‹ Contribution à l'étude de l'oxygénothérapie sous-cutanée dans la tuberculoseChapitre 10 sur 15 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Bases physiologiques

Est-il vraiment besoin de justifier l’emploi de l’oxygène chez les tuberculeux, lorsqu'on constate chaque jour les bienfaits de la cure d’air?

Il n’est pas sans intérêt, cependant, d'appuyer ces constatations par des raisons physiologiques.

Il n’y à pas longtemps encore, il était classique d'admettre que la tuberculose était caractérisée par une augmentation des combustions ; elle était considérée comme une véritable consomption. Cette idée fut surtout défendue par Robin ; nous la retrouvons encore dans la plupart des traités classiques, et la majeure partie des médecins, encore actuellement, considère que l’augmentation des oxydations est une des caractéristiques du terrain dans la tuberculose. On sait même que Moureu et Dufraisse, acceptant cette théorie classique, préconisent chez le tuberculeux l'emploi d’ «anti-oxygène ).

Cependant un examen critique un peu approfondi de cette notion, ne pouvait que conduire très rapidement à la réfuter: la cure sanatoriale, avec sa suralimentation, doit évidemment stimuler les oxydations : comment expliquer alors ses bienfaits chez les tuber-culeux si, chez ceux-ci, les oxydations sont augmentées à l’origine.

De cette notion a découlé une règle pratique: c’est qu'il fallait diminuer ou modérer les oxydations chez les tuberculeux. P. Delore (1), dans une étude détaillée des éléments du terrain dans la tuberculose, s’est attaché à critiquer cette idée de l’augmentation des combustions dans la tuberculose, en montrant, notamment, que l’augmentation du métabolisme basal n’était nullement un phénomène constant dans la tuberculose et que deux facteurs: la température et la réduction de la surface corporelle par suite de l’amaigrissement, devaient entrer en ligne de compte dans l'appréciation des métabolismes de base, augmentés chez les tuberculeux.

Il v a plus, selon toute vraisemblance, aïnsi que P. Delore l’a exposé: il y a chez le tuberculeux un ralentissement du métabolisme des graisses et des acides gras et, d’une façon plus générale, les divers métabolismes doivent être ralentis, si l’on en juge par la constance de l’insuffisance hépatique chez les tuberculeux évolutifs.

On connaît, d'autre part, l'importance des phénomènes leucocytaires et diastasiques dans la lutte contre la tuberculose ; or, ces phénomènes paraissent très sensibles à l’oxygène.

(1) Pierre DELORE, — (Thèse de Lyon, 1926).

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Sur le terrain de la chimie pure, Monceau (1) à établi le ralentissement du métabolisme des albuminoïdes ; il conclut nettement, lui aussi, au ralentissement des oxydations dans la tuberculose,

Toutes ces données amènent à admettre que loin d’y avoir une augmentation des oxydations chez les tuberculeux, il y à au contraire une diminution, donc on aura intérêt à les rétablir et à parfaire les divers métabolismes.

D'une façon générale donc, tous les éléments capables d'augmenter les oxydations et, par conséquent, l'oxygène, sont recommandés chez les tuberculeux. C’est ainsi que nous interprétons l’action favorable de la cure d’air et de lumière, de l’arsenic et de l’insuline. (Thèse Kiïilidjian).

A côté de ce point de vue, qui est en somme celui de la nutrition générale, il faut envisager celui de Pinfection et, comme l’a montré P. Delore, la tuberculose étant à la fois une maladie de la nutrition et une maladie infectieuse, les tuberculeux bénéficieront de plus, de l’action désinfectante antiseptique qu’il nous paraît légitime de reconnaître à l’oxygène naissant.

(1) MoncEAux, — (Thèse, Paris, 1924).

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