CHAPITRE IV
Données expérimentales
— Nous allons d’abord exposer les faits expérimentaux se rapportant à l’oxygénothérapie par voie respiratoire; nous relaterons ensuite ceux ayant trait à l’oxygénothérapie sous-cutanée ; enfin, après avoir exposé nos propres expériences, nous tirerons des conclusions de l’ensemble.
— Louise G..., Robinowitch et Georges W. Stiles (1) dans une première expérience, traitèrent des cobayes tuberculisés par des inhalations d'oxygène et d’air; les animaux étaient placés dans des chambres, aménagées de telle façon, que l’air et l’oxygène arrivaient avec le pourcentage désiré. Les résultats ne furent pas concluants.
Dans une deuxième expérience, ils établirent un traitement mixte ; ils administrèrent de l’oxygène pur en inhalation aux cobayes, deux heures par jour; les animaux recevaient en plus 17"° d'extrait de paneréas, deux fois par jour, par la bouche. Par ce traitement,
(1) Louise G., Robinowitch et Georges W, Stiles, — The American Rediew of tuberculosis, 1924,
ils obtinrent des résultats appréciables; résultats qu’ils accusent ne jamais avoir obtenus par ailleurs.
Ils en concluent, que dans la tuberculose pulmonaire, l’oxygène est un bon adjuvant aux autres médications que l’on peut employer.
— Les expériences les plus importantes ont été rapportées par James Todd (1); elle ont duré cinq ans, portant sur 280 cobayes.
Les animaux, d’abord tuberculisés, étaient ensuite placés dans des chambres où l’on envoyait de l’air oxygéné ou ozonisé, 1 à 4 % d’oxygène étant ajouté à de l’air pur. Les résultats furent les suivants:
1° Les animaux soumis à l’oxygène avant l’inoculation montrèrent toujours des effets favorables.
2° Aucun animal témoin n’a jamais survécu plus de six mois, tandis que les animaux traités eurent une survie moyenne de dix-huit mois.
3° Certains arimaux traités guérirent.
Todd pensa alors que l’oxygène augmentait la résistance de l’organisme aux bacilles de Koch.
Il ozonisa également de l’huile d’olive, en nourrit des animaux avant l’inoculation et apparemment avec de bons effets.
L’auteur admet qu’il ne guérit pas la tuberculose avec l’oxygène, mais qu’il augmente la vitalité de l’or-ganisme. |
— Kleïman (1), procédant par injections d’oxygène, obtint des résultats plus concluants : |
a) Sur deux groupes de cobayes tuberculisés, un
(1) James Tonp. — Axperiment with oxygen on discase. (Pittsburg, 1916).
(1) KLEIMAN, — (Thèse, Paris, 1913), ‘
groupe A, tenu simplement en observation — un groupe B, soumis au traitement des injections hypodermiques d'oxygène. Les cinq cobayes du groupe A sont morts du 47% au 51" jour après l’inoculation, présentant à l’autopsie des lésions tuberculeuses inflammatoires, localisées à la rate, au foie, aux poumons. Le groupe B, alors abattu, permit de constater une tuberculisation des ganglions mésentériques et médiastinaux, rien dans les autres organes.
b) Une deuxième expérience, faite par Kleiman, ayant trait aux échanges respiratoires, lui permit de tirer ces conclusions: deux groupes de cobayes tuberculisés, l’un ayant reçu une injection préalable de 60%7* à 80%°** d'oxygène, sont placés sous deux cloches identiques, hermétiquement closes. L'analyse de Pair de ces cloches a montré une économie totale et évidente de l’oxygène de l’air, réalisée par le groupe injecté, par rapport au groupe témoin non injecté.
ce) Une autre expérience semblable lui permit de conclure, que les cobayes ayant reçu une injection d’oxygène, utilisent cet oxygène injecté, même lorsque la proportion de ce gaz dans l’atmosphère restait suffisante pour assurer l’hématose.
— Enfin, à l’appui de toute cette expérimentation, nous apportons nos expériences personnelles :
Nous avons pris vingt cobayes qui ont été inoculés avec une culture de tuberculose humaine (0 gr. 05 de cette culture additionnée de 45/°° d’eau ayant été répartie entre 40 cobayes) ; six de ces animaux ne reçurent aucun traitement et, placés dans une cage à part, nous servirent de témoins ; les autres furent répartis en deux groupes : un groupe À, traité par des injections
sous-cutanées d'oxygène naissant, à doses progressives, à raison d’une injection tous les deux jours ; nous avons débuté, pour ce groupe, par des injections de 109? pour terminer par 70% — Un groupe B reçut 5093 d’oxygène naissant sous-cutané, tous les deux jours.
Tous ces cobayes bénéficièrent de la même nourriture, tant au point de vue quantité que qualité.
Le traitement fut commencé une semaine après l’inoculation. |
Au bout de deux mois, nous constatons chez tous nos cobayes, témoins et traités, l’apparition d’une adénite inguinale, de peu de durée chez nos deux groupes soumis à l’oxygénothérapie, persistante chez le groupe témoin.
Après cinq mois, nos cobayes traités ont très bien résisté à l’inoculation, leur poil est resté brillant, il y à une augmentation de poids sensible, ils ont gardé un excellent appétit, en un mot tous les signes d’un bon état général.
Alors que le groupe témoin, après avoir pris du poids comme les cobayes traités, commença après le troisième mois à présenter tous les signes d’une cachexie qui allait en augmentant, poils ternes, perte de l’appétit, amaïgrissement.
Les tableaux suivants nous renseigneront sur l’6volution des poids des cobayes pendant toute la durée de l’expérience.
On tiendra compte, dans l’analyse des poids, des femelles ayant supporté une grossesse durant Meur traitement. Les animaux manquants sont morts d’embolie gazeuse à la suite d’une injection d’oxygène,
Grour£ A, Injecté tous les ? jours à doses progressives de 10 cm® à 60 cm®
Cobaye n° 1 |Cobayen°2|Cobaye n° 3|Cobaye n°4|Cobaye n°5 |Cohaye n°6 Poids Poids Poids Poids
pleine pleine