‹ Contribution à l'étude de l'ostéosynthèse ouverteChapitre 35 sur 56 · HE, TRE · texte numérisé non relu

HE, TRE

jours passés, ressortissent à l’ostéite, réserve faite, naturellement, que la fracture ait pu être réduite. Il s’agit donc d’une énorme question, par sa fréquence et son importance.

On pourrait croire, à priori, que toute mise à plat, toute ostéosynthèse ouverte entraîne fatalement une ostéite.

Il n’en est rien en réalité.

— Dans deux des observations que nous rapportons, il n’y eut aucune suppuration (obs. 10 et 19)

— Dans plusieurs autres, 1l y eut un suintement séro-purulent des parties molles, ou plus exactement de la couche des bourgeons charnus qui se formait peu à peu, mais certainement sans ostéite sous-jacente : la preuve en est donnée par le peu de durée du suintement, sa cessation dès que la couche de bourgeons recouvrit complètement la prothèse et eût bon aspect, l’absence complète d'écoulement ultérieur ou d’élimination spontanée de séquestre

(obs. 7 et: 16)

Restent les cas avec ostéites.

Roux et Senèque donnent le chiffre de 47,7 % dans les ostéosynthèses ouvertes.

Darfeuille donne 45 %,.

Nos chiffres sont très voisins. On trouvera à la fin de ce travail, au chapitre « Résultats » le détail des cas avec ostéite. Nous avons relevé dans 47,3 % des cas une ostéite sérieuse ou grave — soit qu’elle ait entraîné simplement une suppuration de longue

durée, dépassant un an — soit qu’elle ait obligé à une réintervention, grattage ou évidement, soit qu’elle ait empêché la consolidation,

Il est d’ailleurs nécessaire de Arr des

ostéites légères et des ostéites sérieuses ou graves.

Il est souvent difficile de comparer à ce point de vue des statistiques différentes.

Certains comptent toutes leurs ostéites, si légères soient elles. |

D’autres ne comptent que celles ayant obligé à réintervenir.

Il y a intérêt à distinguer à notre sens :

des ostéites légères — celles traduites simplement par une suppuration plus ou moins prolongée ; par une fistulisation intermittente ou permanente de la plaie, ou par une élimination spontanée de petits séquestres, le tout ne dépassant pas un an, et surtout n'empêchant pas la consolidation, permettant la marche dans les délais habituels, et pour lesquels enfin il n’est pas nécessaire de réintervenir.

— Et des ostéites sérieuses ou graves — celles traduites par une fistulisation qui se prolonge au delà d’une année, celles s accompagnant de pseudarthrose, ou celles ayant exigé une nouvelle intervention sur l’os : grattage, évidement ou greffe.

Si nous examinons les observations que nous apportons au point de vue de l’ostéite, nous avons 19 observations utilisables. Sur ces 19 cas : 4 fois il n'y eut pas d’ostéite, soit 21 9/ des cas, 15 fois il y eut ostéite,

ui es

soit 79 %, des cas. Dans 6 cas il ne s'agissait que d’une ostéite légère soit 31,6 %.

Dans 9 cas enfin, il s’est agit d’ostéite sérieuse ou grave soit 47,3 %.

En pratique, les accidents d’ostéite légère comptent peu : ils ne retardent pas la consolidation, permettent la marche, autorisent la reprise d’une vie presque normale, où quelques pansements sont plus ennuyeux que réellement pénibles. Ce sont des incidents qui ne comptent pas en regard de ce que risquait le blessé.

En retenant donc seulement les accidents d’ostéite sérieuse ou grave, on note le chiffre relativement faible de 47,3 %, pour une série de 19 ostéosynthèses ouvertes, dont beaucoup étaient loin de se présenter dans des conditions favorables (broiements, pseudarthroses infectées, etc...)

Parmi ces ostéites importantes, une seule a obligé à enlever la prothèse très précocément, le 10€ jour (obs. 11). Malgré la double immobilisation d’une plaque de Sherman et d’une gouttière plâtrée, le blessé en état de commotion cérébrale avec agitation extrême, parvint à faire sauter les vis de la plaque, la mobilisation des fragments entraîna rapidement une ostéite importante et quand on intervint au 108 jour on trouve un os noir baignant dans le pus. Dans ce cas l’ostéosynthèse ouverte n’a pu Jouer et mettre au repos le foyer, parce que l’agitation du blessé fit sauter la prothèse. On ne peut donc incriminer absolument la synthèse. Il faut remarquer

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