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par sa présence, par l’irritation qu’elle détermine, par les manœuvres qu’entrainera la pose de la prothèse, ne puisse qu’exagérer les manifestations infectieuses locales et peut-être même déclencher une dangereuse dissémination microbienne.
Dans la réalité, nous le verrons, c’est presque toujours l’inverse qui se produit — et l’on assiste à une décroissance parfois très rapide de tout phénomène inflammatoire en même temps que s’effectue la consolidation.
Ces faits, pour paradoxaux qu'ils puissent paraître, sont connus depuis longtemps.
Dans l’étude historique que nous avons ébauchée, nous avons montré que beaucoup d’ostéosynthèses avaient été faites au x1x€ siècle, jusqu’à la période l stérienne, pour des fractures ouvertes infectées, non récentes. L'observation de Long est un admirable succès d’ostéosynthèse pour pseudarthrose gravement infectée. En présence de ce foyer infecté, mais aussi de ces fragments mobiles, non coaptés, l’instinct chirurgical avait dicté à Long d’immobiliser les fragments, de mettre au repos le foyer. C’est ce qu’il fit, sans s’encombrer du préjugé théorique du « corps étranger ».
Pendant la guerre, la fréquence des fractures graves par projectile fut énorme, et les pseudarthroses infectées furent d’une observation courante. Dès le début de ‘a guerre Vrczarp comprit l'intérêt qu'il y avait à maintenir de façon stricte le contact des fragments osseux dans un foyer infecté mais où la
ONE ET En PARU TES
mobilisation continuelle des extrémités osseuses lors des pansements contribuait probablement à entretenir l'infection locale. Villard utilisa dans presque tous ses cas la plaque de Lambotte, et par-. fois la complexité des délabrements osseux était telle, que, pour conserver une esquille importante il utilisa 2 plaques. Les résultats furent excellents, Sur 36 cas publiés au début de 1916 dans l’excellente thèse de son élève Bocca, il n’y avait ni amputation ni mort. Toujours la conservation avait abouti et il s'agissait très souvent de broiements ou de pseudar- : throses gravement infectées, que beaucoup auraient délibérément amputés. | : ;
Dans la plupart de ces cas infectés, Villard note la sédation — trop constante et trop nette pour qu’on puisse parler de coïncidences — des phénomènes d'in ection locale et générale : disparition des douleurs, des fusées purulentes au niveau du membre, retour progressif de la température à a normale.
Tixrer, Partez et d’autres publièrent pendant la guerre d’autres observations de ce genre.
En 1917, Tixrer apporte à la Société de Chirurgie de Paris 22 observations de pseudarthroses humérales infectées, avec suppuration persistante, relativement anciennes (4 à 19 mois). Il avait employé dans tous les cas de grandes plaques) afin de visser le plus loin possible du foyer: de -racture), sans jamais y ad oindre de greffe osseuse. Le principe des pansements rares .ut appliqué systématiquement, et le matériel métallique enlevé dans tous les cas. Les
résultats de Tixier furent remarquables. 22 cas : 17 succès. 5 échecs.
Tixier faisait une fermeture partielle et un drainage large. Parez, en 1918, apporta à la Société de Chirurgie, 4 observations de pseudarthroses infectées traitées par l’ostéosynthèse métallique où la perte de substance cutanée et musculaire empêcha tous recouvrement de la plaque, qui resta ainsi franchement à nu, exposée à l'extérieur. Dans les 4 cas (une fracture basse de jambe opérée le 408 jour, une fracture sous-trochantérienne opérée le 332 jour, une fracture de euisse opérée le 69 jour, une fracture des 2 os de l’avant-bras, opérée le 48e our), il s'agissait de cas des plus défavorables, très infectés et à la limite de la conservation: Dans les 4 cas, la consolidation se fit, totale, indiscutable, dns des délais normaux, en 2 à 3 mois.
Parmi les observations que nous rapportons à la fin de ce travail, 5 ont trait à des pseudarthrosesinfectées.
Dans l’une (obs. 12), une fracture ouverte de jambe est suturée d’urgence. sur drainage fliforme. On intervient au 60€ jour, parce qu’il y a suppuration et pas de trace de consolidation. On pose une plaque de Lambotte et on 'aisse la plaie ouverte. Le blessé sort de l’hôpital 5 mois plus tard, avec une jambe solide. Le résultat final est très bon. é
Dan un 28 cas (obs. 13), on intervient chez une femme porteuse d’une fracture humérale non consolidée, fistuleuse, un mois après l’accident initial. La plaie fut fermée en 4 mois et la consolidation
était à ce moment effectuée. 4 ans plus tard on en lève une petite esquille libre, mais il n’y a pas d’ostéite en évolution (la plaie n’a plus jamais suinté) et on peut refermer sans drainage. Résultat très bon.
Dans un 3% cas, il s’agit d’une fracture de jambe avec petit orifice cutané qui avait été opérée d’urgence : débridement, nettoyage, fermeture partielle après mêchage. Au 36€ jour, on intervient parce que la suppuration persiste et qu’il n’y a aucune coaptation des fragments. On immobilise par une plaque et 6 vis et on laisse ouvert. Les suites furent satisfaisantes. La plaque fut enlevée au 74 jour. La consolidation était complète au 6€ mois. Il y eut une ostéite légère maïs persistante (2 ans). Le résultat final est très bon.
Dans un 4€ cas, il s’agissait d’une pseudarthrose très infectée et grave du fémur, avec raccourcissement et déformation considérable. On intervient au 9% mois et on immoblise les fragments, péniblement réduits par une p'aque à 6 vis et on laisse tout ouvert. Les suites furent excellentes et la consolidation se fit dans des délais extraordinairement courts (27 Jours). Le résultat final fut très bon.
Dans le dernier cas, une fracture ouverte de jambe, non réduite, avec suppuration persistante, est réopérée au 328 jour, réduite après régularisation des fragments et excision d’une interposition fibreuse épaisse, et maintenue par une plaque et 6 vis. Aucune suture cutanée. Les suites sont bonnes. Il y a