‹ Contribution à l'Étude de l'OxygénothérapieChapitre 17 sur 36 · OT · texte numérisé non relu

OT

malade est constante, nous sommes mal renseignés sur cette question, mais il semble naturel d'admettre que la consommation d'oxygène d’un malade qui souffrait d’anoxémie dans l'air libre s’accroît au fur et à mesure que la concentration d’oxygène æ augmente; d’ailleurs, c’est le but de l’oxygénothérapie d'augmenter, par élévation de sa pression partielle, la quantité de ce gaz qui est mise à la disposition des tissus. Par conséquent, en fait, «a n’est pas une constante, mais une fonction croissant vraisemblablement avec x, donc avec f. Sa variation est faible, mais elle aura évidemment pour effet d'augmenter le temps nécessaire à l’établissement du régime.

Enfin, la température ne reste pas constante au cours de l'établissement du régime. Elle peut croître ou diminuer suivant l’importance de la ventilation, c’est-à-dire selon la fréquence des passages de l’air de la tente sur la glace. Cette fréquence dépend elle-même de la valeur du débit d’oxygène passant par l’injecteur : pour un même débit total, on peut régler le rapport du débit additionnel au débit normal, pour que la température reste constante ou bien subisse telle variation qu’on voudra (voir plus loin le réglage de la température). En fait, dans nos observations, nous ne cherchions pas une variation de température supérieure à 2 degrés (1), de sorte qu’on peut négliger l'influence des variations de ce facteur dans l’établissement d’un régime uniforme.

$ 5. — Réglage de la température et de l’état hygrométrique.

La valeur de la température dépend du débit d'oxygène normal, c’est-à-dire celui qui est introduit dans le thorax par l’injecteur, l’oxygène additionnel ne servant qu’à compléter le premier pour réaliser le débit total demandé par la concentration qu’on veut obtenir et le temps d'établissement du régime.

Lorsque l’état d'équilibre est atteint, la température intérieure de la tente et l’état hygrométrique restent constants. Pour que l'équilibre thermique ait lieu, il faut que la quantité

1) Il n’en serait pas de même pour l’oxygénothérapie dans le traitement des cardio- Etes. où l’on lei, au contraire, un abaissement de la température de la tente par rapport à la température ambiante.

The

de chaleur dissipée par le malade en une minute (Q calories) soit égale à celle qui est absorbée par la glace dans le même temps. Donc, si nous désignons par :

d le débit normal d'oxygène.

d’' le débit d’air aspiré de la tente ou débit d'aspiration.

c la chaleur spécifique de l’oxygène (par litre).

c’ la chaleur spécifique de l'azote.

6 la température de la tente.

x la concentration de l’air de la tente en oxygène, nous avons la relation

Mie pe c 0 - EE 2 co

Pour que l’état hygrométrique e soit constant, il faut que la masse d’eau (m grammes) émise par le malade en une minute soit égale à celle qui est fixée par la glace, c’est-à-dire F (@) désignant la pression maximum de vapeur d’eau, qui est une fonction bien déterminée de la température 6 degrés.

Mais par ailleurs, Q est une fonction bien déterminée de e, T,0, (T désignant la température du malade), par les lois de l’évaporation et de la convection, et indépendante de d et d’.

Ainsi en se donnant arbitrairement e et 6 l’équation (2) fixe d’. Et l'équation (1) détermine d.

mi Da x

Par conséquent, pour pouvoir régler séparément la température intérieure et l’état hygrométrique, il faut pouvoir faire varier indépendamment d et d'. Ce n’est pas le cas de la tente à injecteur que nous avons utilisée dans notre travail. En effet, l’aspiration de l’air de la tente y est déterminée par le débit normal de loxygène qui passe par l’injecteur : par suite d’ est fonction de d. Toutefois, l'expérience prouve que, dans une tente bien construite, comme celle qui nous a servi, on peut, avec un débit total de quelques litres, choisir d de façon à réaliser pour e et 6 des valeurs correspondant à des températures effectives compatibles avec un séjour prolongé dans l’appareil.

Il n’en est pas moins vrai que le modèle perfectionné de tente à oxygène présente à cet égard un gros intérêt. Dans ce

RD

modèle, le mouvement de l’air est déterminé au moyen d’un ventilateur mû par un moteur électrique. Ainsi on peut, en faisant varier la vitesse de ce moteur, choisir arbitrairement le débit d’aspiration, le débit normal reste complètement indépendant et peut être lui aussi choisi à volonté.

En résumé, pour régler une tente à injecteur, ayant choisi une valeur du débit total qui amène dans un temps convenable la concentration à la valeur voulue, on réglera la température en faisant varier le débit normal. On complètera ce débit normal par le débit additionnel. Lorsque l’équilibre sera atteint, on déterminera la température sèche et la température humide, desquelles on déduira l’état hygrométrique. Si les chiffres obtenus n’ont pas la valeur désirée, on essaiera de modifier le conditionnement en faisant varier le débit normal. Mais il est impossible, avec cet appareil, d’obtenir un réglage absolument parfait.

Si l’on dispose d’une tente à moteur, on pourra, après une grande pratique de cet appareil, déterminer les valeurs du débit normal et du débit d’aspiration (c’est-à-dire vitesse du moteur), qui correspondent à des valeurs déterminées de l’état hygrométrique et de la température. On achèvera, bien entendu, le réglage par tâtonnements. Il est donc certain que la tente à moteur présente un grand avantage. Ses inconvénients sont faibles en regard. On est parvenu à utiliser des moteurs absolument silencieux, dont le fonctionnement n’entraîne aucun désagrément pour le malade.

$ 6. — Décarbonatation.

Nous avons dit ailleurs, qu’il est indispensable de débarrasser l’air de la tente du gaz carbonique produit par le malade. Certains constructeurs ont réalisé des modèles simplifiés de tentes à oxygène, qui ne possèdent pas de thorax. L’oxygène est simplement refroidi dans un bac à glace. Parmi les divers inconvénients de ce modèle, se trouve l'impossibilité d’effectuer la décarbonatation. On prétend que le gaz carbonique s'échappe par les fuites ou les parois mêmes de la tente. Nous croyons que, dans un appareil bien fait, prévu pour éviter des fuites d'oxygène, le gaz carbonique ne doit pas s'échapper aisément. Nous avons indiqué plus haut (chapitre I, $ 9) que

notre appareil, ayant été privé un jour de chaux sodée, nous avions pu constater l’agitation du malade. De plus, la concentration de CO? s'était élevée jusqu’à près de 4 %. Nous ne croyons pas cette dose inoffensive; et de toute manière, si une certaine concentration de CO* est jugée utile, il est préférable qu’un réglage permette d’en fixer systématiquement la valeur : un dispositif spécial permet de brancher une bouteille de gaz carbonique si on le désire.

Ainsi, il importe de veiller à l’absorption de ce gaz : on y parvient en entraînant, sur de la chaux sodée, l’air aspiré par l’injecteur ou par le moteur. Mais l’absorption est alors fonction du débit d’aspiration, c’est-à-dire, dans la tente à injecteur, du débit normal et, dans la tente à moteur, de la vitesse du moteur. Ce sont des facteurs qui ont été déterminés par le réglage de la température et de l’état hygrométrique. On ne peut donc régler séparément la capacité de décarbonatation. En fait, elle est totale, en sorte que la concentration de CO* reste inférieure 0,5 %.

$ 7. —— Opérations de contrôle du fonctionnement.

Il convient de s’assurer par des analyses assez fréquentes, environ toutes les trois heures, que la composition chimique de l’atmosphère n’a pas varié. Pour faire ces analyses, on prélève dans un ballon de caoutchouc environ deux litres d’air au moyen d’une poire à double effet branchée sur une prise d’air spéciale qui se trouve à la partie supérieure du dais. Les réactifs utilisés sont la potasse pour l’absorption du gaz carbonique et une solution d’hydrosulfite de soude et de potasse pour l’absorption de l’oxygène. Les burettes employées sont des burettes de Claude qui permettent d'effectuer ces analyses avec une grande simplicité et une précision suffisante pour les besoins de la clinique.

Un thermomètre est fixé à demeure sous le dais. On en lit l'indication le plus souvent possible, au moins toutes les heures.

Enfin, bien que dans la tente à injecteur le réglage séparé de l’état hygrométrique et de la température soit impossible, il convient cependant de posséder un psychromètre qui permette de déterminer l’état hygrométrique. Cet appareil est absolument indispensable pour la tente à moteur, dont le réglage est conditionné par son indication.

Page 1