I. Broca et Herbinet. Revue de Chirurgie, lo décembre
bien se rappeler combien est diffîcultueuse la bibliographie de ces affections rares et peu étudiées.
3 ° Diverses définitions de Vostéopsathyrose. — Nous avons retenu des auteurs précités quelques articles dont les parties essentielles seront étudiées dans ce travail, et un certain nombre d’observations que nous publierons in extenso, en y adjoignant notre observation personnelle.
Or, ces articles, ces observations qui se rapportent à un même sujet, quoique présentant, quant au fond, de grandfes analogies, diffèrent cependant par nombre de points de détail ; il arrive même que certains auteurs ne s’accordent pas en la définition même de l’affection et que, comme nous l’avons dit au début de ce chapitre, il y a non pas une, mais des définitions assez dissemblables entre elles.
Pour Lange, comme cas d’ostéopsathyrose idiopathique, on doit décrire les cas dans lesquels aucune cause, aucune maladie fondamentale ne peuvent être décelés pour expliquer la fragilité du squelette. Pourtant Moreau essaie de prouver qu’il s’agit là d’une ostéotrophonévrose et son hypothèse, pour ne pas s’appuyer sur des données certaines, n’en est pas moins fort plausible.
Si elle vient à être démontrée exacte, l’ostéopsathyrose de Lange n’a plus sa place. Nous préférons la définition de Broca, qui considère comme relevant de l’ostéopsathyrose « les cas où, la fragilité osseuse remarquablement généralisée étant démontrée, nous ignorons quelle est la nature réelle de la maladie
causale » et par conséquent ne préjuge rien de l’avenir.
4° Faut-il éliminer tous les cas où le rachitisme peut être soupçonné ? — Nous examinerons dans les chapitres spéciaux la valeur des divergences qui ont pu se produire entre les différents auteurs. Mais il est un point qui, dès le début, doit être éclairci, nous voulons parler des rapports du rachitisme et de l’ostéopsathyrose.
Tous ceux qui ont traité de l’ostéopsathyrose s accordent à éliminer, de prime abord, tous les cas où il y a rachitisme apparent du sujet, et, comme les auteurs du xviii® siècle, ils font remonter à cette diathèse la cause de la faiblesse ou mieux de la fragilité osseuse. Certes, comme les hypertrophies des épiphyses, comme les décollements diaphyso-épiphysaires, et quoique d’une fréquence moindre, les fractures chez certains sujets doivent être mises sur le compte du rachitisme. Mais comment expliquer qu’on trouve tant de rachitiques présentant de notables altérations épiphysaires et qu’on en trouve si peu victimes de fractures véritablement multiples ; mais que penser, lorsque ces fractures se multiplient, pour ainsi dire, à l’infini, lorsqu’elles affectent cette forme familiale que l’on prête à l’ostéopsathyrose, lorsqu’elles empruntent à cette dernière affection les traits caractéristiques de sa symptomatologie et de son évolution. Et tels sont les cas qu’à dessein nous présentons dans nos observations,en face d’observations types d’ostéopsathyrose ?
Et même, si nous allons au fond des choses, ne voyons-nous pas que, quoique l’auteur s’en défende dans certains cas (obs. XVI), le rachitisme peut être incriminé.
Ne sommes-nous pas. autorisé à penser que les deux affections ne . s’excluent pas si radicalement ; que si entre elles il n’y a pas parenté, il n’y a pas du moins antagonisme . ? Les ostéopsathyrosiques, dit-on, ne sont pas toujours des rachitiques : d’accord, mais les rachitiques ne peuvent-ils être en même temps des ostéopsathyrosiques ?
Est-il possible de faire concorder et de rattacher à la même cause ces deux processus si différents : l’un d’hypertrophie épiphysaire, l’autre de raréfaction osseuse diaphysaire (car cela semble bien être la principale lésion anatomique de l’ostéopsathyrose)?
Si oui, l’ostéopsathyrose, dans toutes ses variétés, ne sera plus qu’une dépendance, qu’une forme incomplète du rachitisme : sinon, nos rachitiques polyfracturés ont le droit de se réclamer de l’ostéopsathyrose.
5° Caractères généraux de Vostéopsathyrose. — Quoi qu’il en soit, l’allure même de l’affection n’est pas modifiée par l’adjonction de cas où le rachitisme peut être soupçonné. Avec eux ou sans eux, l’ostéopsathyrose se caractérise surtout par sa forme souvent familiale, par son début dans l’enfance chez des sujets en pleine santé, par la facilité avec laquelle se produisent les fractures, par la multiplicité de
ces dernières, par leur consolidation rapide et l’atténuation des symptômes dont elles s’accompagnent.
Ce sont ces points que cherchent à mettre en évidence toutes les observations que nous publions maintenant, ce sont les traits communs et aussi les dilférences qu’elles présentent entre elles, au point de vue d’autres symptômes, tels que cals et déformations consécutives que nous essayons de mettre en lumière, dans de courts résumés précédant chaque observation.
Nous avons voulu également attirer l’attention sur les deux dernières observations (obs. XIX et XX). Leurs auteurs y ont vu des cas d’ostéopsathyrose ; mais Biggs (obs. XIX) est beaucoup trop bref sur les antécédents morbides de son sujet et Enderlen (obs. XX) ne paraît pas avoir songé à une spécificité, pourtant probable chez son malade.
Faut-il voir là une forme particulière de l’affection ; ou, au contraire, doit-pn éliminer ces observations comme relevant d'autres causes ? Ne pouvant trancher la question, nous les enregistrons ; nous les étudierons même, sous toute réserve.