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sujets non aliénés. JARJAVAY, la même année, signale leur fréquence chez les lutteurs et les boxeurs de profession.
MERLAN, interne de Charenton, en 1853, rapporte quatorze cas recueillis pendant l’année dans cet asile et, dans six cas, la tuméfaction siégeait aux deux oreilles mais à des degrés différents.
Basrran, en 1855, MALLEZz, en 1858, STIFF, en Angleterre, choisissent l’othématome comme sujet de leur thèse inaugurale. | |
DELASIAUVE, en 1858, publie dans la Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie six nouveaux cas observés à l'asile de Nantes, par PErir. L'année, suivante, MARCÉ relate un fait très curieux chez un de ses malades : en même temps que les deux oreilles sont le siège de tumeurs sanguines, il se produit un épanchement de sang dans l’une des paupières supérieures.
Achille Fovice fait faire un pas de plus à la science en précisant qu’il n'y a point identité entre les hématomes des aliénés et ceux que l’on observe chez les boxeurs, mais il place le siège de la collection sanguine, dans les deux cas, entre le fibro-cartilage et le périchondre.
En 1860, DumesniL (in-Annales médico-psychologiques) rejette absolument le traumatisme dans l’étiologie des othématomes. Il admet qu'ils se forment uniquement comme conséquence de lésions internes très étendues et qu'ils sont en toutes circonstances, chez les aliénés, d’un très mauvais augure. Cette assertion vaut à l’auteur une sérieuse réplique de Joire (Gazette des Hôpitaux de la même année), qui se montre le partisan convaincu du traumatisme qui suffit à expliquer tous les cas observés. Cette opinion est vigoureusement soutenue, la même année, par GUDDEN, de Verneck, qui établit une sorte de corrélation entre l’'othématome des aliénés et les tumeurs du même genre qui - déforment le pavillon chez les athlètes. Nous avons rapporté plus haut qu'il cite comme témoins les statues des lutteurs célèbres de l'antiquité. Mr
YuxG, de Leubus (1861), et Mass (1862) ne sont pas du même avis. Ils attribuent cette affection à un état congestif de l'encéphale et à une diminution de l’action trophique des nerfs.
Dans sa thèse de Strasbourg, Kunx, en 1864, constate qu'il a trouvé l’othématome dans toutes les formes de l’aliénation mentale, mais il le rencontre surtout chez les malades cachectiques « son apparition coïncide toujours, dit-il, avec cette période de l’aliénation mentale où les fonctions de la vie végétative ont en grande partie perdu leur vitalité, où l'inertie intestinale met obstacle à la nutrition et où le marasme épiphénomène ultime menace l'existence ».
En 1867, VircHow trouve, dans un cas d’othématome, le périchondre adhérent au cartilage, et il attribue cet épanchement à une lésion inflammatoire du cartilage.
Ducros, dans sa thèse de Montpellier, la même année, ne veut pas que l’on confonde l’othématome des aliénés et celui des lutteurs ou des personnes saines. Il se fait, en outre, le défenseur des idées de VircHow.
En 1868, à la Société de Biologie, BELHOMME, BROCA, DuMOXPALLIER, LABORDE, MAGNAU et GUBLER, discutent sur la pathologie de l'othématome. Nous y reviendrons-plus tard. .. Fovire fils pense que l'othématome est dû à un trouble trophique d'origine centrale et que sa production est un fait analogue à ce qui se passe dans la fameuse expérience de Claude BERNARD, quand on coupe le nerf sympathique chez les arimaux.
Un peu plus tard paraissent de nombreux travaux sur la question, qui méritent d’être signalés, ce sont : un article de CAsTrELAIN, dans le Bulletin de Médecine du Nord, 1870; la thèse de CLAVERIE, à Paris, la même année.
En 1876, BoNNET et POINCARRÉ se montrent les partisans convaincus de la théorie de A. Fovizze. Ils trouvent en effet, chez les paralytiques généraux, le sympathique d'autant plus lésé que les malades s'acheminent vers la
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mort et la destruction de ce nerf correspond à sa rupture physiologique.
Depuis cette date, les travaux parus sont très nombreux. Magicce, en 1878, fait à Nancy sa thèse inaugurale sur l'othématome. BouTEILLE, en 1880, après une minutieuse enquête, conclut un article dans le Marseille Médical en disant que le traumatisme est l'unique cause de l'othématome, bien qu'il fasse quelques réserves sur les causes prédisposantes.
Meyer, en 1880, rapporte trois cas d'othématomes survenus chez des personnes saines d'esprit et traitées avec succès par le massage (Archiv. f. Ohrenheilk).
En 1881, VALLoON fait paraître dans l’Encéphale une note sur le siège anatomique des hématomes du pavillon. Ils siègeraient, d’après lui, entre les lames du périchondre.
BELLANGER, en 1883, fait un examen détaillé de la tumeur et indique qu’elle se produit, dans quelques cas, dans le cartilage lui-même.
En 1884, Térarp, à Paris; en 1885, DuraAND-PESCHAUD,
à Montpellier; en 1887, HOFFMANN, font de l’othématome le sujet de leur thèse inaugurale.
En 1886, BRowN rapporte le cas d'un othématome guéri par le massage galvanique et l'application de sangsues (The Medical Record).
La même année, Mac DoxaLp renverse toutes les opinions émises jusqu'à ce jour en ce qui concerne le pronostic chez les malades aliénés atteints d'othématomes. Il publie, en
effet, dans le Journal of nervous and mental deseases, trois
cas de guérison de la folie à la suite de la forination d’un othématome.
En 1887, COMBEMALE publie, dans le Montpellier Médical, quatre cas d'othématomes survenus dans le courant d'Avril et Mai, mais il attribue ces faits à la présence d’un gardien brutal. |
LEBRUN, en 1887, donne, dans le journal La Clinique, le
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résultat des injections d'éther iodoformé dans le traitement des othématomes.
SOUTHAN, en 1888, signale un cas d'othématome dans le British Medical Journal.
GROSSMANN, en 1889, croit à une altération FORTE du cartilage.
En 1890, BrowxNER publie, dans le British Medical Jour nul le mode de production des othématomes traumatiques.
RousE-ROUSE, en 1892, dans The Lancet, ne doute pas que l'othématome soit d’origine traumatique, et il fait cette remarque curieuse que l'on observe beaucoup moins souvent cette affection dans les classes supérieures de la société que dans les classes inférieures, de même qu'il a observé cette différence dans les Asiles privés et dans les Asiles publics.
Tisakorr, en 1892, publie, dans The Lancet, dix es tions de malades atteints d’othématomes. Il/pense que l'exposition du cartilage aux influences extérieures détermine une périchondrite qui serait l'unique cause de cette affection.
La même année, à la « Société d'Anatomie et de Physiologie normales et pathologiques de Bordeaux », une discussion s'engage entre COYNE, FERRON et MouRE sur un cas d'othématome présenté par CHAVANNAZ, pour savoir sil s'agit ou non de cette affection. MourE pense qu'il a affaire à un kyste séreux du pavillon et il ne croit pas le traumatisme indispensable à la production de cette lésion. Il rapporte à l'appui de son opinion l'observation d'un instituteur qu'il a’opéré pour une lésion semblable survenue sans traumatisme. Contrairement à ce que pensent FERRON et Cove, il croit à l'existence d’une poche kystique adhérente aux deux lames du cartilage très aminci, et qu'il faut de larges incisions pour obtenir la guérison (Journal de Médecine de Bordeaux, 1893).
Marais, en 1893, rapporte, dans les Annales Médicales de Caen, un cas d’hématome spontané du pavillon.
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En 1896, CoNACHIE, dans le Journal of eye, throat deseases, propose un traitement de l’othématome par les lotions froides combinées aux injections de substances irritantes telles que l'acide phénique.
- OLiviER, en 1897, dans son article du British Médical Journal, croit que l’othématome serait dû à une maladie du sang et en fait un accident de la chlorose. Il rapporte le cas d’une femme de 36 ans, à qui l’on administra du fer et de l’arsenic; l’état général s’améliora rapidement et l’othématome disparut.
Enfin, ZEiscer, en 1901, dans le Journal of cutaneous and genital urinal deseases, fait paraître une observation d'othématome, qu'il attribue à la syphilis.
RaviarT et CHARDON montrent, dans le Nord Médical, la photographie d’un homme atteint de paralysie générale porteur d’un othématome.lls croient à l’origine microbienne
‘ de cette affection, malgré que ce fait ne soit pas démontré.
La même année, MiGxoN rapporte, à la Société Française de Laryngologie, le.cas d’un garçon de neuf ans, entouré de tous les soins, porteur d'un othématome. Il lui donne une origine spontanée.
Signalons en passant la thèse d'HorrTELoOuP, de Paris 1905, sur l’étiologie de l’othématome:
Voss, en 1906, étudie, dans les Arch. È Ohrenkheilk, Lxvu!, la théorie microbienne ; nous verrons que les résultats, comme le montre l'étude de CENI, sont entièrement négatifs.
Plus tard, en 1910, MACKENZIE, HUTTIN; URBANTSCHITSCH font, dans la Revue d'oto-rhino-laryngologie, plusieurs publications au sujet des othématomes. |
Il faut arriver en 1917 pour trouver un nouvel élément d'étiologie de l'othématome. Dans un article, publié dans le Journal de Médecine et de Chirurgie pratique, Pierre-Louis MARIE fait de cette affection une sorte de maladie par carence. Il rapporte à l'appui de cette opinion dix observations de prisonniers très mal nourris et très débiles atteints
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d'othématomes, qu'il a observés pendant sa captivité au camp de Zossen.
Dans son livre, M. RÉGis fait de l’othématome un symptôme de paralysie générale et la conséquence des troubles trophiques. Il l’associe en celà aux escarres, aux plaies du décubitus, aux plaies qui guérissent chez eux si difficilement, au mal perforant, à la chute spontanée des ongles et des dents.
A. MARIE, dans son livre de psychopathologie internationale (tome 11), fait le même exposé clinique.
Pour terminer cet historique, que nous avons essayé de faire aussi complet que possible, nous signalerons le dernier article de VERDELET et J. CHAVANNAZ, parus dans le Journal de Médecine de Bordeaux, traitant de l’othématome.
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