temps que les fractures diminuent de fréquence leur consolidation se fait beaucoup plus lentement.

Faut-il voir dans les cas où la fragilité osseuse se manifeste chez des adultes (obs. XIX et XX) un éveil de l’affection qui jusqu’alors serait resté à l’état latent ? Nous n’avons pas assez de renseignements sur les antécédents personnels de ces malades pour pouvoir l’affirmer ; c’est, du moins, fort possible.

Les complications de ■ l’ostéopsathyrose ne sont pas encore connues ; quant aux complications des fractures symptomatiques de cette affection, ce sont celles des fractures ordinaires. Elles sont, du reste, rares, car les sujets sont, de par leur jeunesse, dans les meilleures conditions de résistance.

Nous ne connaissons aucun exemple d’embolies graisseuse ou sanguine, de blessure de vaisseaux importants.

L’arthrite consécutive à une fracture n’est signalée que dans un cas (obs. IV) où il s’agit d’une fracture de la rotule. Or, celle-ci estunedes moins fréquentes au couj’s de l’ostéopsathyrose.

La complication la plus ordinaire est la communication avec l’extérieur du foyer de fracture : cette complication est plusieurs fois notée, en particulier dans notre observation (obs. VII). Elle n’est presque jamais mortelle mais elle détermine souvent une ostéite très tenace dont on ne vient à bout que par des grattages répétés.

Dans les cas de fractures compliquées avec suppuration, il est difficile d’obtenir une bonne réduction, il l’est plus encore d’appliquer un appareil contentif satisfaisant. Nous ne devons donc pas nous étonner de voir la consolidation s’y faire en position vicieuse. Nous nous sommes efforcé de mettre en lumière dans les résumés qui précèdent nos observations, la rareté de cette complication chez les malades qui ont été soignés à l’hôpital, dès l’apparition de la fracture. C’est ce qui a permis à MM. Broca et Herbinet (i) de dire que le pronostic n’est pas grave : « Quant au pronostic local, les observations même des fractures, leur consolidation rapide sans cal exubérant ni défec-

I. Broca et Herbinet. « Ostéopsathyrose». Reme de Chirurgie, 10 décembre 1906.

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tueux suffisent à montrer que la guérison est possible. A part quelques rares exceptions ces fractures de l’ostéopsathyrose ne laissent à leur suite aucune déformation, aucune pseudarthrose. »

Il n’en est malheureusement pas toujours ainsi ; et si, chez un enfant bien constitué cette multiplicité des fractures nemenace en rien la vie, elle peut, comme nous l’avons vu, avoir sur le développement de l’individu une influence fâcheuse. Pour ce qui est du pronostic local, il doit être également assombri : en raison des déformations toujours possibles, l’enfant risque de marcher mal et tard. Ce n’est quelquefois qu’après avoir subi de multiples interventions chirurgicales {ostéotomie, ostéoclaste, grattages) qu’il pourra retrouver un usage plus ou moins imparfait de ses membres.

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