DIAGNOSTIC
Le diagnostic positif de l’ostéopsathyrose repose sur la constatation des symptômes précédemment décrits : début dans le jeune âge sur un sujet en pleine santé, multiplicité des fractures, atténuation de leurs symptômes, rapide consolidation ; on peut y ajouter la notion de l’hérédité de l’affection : mais c’est là un signe inconstant.
Le diagnostic différentiel est à faire surtout avec le rachitisme et l’ostéomalacie, où Ton a quelquefois également à noter de nombreuses fractures.
Nous avons déjà vu qu’il n’y avait que peu de ressemblance entre la fragilité osseuse idiopathique et l’ostéomalacie. Cette dernière est presque toujours une affection de l’âge adulte, elle se caractérise par une extrême mollesse des os, par l’apparition tardive des fractures, qui ne sont que « le résultat ultime d’une flexibilité anormale » (Broca).
La fragilité osseuse des rachitiques est plus comparable à celle des ostéopsathyrosiques ; nous savons déjà que les deux affections peuvent se mélanger assez intimement.
Quoi qu’il en soit. Lange présente comme caracté-
risant le rachitisme les signes suivants : début par les troubles de la nutrition et de l’état général, les dents, dont l’éruption est tardive, sont irrégulières et érodées, les déformations des épiphyses précèdent généralement l’apparition des fractures. Quant à celles-ci, elles seraient rares, généralement incomplètes et ne se multiplieraient pas chez le même individu.
Quant aux autres causes qui peuvent déterminer la fragilité osseuse chez l’adulte : tabes, sclérose en plaques, gommes ou sarcôme, elles doivent être éliminées presque dès l’abord chezles sujets qui nous occupent.
Au point de vue de l’établissement des responsabilités en matière d’accidents, il serait utile de pouvoir fixer la limite où commence la fragilité anormale des os.Les cas où l’ostéopsathyrose est bien caractérisée et se manifeste par des fractures multiples ne sont pas extrêmement communs. Au contraire, il semble bien, d’après les renseignements recueillis par nous, que l’on peut considérer comme assez fréquente, chez les enfants et les adolescents, l’ostéopsathyrose fruste et qu’ainsi s’expliqueraient des fractures, peu nombreuses ou même uniques chez un sujet, mais produites par des traumatismes trop légers pour fracturer un os normal. La science ne fournit actuellement aucune règle pour établir cette limite.