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à propos d’une opération de ligature des fragments faite par Baudens :
« Je ne voyais pas den chances de réunion régulière que dans la suture de l’os proprernent dite ; c’est-à-dire que j'aurais passé 2 fils à travers 4 trous pratiqués avec le forêt à travers l’os, ce qui aurait fait un point de suture entrecoupé, pour chaque fracture ; et en pareil cas je n’hésiterais pas à agir de cette manière.
Je sais bien que ces résolutions hardies étonnent, effraient même les esprits pusillanimes ; mais la chirurgie n’est pas un jeu d’enfants, et elle n’a pas le droit de se tenir les bras croisés quand elle peut agir et quand son action n’entrainera aucun péril pour le malade. »
On retrouve là l’opposition des 2 éléments qui caractérisent Malgaigne. Ce grand chirurgien était peu opérateur et n’aimait pas à opérer. Il préférait l’enseignement au geste chirurgical. Mais sa compréhension de la chirurgie, de son évolution, son intelligence critique de tout ce qui touchait à elle, furent admirables.
Baudens avait également compris qu'il s’agissait d’une chose importante. Il propose d’appliquer la
ligature des fragments (qu'il appelle sa méthode)
aux fractures de la clavicule et écrit : « … ce traitement nouveau a une portée pratique immense sur laquelle nous reviendrons ».
Si nous jetons un coup d’œil d'ensemble sur la chirurgie opératoire des fractures, dans cette période
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qui dure un peu plus de 40 ans, de l’opération de Kearny-Rodgers (1825) aux premiers essais de la
chirurgie listérienne, nous y trouvons de nombreux
faits d’ostéosynthèse.
Aucune de ces ostéosynthèses ne fut pratiquée bien entendu pour une fracture fermée récente. Citons encore Bérenger-Féraud :
«… mais il est quelques autres moyens d’immobilisation directe : la suture et la ligature des os, qui
réclament péremptoirement cette existence d’une plaie
faisant communiquer le foyer de fracture avec l'air extérieur, pour être indiqués. On ne doit donc pas recourir à cette suture et à cette ligature des os dans les fractures simples, puisqu'elles nécessitent la dénudation des fragments, et l’on sait qu'il y a une si
énorme différence de gravité entre les fractures dont Je foyer est abrité de l’air et celles qui sont au contact
de l’atmosphère, que jamais un chirurgien prudent ne songera à convertir à plaisir et sans y être forcé par des considérations de premier ordre, une fracture dont les parties molles environnantes sont intactes en fracture avec plaie. »
En 1870, l’antisepsie listérienne, née depuis trop peu de temps, n’a pas encore pénétré en France. Ouvrir un foyer de fracture récente, cela paraît un geste crimincl, on le comprend aisément.
Mais lorsqu'il s’agit d’une fracture ouverte, où le foyer est d'emblée exposé, à découvert, le fait de maintenir les fragments par nu fil est un geste
pire
simple, élémentaire, instinctif, que les chirurgiens de cette époque firent très simplement.
En fait, les ostéosynthèses de cette période furent faites uniquement dans deux circonstances : les fractures ouvertes, les pseudarthroses.
Nous avons déjà insisté sur le premier cas.
Naturellement, l’emploi de l’ostéosynthèse dans les fractures ouvertes restait l’exception. « Dans les fractures compliquées de plaie, la suture n’est indiquée que lorsque la coaptation des fragments ne peut être obtenue de manière durable et facile par les moyens indirects ». Cette phrase de Bérenger-Féraud est encore exacte en tous points, et nous pourrons la reprendre pour notre compte. Mais lorsque la coaptation n’était pas obtenue, on n’hésitait pas à introduire, sans préoccupation théorique. un corps étranger dans le foyer, estimant avec raison que l’immobilité stricte des fragments était un élément capital. |
Pour les pseudarthroses, malgré le risque d’infecton du foyer, de suppuration prolongée, beaucoup de chirurgiens n’hésitèrent pas à opérer, — risquant de graves accidents pour essayer de remédier à l’infirmité grave que constitue la pseudarthrose d’un os long des membres.
B'en entendu « la suture ne sera employée que lorsque les autres moyens ne nécessitant pas la mise à nu des os ont échoué ». (Bérenger-Féraud.)
Avant de quitter cette période, si intéressante quant à notre sujet, il faut remarquer que parmi les chirurgiens ayant pratiqué l’ostéosynthèse, un seul