‹ Contribution à l'Étude de l'OthématomeChapitre 14 sur 25 · APT · texte numérisé non relu

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matome double coexistant avec une tumeur sanguine de la paupière supérieure chez un même sujet (Annales médicopsychologiques, 1852). Chez ces sujets prédisposés aux congestions encéphaliques, les tumeurs sanguines formées en n'importe quel endroit du corps ne sont souvent qu'une heureuse déviation.

Voss croit tellement à l’origine traumatique de l'othématome qu'il le compare à l'affection déjà décrite par MorEL- LAVALLÉE sous le nom de « Décollement traumatique de la peau et des couches sous-jacentes ».

« En effet le décollement se produit entre la peau et le fascia superficialis ou dans les couches plus profondes. Autour du décollement dans un ou plusieurs endroits se forment des abcès dus à l’inflammation du sang extravasé ou de l'œdème. Si l'on enlève le liquide contenu dans la poche il se reforme aussitôt. Il ne se résorbe spontanément que dans les petits décollements. Dans les grands épanchements abandonnés à eux-mêmes, ils persistent des mois et des années. Le liquide ne se coagule pas in vivo, ce qui permet de le distinguer des simples épanchements sanguins; il est citrin, rouge et rouge vineux. Il se forme un dépôt de globules rouges déformés. In vitro, le liquide se divise en trois couches : la supérieure épaisse est formée de corpuscules graisseux, la moyenne a la composition du sérum sanguin, l’inférieure de globules rouges déformés. Le caractère pathognomonique de ce liquide est d’être incoagulable.

L'othématome est un décollement traumatique de la peau. Comme lui il est situé profondément ou superficiellement. Le liquide épanché se reforme aussitôt qu’il a été extrait; il ne se coagule ni in vivo ni in vitro. C’est de la lymphe. Le pavillon est d’ailleurs recouvert d’un lacis de Iymphatiques ; quelquefois les corpuscules graisseux manquent car la peau du pavillon est très pauvre en graisse ».

KouLer pense qu’un choc tangentiel a l'effet de la torsion sur les petits vaisseaux qui ne saignent pas tandis que la lymphe se répand. Pour la quantité de liquide, les auteurs

M phst s'accordent à décrire une poche pleine au début et sans fluctuation, cela tient à ce que la peau est intimement unie au cartilage.

Pour Voss donc il n’existerait pas d'othématome spontané, ceux qui coexistent avec des engelures sont dus aux frottements exercés pour réchauffer la partie gelée. L'hématome de la cloison du nez et du larynx serait de même nature et provoquée par une cause identique.

Ainsi d’après un grand nombre d'auteurs, le traumatisme, le froid, la chaleur, expliquent l’étiologie d'un grand nombre d'othématomes; cependant nombreux sont les partisans de leur origine spontanée possible particulièrement chez les aliénés et c’est pour cette raison que nous sommes obligés de rechercher les causes internes de l’othématome.

Causes internes.

Dans un grand nombre d'observations, le traumatisme ne peut être retrouvé à l’origine de l’othématome. C’est ainsi, pour ne citer que les cas les plus récents, que MiIGNon, de Nice, signale la production spontanée d’une collection sanguine du pavillon et son développement lent chez un garcon de 9 ans, particulièrement surveillé et entouré de: soins qui n'a jamais présenté ni phénomènes inflammatoires, ni douleurs.

De même MERCIER-BELLEVUE, de Poitiers, publie l’observation d'une femme sans antécédents pathologiques, ne présentant ni vice de nutrition ni maladie du système nerveux, central ou périphérique, qui vit, sans traumatisme, ni lésion aucune, survenir spontanément une petite élevure de la grosseur d'un pois à la surface de l’anthélix du côté droit. En six semaines la tumeur grossit progressivement jusqu’à acquérir le volume d’une noisette. La ponction fit retirer deux à trois centimètres cubes d’un liquide rosé.

BICHELONNE rapporte deux observations d’othématomes

spontanés de l'oreille droite, dont l’une était celle d’un

enfant qui allait en classe. L'idée que l’othématome était l'apanage des aliénés était tellement ancrée dans les esprits que ses camarades lui annonçaient malicieusement le développement d’une maladie mentale.

L'autre observation était d’un soldat de la 18 section des commis et ouvriers qui vit spontanément se développer à la partie supérieure de l'oreille sous le rebord de l’hélix une petite tuméfaction de la grosseur d’une noix. Chez ce soldat on ne trouvait aucun antécédent, pas de symptômes d'infection ancienne ou récente et surtout pas de syphilis.

ASLAN, de Padoue, ne cite-t-il pas l'observation d'un. chanteur âgé de 40 ans, qui sentit subitement pendant qu'il chantait une douleur violente à l'oreille gauche avec une sensation de tension, une diminution de l’ouïe accompagnée de malaise et de léger état fébrile. L'examen montra le conduit auditif externe-obstrué par une tumeur de coloration bleuâtre à large base insérée sur la paroi inférieure du conduit. C'était un othématoine.

Certains auteurs ont voulu voir dans l'étiologie de leur formation, des causes locales prédisposantes. C'est ainsi que VircHOW pense qu'il y a généralement un ramollissement du cartilage, une dégénérescence des cellules créant de petites cavités à contenu clair. Il y a une diminution dans la cohésion du cartilage. Les éléments de la substance

cartilagineuse deviennent si peu adhérents entre eux qu'ils

le sont moins encore que le périchondre et le cartilage l’un à l’autre, de sorte que le périchondre en se détachant emporte des fragments de cartilage et l'on pourrait retrouver l'empreinte de ces fragments visibles en des points correspondant aux places qu'ils occupaient avant dans le cartilage. |

Ne peut-on pas déceler cliniquement les lésions anatomiques préparatoires de l’othématome ? Nous ne le pensons pas. Tout au plus pouvons-nous dire, que ces othématomes

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