‹ Contribution à l'étude de l'oxygénothérapie sous-cutanée dans la tuberculoseChapitre 7 sur 15 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Voies d'administration de l’oxygène

Trois voies se présentent à nous pour pratiquer l’oxygénothérapie chez un tuberculeux.

La première qui nous vient à l’esprit est la voie physiologique ou voie respiratoire ; aussi est-ce par inhalation que les premiers auteurs prescrivirent l’oxygène. Cette méthode longtemps appliquée a fait ses preuves, et son emploi est surtout réservé aux formes dyspnéiques. Une amélioration dans cette voie fut la création d'enceintes fermées, riches en oxygène, mais difficile à réaliser. La quantité de gaz nécessaire pour les inhalations est d’ailleurs considérable, car ventilant la surface des alvéoles pulmonaires, l’oxygène n’est pas entièrement absorbé par le sang.

Lesieur cite dans son ouvrage sur l’oxygénothérapie, l'expérience faite par un médecin alpiniste au cours d’une ascension au Mont-Blanc; ce dernier constata que la quantité d'oxygène nécessaire était 300 fois su-

78e périeure en inhalation, à celle en injection, pour obtenir un résultat comparable.

L'ère aseptique et la pratique des injections hypodermiques devenues inoffensives contribuèrent à faire entrer la voie sous-cutanée dans la pratique.

Leloup (1) nous en démontre d’ailleurs tous les avantages: d’après lui, l’inhalation est peu efficace ; expérimentalement, il a été démontré que la quantité d'oxygène absorbée, au niveau des capillaires pulmonaires, est à peu près indépendante de la proportion d'oxygène contenue dans le milieu gazeux offert aux poumons. Or, la quantité d'oxygène renfermée dans l’air atmosphérique est parfaitement suffisante pour pourvoir à la capacité respiratoire du sang.

D'ailleurs, les expériences de Lavoisier et, plus récemment, les travaux de Regnault et Resset, avaient démontré que la consommation de l’organisme en oxygéne était la même, que l’individu soit plongé dans l’oxygène pur ou dans l’air atmosphérique.

Smith même à montré que chez l’oiseau les inhalations provoquaient de la congestion pulmonaire et que chez l’homme, on peut ainsi expliquer les hémoptysies à la suite d’inhalation.

Par conséquent, cette méthode ne nous paraît pas d'une grande utilité dans les affections pulmonaires dans lesquelles il n’y à pas diminution étendue du champ de l’hématose, se traduisant cliniquement par la cyanose et la dyspnée ,à moins que l’on administre l'oxygène par cette voie-là à un autre titre, et que l’on admette son action antiseptique sur les voies res-

(1) LeLour, — (Thèse de Paris, 1996),

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