‹ Contribution à l'étude de l'ostéosynthèse ouverteChapitre 14 sur 56 · FRS · texte numérisé non relu

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ependant en France, FLauBerr (de Rouen), fait en 1338, pour une pseudarthrose humérale, la première ostéosynthèse métallique.

La même année, il fait une seconde suture osseuse pour fracture ouverte de l’humérus.

Le mérite de Flaubert est certain. Il n’avait probablement pas connaissance des faits américains, qui furent tous publiés ensemble, et seulement dans les numéros d’octobre 1839 du « New-York Médical and surgical journal ». Les 2 observations de Flaubert furent elles aussi publiées en 1839, dans la thèse de Laloy (Paris 1839). Mais Flaubert avait opéré en 1838, un an avant la publication des observations américaines. Il est donc peu certain qu'il en ait eu connaissance.

Quoiqu'il en soit, les ostéosynthèses vont se multiplier à partir de ce moment, dans des conditions sur lesquelles nous insisterons.

En 1840, BauDens publie une belle observation de ligature des fragments osseux pour fracture de la mâchoire — suivie de succès — moyen qui lui avait, dit-il déjà réussi en Afrique pour des fractures par coups de feu.

En 1842, Nornis, fait la première suture de la rotule (ce fut d’ailleurs un échec, le blessé mourut le 4e jour).

Depuis lors, les observations se succèdent, nombreuses, se rapportant au maxillaire inférieur ou à la rotule. [l est curieux de voir l'énorme proportion des fractures de la mâchoire avec perte de substance ainsi traitées.

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Quant aux os des membres, pour revenir à notre sujet, on trouve à cette époque d’intéressantes observations :

En 1848, Brarnarp (de Chicago) réussit une ligature au fil d'argent pour pseudarthrose fémorale. En 1850, Verreau (Gazette des Hôpitaux, 18 mai 1850), publie une tentative, non suivie de succès d’ailleurs, de suture métallique pour pseudarthrose

humérale.

En 1851, Lonc (de Toulon) fait 2 ligatures osseuses pour fracture ouverte. L’une d’elles semble avoir été une magnifique intervention conservatrice, faite d’instinct, et elle avait vivement frappé Bérenger- Féraud, élève de Long, qui la rapporte au début de son livre. Nous nous excusons de citer en entier cette page de Bérenger-Féraud, mais c’est une admirable observation d’ostéosynthèse ouverte, et, en outre, un beau témoignage de l’état d’esprit des premiers chirurgiens français qui firent des ostéosynthèses.

« Au début de ma carrière médicale — {ce sont les premières lignes du livre de Bérenger-Féraud), pendant que j'étais interne à l’Hôtel-Dieu-Saint-

Esprit de Toulon, en 1851, on apporta dans ‘e service

des blessés un malheureux ouvrier qui s'était brisé comminutivement la jambe en tombant dans un escalier. La fracture était si malheureusement compliquée, que l’amputation immédiate semblait commandée sans hésitation ni retard. Cependant mon vénéré maître, le D' Long, chirurgien en chef de

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l’hôpital, crut pouvoir tenter la conservation, quelque faible que fut l’espoir de la voir réussir. Il se déclara bientôt une longue série d’accidents formidables d’inflammation et de purulence qui fit regretter de n’avoir pas enlevé le membre dès l'entrée du malade à l’hospice. L'opération fut décidée, elle allait être faite quand M. Long, cédant à la résistance absolue du blessé, qui préférait la mort à la perte de sa jambe, agrandit les incisions qui avaient été faites successivement depuis plusieurs jours pour donner issue à la suppuration du foyer de la fracture, mit les fragments osseux à nu, les lia avec des fils de p'omb enroulés autour du tibia, comme -on réunirait les bouts d’un bâton cassé, et, à notre grand étonnement, conduisit ainsi le malade à parfaite guérison sans claudication ni raccourcissement de ce membre qui avait pendant longtemps paru irrévocablement perdu. J’avais aidé à l'opération, j'avais pansé de mes mains le blessé pendant de longues semaines. Aussi comprend-on que cette cure extraordinaire me frappa vivement. Le moyen étrange de produire et de maintenir la coaptation solide des fragments osseux en les entourant d’un lien métallique m'intéressa d’autant plus que j'en avais entendu parler pendant mon enfance par des chirurgiens arabes, et que je l’avais jusqu'alors considérée comme une pure vue de la pensée d'un empirisme barbare. »

Bérenger-Féraud ajoute qu'il a revu le blessé

Pierre Moyse 2

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2 ans plus tard. Aucun incident n’était survenu. L'homme était « ingambe et agile ».

Entre 1851 et 1870, date de publication du livre de Bérenger-Féraud, la ligature et la suture osseuses sont souvent pratiquées. Mais il s’agit le plus souvent de maxillaires inférieurs, de rotules ou de divisions vélo-palatines. On trouvera cependant quelques observations de fractures diaphysaires.

En 1859, Cooper (de San Francisco), publie dans € The Cincinnati Lancet and Observer) une observation d’ostéosynthèse ouverte pour pseudarthrose infectée du fémur, avec consolidation parfaite en 3 mois. ;

En 1865, Lauarïer fait une suture métallique pour une pseudarthrose humérale. La même année, Demarquay fait une opération identique.

De 1865 à 1868, Fauvez (du Havre), pratique & sutures métalliques pour fractures ouvertes récentes de jambe. Dans les 4 cas il s’agissait de gros délabrements, aux limites de la conservation. La plaie fut laissée ouverte, par nécessité, dans 3 cas au moins. Le 4€ cas (obs. 3), n’est pas très explicite (il est d’ailleurs difficile pour nous actuellement de connaître tous les détails, tout le matériel de pansement, utilisés à cette époque).

Dans 2 cas la guérison fut parfaite.

En 1865, Lonc (de Toulon). fait une nouvelle suture pour fracture ouverte de jambe avec succès. En 1866, Bérencer-FÉRAUD, fait une suture du

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