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- cerveau. C’est ce qui arrive dans les cas d'otite chronique compliquée de carie du rocher, surtout quand l’ostéo-périostite spécifique porte sur la paroi supérieure de la caisse.
On trouve dans la Thèse de Beugnon ! un exemple typique de ce processus pathogénique : dans le cas dont il s’agit, on voitun catarrhe purulent chronique de la caisse, compliqué de carie de la paroi supérieure, déterminer lentement et par contact direct la pachyméningite chronique etle ramollissement cérébral ; enfin, une complication aiguë, la méningite, entraîne rapidement la mort. n
20 Par transmission médiate ou à disiance, sans altération du tissu osseux intermédiaire, et grâce à la présence de conduits et d'orifices par lesquels l’inflammation ou ses produits parviennent à se propager.
La voie la plus fréquente sera l'oreille interne et le conduit auditif dans lequel chemine le nerf acoustique entouré d’un prolongement arachnoïdien ; d’autres fois, ce sera l’aqueduc de Fallope enserrant le facial; parfois on verra la propagation se faire par la fissure où s’insère le muscle interne du marteau ; ou bien encore par cette fissure pétro-squameuse, située à la partie supérieure de la caisse et à travers laquelle la dure-mère envoie à l’oreille moyenne des vaisseaux et les prolongements celluleux; enfin par l’envahissement secondaire des cavités mastoïdiennes. Quelquefois, la phlébite des sinus servira d’intermédiaire. Dans certains cas, il sera impossible de suivre la marche de l’inflammation, et c'est alors qu’on en sera réduit à invoquer, avec Guerder, l'intensité de la phlogose. En effet, pareils modes de transmission par contiguité seront, par opposition à la propagation directe, surtout fréquents dans les phlegmasies aiguës ou suraiguës du conduit auditif.
1 Beugnon ; Étude sur l’otorrhée et ses complications. Thèse de Paris, 1877, no 37 (Obs, x, pag. 67).
Quand c’est le pus qui fuse par l’une des voies indiquées, on peut habituellement invoquer, à l’origine des accidents, des phénomènes de rétention ; le pus ne se dirige vers la cavité crânienne par l’un des étroits conduits dont il a été question que lorsqu'il est accumulé sous pression dans la caisse du tympan. Cette rétention est favorisée par l’imperforation du tympan dans l’otite moyenne primitive, ou encore par l'oblitération totale ou partielle des conduits ostéo-membraneux qui font communiquer la caisse avec l'extérieur ; une telle oblitération est généralement due au boufsouflement inflammatoire du conduit auditif externe et de la trompe d’Eustache, à la présence de polypes à l’intérieur de ces canaux, dans quelques cas enfin à la cicatrisation de la membrane du tympan, spontanément ou artificiellement perforée, avec ou sans adhérence au prémontoire.
La connaissance de ces divers modes de provagation médiate est loin de constituer une nouveauté pathologique. Déjà en 1839 Zandvyk' avait établi que la lésion du cerveau et des méninges, au cours de l’otite, peut ne point être sous la dépendance de l’altération du rocher ou des cellules mastoïdiennes, qui ne montreraient, dans bien des cas, aucune trace de carie.
Voici quelques exemples, empruntés aux auteurs et destinés à donner une idée de la variété des mécanismes pathogéniques de l’otoméningite sans propagation directe aux méninges par continuité de tissu et développée indépendamment de toute altération de la surface interne du rocher.
Prompt? rapporte le fait suivant, tiré de Pagenstecher* : «Carie ancienne de la paroi supérieure du conduit auditif externe ; propagation du mal à la substance spongieuse de la pyramide ; perforation de la membrane du tympan, adhérence
1 Zandyk; Annales médicales de la Flandre occidentale et Gazeite médicale de Paris, 1859, n° 37, pag. 379.
2 Prompt ; loc. cit. (Obs. v).
3 Pagenstecher ; Langenbecks Archiv., Bd À.