‹ Contribution à l'étude de l'ostéosynthèse ouverteChapitre 13 sur 56 · ONE STORES · texte numérisé non relu

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citera jamais assez. « Que si la playe n’estoit suffsante, il l’acreust avec un rasoir pour remettre plus aisément les os en position naturelle et qu’il recherchast diligeamment dans la playe pour oster les fragments, pièces des os qui pourraient estre du tout séparés : mesme qu’il exprimast et feist sortir le sang qui estoit en abondance aux environs de la playe. »

On apprend ensuite que la plaie fut pansée à plat et bien maintenue dans un appareil à atelles permettant la mobilité du genou et du cou-de-pied. L’essentiel du traitement des fractures ouvertes tient dans ces quelques phrases. Il y aurait bien peu de choses à y ajouter actuellement.

En dehors de l’Europe civilisée, on a probablement pratiqué des ostéosynthèses. D’après DE Comerras, chirurgien de la marine, qui a intelligemment observé les Tahitiens et les Marquisans au milieu du siècle dernier, et qui a relaté quantité de détails médicaux intéressants et pittoresques (Topographie médicale des Iles de la Société. Thèse de Montpellier, 1845). les Polynésiens semblaient connaître depuis fort longtemps la ligature osseuse. Mais le texte de DE CoMEIRAS n’est pas parfaitement explicite.

Mais surtout les Arabes semblent avoir pratiqué

depuis longtemps la ligature des os. Le fait est in-

téressant en s01, et aussi parce que la ligature et la suture osseuses ont commencé à apparaître en France peu après la conquête de l’Algérie. Il est possible que les chirurgiens de l’armée l’aient appris en Al-

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gérie au contact des médecins arabes. C’est l’opinion de BÉRENGER-FÉRAUD, dont il faut mettre au premier plan le « Traité de l’immobilisation directe des fragments osseux dans les fractures. (Paris 1870). C’est le premier livre français sur l’ostéosynthèse, qui contient un grand nombre de documents cliniques et opératoires. BÉRENGEr-FÉrauD est le premier chirurgien qui ait envisagé dans son ensemble, en une conception claire, le principe et les spphee tions de l’ostéosynthèse.

Bérencer-FéRAUD a eu par son frère, qui était en Algérie au moment de la conquête, des détails très intéressants concernant le traitement des fractures ouvertes — pratiques qui semblent très aneiennes dans la chirurgie arabe, essentiellement routinière. See

« Si un homme a reçu un coup de feu qui lui ait brisé un os, le téb1b ou toubib fait une incision à l’aide d’un petit couteau bien affilé, met l’os à nu et retire toutes les esquilles. Il arrondit les pointes de l’os, afin qu'il ne déchire pas les chairs, rajuste les fragments et les entoure avec du fil d’Halba (1), il lave la plaie avec de l’huile, rapproche les chairs. et entoure le membre avec un morceau de euir, après lequel il a cousu des attelles en Kélar. Cet appareil est arrangé de manière que la partie où a été pratiqué l’incision reste à nu, afin de la soigner et amener la cicatrisation. »

(1) L'halba est un fil organique, provenant des téguments que le chameau a le long du dos, dé la tête à la queue, Il est difficile de dire s’il est ou non résorbable.

Il y a là, à peu de choses près, tous les temps d’une technique moderne — et cela rappelle les admirables

conseils à la fois simples et précis que donnait Am-

broise Paré, au chirugien qui allaït le soigner pour une fracture ouverte. |

Les arabes ont donc incontestablement pratiqué la ligature osseuse. Cependant, il n’en est pas fa't mention dans la chirurgie d’Azgucasis, fort anciennc il est vrai (x1° siècle). :

En France, les premières ostéosynthèses vont être faites peu après la conquête de l’Algérie, et il est possible que les chirurgiens français (BauDENs en particulier) aient eu connais ance des pratiques arabes.

Cependant, la RE de l’ostéosynthèse métallique au siècle dernier semble ete aux Américains.

En 1825, Kearwvy- Hour (de New-York) fait:

avec succès une suture métallique du radius pour fracture récente. C’est à notre Vote “la première ostéosynthèse métallique.

En 1826, le même Kearny-Rodgers fee une suture au fil d'argent de l’humérus pour pseudarthrose.

Quelques années plus tard, on trouve 2 cas opérés par Varenrine-Morr : 2 sutures osseuses pour pseu darthrose humérales, l’une faite en 1831, ue en. 1839. 2

Enfin Crea fait au début de 1839, 2 sutures osseuses avec succès : l’une pour une fracture du fémur, l’autre pour pseudarthrose humérale.

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