ESC
d’une fistule sus-ombilicale communiquant avec l'intestin grêle. Le lendemain, il y eut une garde-robe très abondante succédant à 15 jours de constipation.
Vers la fin d'avril, à une extrême faiblesse et au gonflement persistant dn bas-ventre et du membre inférieur droit s’ajouta l’apparition de taches noirâtres disséminées sur la peau du bas-ventre, et bientôt ces points se transformèrent en orifices fistuleux qui donnèrentissue à un magma noirâtre contenant une quantité de petits calculs biliaires.
Lorsque la malade vint me trouver, les régions sus et sous-ombilicale étaient le siège de vastes clapiers rouges et indurés qui l’empêchaient de marcher.
Les fistules, au nombre de quatre, laissaient écouler un liquide sanieux, jaunâtre, teinté de bile. Toute la paroi abdominale était douloureuse au toucher depuis le rebord des fausses côte s jusqu’au pubis.
La malade perdait chaque jour ses forces et était minée par une sorte de fièvre hectique,
En sondant les trajets fistuleux, je m’assurai qu’il existait de nombreux clapiers au-dessous de la peau, et que de larges dé bridements élaient nécessaires. En outre l’introducsion du stylet dans l’orifice supér:eur me permit de constater existence de calculs biliaires, situés à 5 centimètres environ de la fistule. La présence de ces calculs rendait toute opération inutile, si l’on ne parvenait préalablement à extraire ces calculs.
Il fut donc résolu que l’orifice supérieur serait dilaté, que les calculs biliaires seraient extraits, el que l’on profiterait du sommeil anesthésique pour ouvrir largement tous les trajets fistuleux et les décollements de la peau.
Diancourt 4
ris
L'opération fut exécutée le 3 septembre 1876. Des tiges de laminaria de plus en plus grosses avaient dilaté Porifice ‘supérieur de façon à pouvoir ÿ introduire le doigt. Sur ce doigt je conduisis dans la vésicule des pinces à pansement ordinaire, et je retirai environ une centaine de calculs, dont je vais mettre les plus petits sous vos yeux, les gros calculs ayant été conservés par la malade. L’extraction opérée, les trajets fistuleux et les clapiers furent largement fendus et un pansement à l'alcool appliqué sur les plaies béantes.
Les suites de l’opération furent des plus simples. La fièvre hectique disparut ; l'appétit revint. Les plaies se détergèrent.
Je ferai seulement remarquer que la cicatrisation en fut extrêmement lente, phénomène qu’il faut attribuer au contact de la bile qui pendant quelques temps continua de couler sur les plaies.
Depuis deux ans et demi la guérison ne s’est pas démentie. Cette femme a repris tous les attributs d’une excellente santé. À 65 ans, elle mange, boit, dort et marche comme elle ne l’avait pas fait depuis ses 21 ans.
Réflexions. — Aucune nouvelle colique hépatique n’areparu Il est vra! qu’elle s’est mise au régime, et que sur mon conseil elle a complètement c ssé dé manger du beurre,
Lorsque la tumeur s’ouvrit à la surface de l’abdomen, le médecin qui soignait la malade pensa que la fistule avait dû se faire à (ravers l'intestin, et que le trajet fistuleux communiquait avec l'intestin.
Or, il n’en était pas ainsi, car il ne s’est pas écoulé de matières fécales par l’orifice de la fistule ; quant aux gaz qui
s'étaient échappés lors de l'ouverture de la tumeur, ils étaient
ris ÈS
Capfe EE très probablement remontés de l'intestin vers la vésicule biliaire par le canal cholédoque.
Les suites de l'ouverture de la tumeur furent très graves; il se produisit un phlegmon de la paroi abdominale dont l’épaisseur rendit alors l’exploration très difficile. Pour éviter les accidents pouvant résulter de la petitesse de l’orifice de la fistule, il fut nécessaire de dilater cet orifice avec une tige de laminaria. Lorsque la dilatation fut suffisante, on put extraire un très grand nombre de calculs. Il fut possible alors de constater en outre, en introduisant l'indicateur, que le canal cholédoque avait un volume considérable ; il avait au
moins la grosseur du petit doigt.
OBSERVATION VIII (résumée).
Calcul biliaire. — Ulcération de la vésicule. — Péritonite. — Abcès consécutif. — Elimination du pus et des calculs par la paroi abdominale. (Reichardt, Gazetle medicale de Strasbourg, 1879).
20 octobre 1878. — Femme de 60 ans, de constitution robuste, un peu obèse, se plaignant de douleurs très vives dans la moitié droite de l’abdomen ; ventre ballonné, douloureux à la moindre pression, fièvre, constipation ; cet état allait en empirant depuis trois jours. Les symptômes s’amendent peu à peu et la maladie cède tout-à-fait au bout de quinze jours. |
Sept semaines plus tard(fin décembre), la malade se plaint d’une tumeur du ventre. Elle est volumineuse, fluctuante, occupant toute la moitié droite de l’abdomen. Au bout de quelques jours, ouverture spontanée de l'abcès qui laisse
écouler une grande quantité de pus si épais qu'il se