‹ Contribution à l'Étude de l'OthématomeChapitre 15 sur 25 · DATE · texte numérisé non relu

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et les épaississements du pavillon qui en sont la conséquense, sont préparés par un travail de chondromalacie observé par MEYER, qui devient presque la règle après la cinquantaine.

Il ne faut donc pas se borner à examiner l'oreille pour rechercher la cause de cette affection, il faut prendre des observations complètes et rechercher les lésipns organiques profondes, les diathèses et les affections générales commandant une friabilité spéciale des vaisseaux. C’est ainsi que ZEIssLER a observé un cas d’othématome chez un médecin de 40 ans et il l’attribue à la syphilis. L'accident primitif avait été excisé au pouce de la main droite. Six semaines après, il avait observé une roséole caractéristique avec engorgement ganglionnaire. Le traitement mercuriel faisait disparaître ces accidents. Quelques mois après apparaissait, sans autre cause probable que la syphilis, un othématome typique du côté droit. Des ponctions répétées n’amenaient point de guérison, la tuméfaction réapparaissant presque aussitôt. L'administration de l'iodure de potassium faisait au contraire disparaître l'othématome d'une façon rapide et définitive. Six mois après, on observait le syndrome de MENIÈRE avec des troubles trophiques d'origine centrale : fourmillements, engourdissements et picotements, aux extrémités des doigts de la main gauche. L'iodure de potassium faisait disparaître à nouveau très vite ces accidents.

ZEISSLER pense qu'il s'est agi dans ce cas d’une lésion syphilitique de la base du cerveau, ayant déterminé à la. fois tous ces symptômes cérébraux. Cette idée est bien conforme à l'hypothèse de BRoWN-SÉQUARD qui comme on le sait a pu provoquer chez certains animaux l’othématome du pavillon par la section du corps restiforme.

Si l'on cherche dans les statistiques dans quelles formes de l’aliénation mentale on observe le plus fréquemment d'othématomes, on s'aperçoit qu’ils se présentent justement dans les maladies où les troubles trophiques sont les plus marqués, les plus constants, voire les plus graves. Les sta-

tistiques de KuHN montrent 17, paralytiques généraux sur 63 malades examinés. MABILLE sur 22 malades trouve de même 10 paralytiques généraux: Nous-mêmes, sur 5 malades femmes que nous avons trouvé porteur d'othématomes à l’Asile de Picon, 2 étaient atteintes de paralysie générale. Puis viennent en seconde ligne la mélancolie, la démence avec réaction maniaque, la manie, puis plus rarement l'épilepsie, la démence simple, l'idiotie.

Voici trois observations de malades que nous avons étudiées à l'Asile de Picon.

OBSERVATION VIII (Personnelle.)

Marie K.., 31 ans, célibataire, entre à l'hôpital (Picon) le Le Mai 1918 pour troubles mentaux caractérisés par la confusion mentale, la fuite des idées, des propos absurdes et incohérents, des impulsions démentielles, enfin tous les symptômes d'une démence précoce. /

Après 15 jours d'observation, on reconnaît chez elle de la dissociation mentale caractérisée par l'indifférence émotionnelle, affective, de l'impulsivité, des stéréotypies, des accès de rire sans motif, de l'agitation par crise avec désordre des actes et de l'incohérence de langage. La maladie est ancienne et les chances d'amélioration sont nulles. Le 21 Juillet 1920 se produit un abcès de la face supéro-interne du bras, au voisinage du creux de l’aisselle. Le pus s'écoule abondant après l'incision, empâtement autour de labcès sans participation du creux axillaire. Gonflement généralisé du bras avec lymphangite en anneau et furoncle de la fesse.

En Décembre, incohérence très accentuée des idées et des propos. Érvotisme puéril. Impulsions très vives (la malade quitte sa baignoire ou son lit et frappe au hasard), totalement mdifférenté à sa situation.

Mars et Avril 1924, la malade reçoit cinq piqûres de novarsénobenzol de quinze centigrammes chacune.

A cette période, les surveillantes de la malade voient apparaître spontanément un hématome à l'oreille gauche, Nous ne pouvons

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