DÉFINITIONS
Rapports du rachitisme et de l’ostéopsathyrose Principaux caractères de cette affection
1° Que vaut la dénomination donnée par Lobstein ? — Qu’est-ce que Fostéopsathyrose idiopathique ? Donner une définition de cette affection mal connue est chose difficile ; en donner plusieurs serait beaucoup plus facile, il suffirait de se reporter à chacun des auteurs qui ont traité ce sujet ; mais la question n’aurait pas fait un pas. C’est que cette étiquette pompeuse ne nous rappelle aucun tableau clinique défini, ne nous fait penser à aucune lésion macroscopique ou microscopique avérée.
Elle est imprécise, puisqu’elle fut appliquée, sitôt créée, à une maladie encore obscure. Elle est même fausse en partie, car s’il y a vraiment ostéopsathyrose, c’est-à-dire fragilité des os, celle-ci ne peut être idiopathique, ainsi que le pense M. Broca ; il y a une cause, connue ou non.
Et pourtant elle est, et surtout elle fut commode et répondit à un besoin.
2» Historique. — Certes les anciens médecins savaient bien que la fragilité osseuse qu’on peut considérer comme presque physiologique à un âge avancé, peut être symptomatique d’un certain nombre d’affections locales ou générales, que nombreux sont les cas de fractures spontanées dans les gommes syphilitiques, dans les affections cancéreuses des membres, d’une part, et dans certain nombre de maladies du système nerveux : tabes, paralysie générale progressive, névrites, d’autre part.
Mais, se trouvant en présence de cas qui ne relevaient d’aucune de ces causes, ils furent embarrassés, et c’est ainsi que Fabrice de Hilden au xvn^ siècle, Jacquinelle, Saviard, Monblet, Erckmannau xvni‘=siècle, pensèrent à la faire entrer dans le cadre du rachitisme et de l’ostéomalacie.
Cependant cette classification ne répondait pas toujours à la réalité et le besoin d’un nouveau cadre nosologique se faisait sentir.
C’est alors, en iSaS, que Lobstein créa le terme d’ostéopsathyrose idiopathique, attachant ce nom à la fragilité osseuse dite essentielle, c’est-à-dire ne relevant d’aucune des causes jusqu’alors connues de fragilité. En même temps qu’il créait le terme, il donnait dans son Traité d'Anatomie Pathologique une description complète de l’affection telle quil se la représentait.
Dès cet instant, les théories commencent à prendre
leur essor.
« Rust établit, pour la première fois en i 833 .
une différenciation nette entre rostéomalacie et l’ostéopsathyrose ; il formule l’idée que cet état de fragilité osseuse doit être mis sur le compte'd’un état morbide général, ayant son retentissement sur le système osseux » (i). Quelques années plus tard, Gurlt insiste sur la notion d’hérédité de l’affection.
Enfin celle-ci arrive à prendre, comme nous l’avons vu, une modeste place dans les traités classiques.
Depuis une dizaine d’années surtout, l’ostéopsathyrose est à l’ordre du jour, nombreuses sont les observations publiées à son sujet quelques-unes, mais hélas le plus petit nombre, sont assez approfondies et accompagnées d’analyses chimiques et mieroscopiques des os.
Nous ne pouvons citer qu’un certain nombre de noms qui du reste se retrouveront fréquemment sous notre plume au cours de cet ouvrage. Ce sont en France : MM. Moreau, Broca et Herbinet ; en Belgique : Gevaert ; en Angleterre : Hunter ; en Amérique : Griffith,Biggs, Nathan, Fenner,Martin Wood ; en Allemagne : Schulze, Hildebrandt,Enderlen, Lange, Schmidt et Schuchardt.
Nous ne doutons pas que beaucoup d’autres travaux, et peut-être des meilleurs, aient été faits sur le même sujet; nous prions leurs auteurs de nous excuser de les avoir ignorés et ils le feront s’ils veulent