‹ Contribution à l'étude de l'oxygénothérapie sous-cutanée dans la tuberculoseChapitre 9 sur 15 · LOUE · texte numérisé non relu

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L'année suivante, Neudorfer (1) applique le même traitement, mais à un malade non pulmonaire.

Rélier (2) décrit, en 1914, tous les avantages de cette voie, mais ses observations ne portent que sur des animaux.

Aucun accident ne s’étant produit, cette voie d’introduction de l’oxygène semblait devoir être étudiée de plus près.

Mais, en 1926, Léon Binet (3), à la suite d’une discussion au sujet des embolies gazeuses, démontra que s’il était vrai qu’un animal sain supporte les injections intraveineuses d'oxygène, il n’en était pas de même d’un animal présentant des lésions pulmonaires ; ce dernier étant très sensible aux mêmes injections.

Nous rejetterons donc cette voie d'introduction de | l’oxygène chez les tuberculeux, elle nous paraît hasardeuse et les résultats obtenus jusqu’à ce jour, ne semblent pas devoir justifier les risques qu’elle fait courir aux malades.

De cette étude, il résulte que la voie sous-cutanée nous semble préférable aux deux autres, dans le traitement de la tuberculose pulmonaire par l’oxygénothérapie.

(1) NEUDORFER. — Zur intravônosen. (Wiem. Klim. Woch, 1905, N° 4)

(2) RÉLIER. — (Thèse Paris, 1914).

(3) Léon Biner. — (Bullet. et Mém, de la Soc, méd, des hôpit, de Paris, 10 juin 1926).

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Instrumentation

Oxygène naissant

Comment réaliser cette thérapeutique, et comment tout d’abord se procurer l’oxygène?

Deux sources différentes d’oxygène s’offrent à nous: d’abord le gaz préparé industriellement, puis comprimé dans des tubes d’acier ; après décompression dans des ballons de caoutchouc, l’oxygène nous est ainsi livré. Pratique pour les inhalations, où la quantité d'oxygène employée est assez conséquente, il nous semble devoir être remplacé par l’oxygène naissant, qui est alors notre seconde source, dans les injections sous-cutanées.

Cet oxygène naïssant possède des propriétés beaucoup plus actives, parce que presque absolument pur (99,4 % d'oxygène et 0,6 % d’azote); à cela rien d'étonnant, puisque l'oxygène industriel reste un temps souvent très long, comprimé dans des récipients métalliques ou dans les ballons de caoutchouc ; il se charge ainsi d’impuretés et, à notre avis, perd une partie de son pouvoir oxydant.

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Leloup (1) à vérifié expérimentalement ces données : il a injecté 100 Ÿ** d'oxygène à deux cobayes; l’un avec de l’oxygène naissant, l’autre avec de l’oxygène conservé par compression dans un tube d’acier. Les deux animaux furent placés sous une cloche dans laquelle, grâce à une trompe à eau, un vide partiel fut fait; l’animal qui avait reçu l’oxygène naissant succomba le dernier.

Cet oxygène naissant, nous pouvons le préparer extemporainément, grâce à diverses réactions chimiques, et nombreux sont déjà les appareils permettant de l’obtenir et d’en pratiquer l’injection. Citons entr’autres les appareils d’Agasse Lafont, celui du D° Mary, du D’ Bayeux, enfin celui du D’ Fialip. Dans certains, c’est le bioxyde de manganèse qui agit sur le permanganate de potassium; d’autres utilisent la décomposition de l’eau oxygénée par le permanganate de potasse.

1 est intéressant, ici, de constater les progrès réalisés par la science dans la pratique des injections souscutanées d'oxygène.

@) ANCIENNE MÉTHODE. — Les premiers auteurs pratiquant l’oxygénothérapie sous-cutanée, employèrent des appareils de fortune: aiguille adaptée au ballon d’oxygène, thermocautère, appareil à pneumothorax ; mais cette méthode ne permettait de faire que des injections doûteuses, tant par la qualité de l’oxygène injecté, que par la quantité; l’appareil à pneumothorax indiquait cependant un progrès, la quantité d'oxygène injecté étant mesurée.

(1) LæLour. — (Thèse de Paris, 1996).

::b) APPAREILS A OXYGÈNE COMPRIMÉ. — L’oxygénothérapie prenant de l’extension, les appareils scientifiques pour la pratiquer, remplacèrent les moyens de fortune précédemment employés ; celui de Lesieur en est le type parfait. Il comprend:

1° Un petit obus en acier renfermant de l’oxygène

comprimé ;

2° Un manomètre indiquant la pression de l’oxy-

gène ; |

3° Un deuxième manomètre pour la pression sous-

cutanée ;

4° Un indicateur de vitesse de dégagement. - :

appareil idéal, pour réaliser l’injection dans de bonnes conditions: pression, quantité, vitesse, le tout étant connu ; mais ne répondant pas à une qualité essentielle, celle de pratiquer l’injection d'oxygène naissant. En effet, dans l’appareil de Lesieur, nous avons de l'oxygène industriel, comprimé dans notre petit obus d’acier.

C) APPAREILS A OXYGÈNE NAISSANT. — Fabricant extemporainément de l’oxygène pur.

Parmi les appareils nouveaux, celui du D’ Fialip nous à paru le plus simple, convenant parfaitement à la pratique de l’oxygénothérapie sous-cutanée.

Il se compose de trois éléments essentiels:

a) Générateur. — Un générateur permettant de fabriquer extemporairement, et sous pression, de l’oxygène pur, en décomposant des comprimés d’eau oxygénée ou simplement de l’eau oxygénée, par un catalyseur constitué par un comprimé de permanganate de potassium.

b) Réservoir. — Un ballon de caoutchouc souple,

emmagasine l'oxygène produit sous pression et l’injecte ensuite automatiquement, grâce à cette pression qui est suffisante et constante; le volume est donné par un pied à coulisse gradué en centimètres cubes.

c) Laveur. — Un deuxième flacon permet de suivre le débit et de le modifier à volonté; il peut servir également à saturer le gaz de vapeurs médicamenteuses (goménol, éther) qui surajoutent leur action à celle de l’oxygène.

La distribution du gaz est assurée par un jeu de deux robinets qui commandent soit le ballon, soit le laveur.

Les avantages que présente cet appareil ne sont pas négligeables ; il fabrique lui-même son oxygène, qui est pur, à l’aide de deux produits que l’on trouve partout (eau oxygénée et permanganate de potasse); aucun mécanisme dans cet appareil n’est susceptible de se dérégler ; fonctionnant automatiquement, et d’une précision suffisante pour tous les cas. Son volume réduit, son maniement d’une simplicité extrême, en font l’appareil idéal pour le praticien.

C’est celui que nous avons employé pour notre expérimentation, il nous à toujours donné entière satisfaction.

Avec l'appareil normal, on ne peut fabriquer de grandes quantités d'oxygène, sa capacité maximum étant de 500 %** ; maïs les injections d’oxygène dans la tuberculose ne doivent pas dépasser cette quantité; d’ailleurs rien n’empêche de recharger l’appareil à nouveau,

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Technique

Au moyen de cet appareil, l’injection sera très simple. Cependant, quelques précautions doivent être prises, sous peine d’opérer d’une façon défectueuse et s’exposer, dans certains cas, à des accidents qui, sans être graves, peuvent devenir gênants pour le malade.

Il est tout d’abord d’une grande importance de prendre les soins habituels pour une bonne asepsie, les injections devant être répétées fréquemment, c’est là une condition essentielle.

L’aiguille devra être assez longue et enfoncée dans le tissu cellulaire sous-cutané.

Vérifier que l’on n’est pas dans un vaisseau et commencer l’injection, qui doit se faire le plus lentement possible (un quart d'heure environ pour 200%"), cette vitesse sera réglée d’ailleurs d’après la sensibilité du malade.

DosEs. — Quelle quantité faut-il injecter? Dans la tuberculose, le traitement étant d’une certaine durée, nous ne conseillons pas les doses massives qui occasionnent des décollements des tissus, et sont longues à se résorber ; elles ne présentent d’ailleurs aucun avantage. Il est préférable, il nous semble, de débuter par 100"% le premier jour, 150%** le second, 200%" le troisième et les jours suivants.

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Cette injection peut être faite tous les jours, les 2007" d'oxygène étant résorbés généralement dans la journée ; dans le cas contraire, ce qu’il est facile de vérifier par la crépitation que l’on ressent à la palpation au niveau de l’injection, l'opération ne sera pratiquée que tous les deux jours.

Volontairement d’ailleurs, on peut espacer les injections et ne faire que 3007 tous les deux jours.

. Certains malades ne peuvent supporter ces doses ; débuter alors par des doses très faibles , injecter très lentement et, peu à peu, ils ne

DURÉE DU TRAITEMENT. — Nous ne pouvons fixer la limite du traitement ; d’après Chauvet, aucune limite ne s’impose à sa prolongation ; cependant il nous semble qu’une série de vingt à trente injections de 200 », représente un traitement normal. Les malades de Kleiman reçurent de quinze à trente injections de 500%.

Armand Delille, Hillemand et Lestoquoy avaient, dans leur service, établi un trattement comportant une série de quinze injections de 250: FF, répétées tous les deux ou trois jours.

POINT D'INJECTION. — Il y a intérêt aussi

à étudier ies régions propices à l’injection, car l’oxygène fusant à travers les tissus, peut devenir une gêne pour le malade. C’est ainsi qu’injecté dans la région abdominale, l'oxygène peut passer dans les bourses ou les grandes lèvres et provoquer une sensation douloureuse. Même remarque pour la paroi thoracique, où le gaz peut s’insinuer dans les espaces intercostaux, déterminant des névralgies qui parfois gênent la respiration ; de même des névralgies des nerfs intercostaux peuvent se produire si l’on injecte dans la région lombaire,

Re. AD

Nous conseillons done de faire les injections d'oxygène au niveau des membres, en évitant les gros vais seaux. La face externe de la cuisse est la région idéale pour pratiquer cette thérapeutique ; le malade ressent Simplement de légers fourmillements le long de la jambe et au niveau du pied.

ACCIDENTS. — Les accidents sont insignifiants, à part ceux que nous venons d'indiquer ci-dessus ; les larges décollements, seuls, sont à craindre ; mais si l’on s’en tient aux 200%*° ou 300%", les conséquences ne seront jamais graves ; d’ailleurs, si l'injection est faite lentement, ainsi que nous l’indiquons plus haut, la douleur ressentie et signalée par le malade, permet d’arrêter l’opération avant que l’accident se produise.

L'injection dans fine veine n’est point non plus à redouter, car la surélévation de la peau au niveau de l’extrémité de l’aiguille indique que l’on est bien dans le tissu cellulaire ; dans le cas contraire, ce ne sont pas les quelques centimètres cubes d’oxygène que l’on injecterait dans une veine, qui pourraient faire craindre une embolie gazeuse ; ce gaz étant résorbé par le sang bien avant d'arriver au cœur, à condition toutefois que l'injection ne soit pas faite trop rapidement, ni dans un vaisseau trop proche du cœur.

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